« Glass » : la fin d’une trilogie super-héroïque

Peu de temps après les événements survenus dans « Split », David Dunn, l’homme incassable, se lance à la poursuite de « La Bête », la personnalité surhumaine de Kevin Wendell Crumb. Elijah Price, le « Bonhomme qui casse » aka « Mr Glass », en hôpital psychiatrique depuis dix-neuf ans après avoir commis des attentats pour révéler les pouvoirs de Dunn, attend cet affrontement depuis sa cellule. Cependant, le docteur Ellie Staple veut les réunir pour les libérer de ce qu’elle considère comme un délire et les convaincre que leurs capacités surhumaines ne sont qu’une illusion.

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On ne va pas se mentir : je partais avec l’idée que « Glass » allait me plaire. J’avais beaucoup aimé « Incassable » il y a quelques années de ça, pareil pour « Split », où James McAvoy m’avais juste bluffée…
D’un autre côté, je suis plutôt pointilleuse, surtout en matière de suite, et je n’étais pas à l’abri d’une mauvaise surprise… Alors, verdict ?

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Du Shyamalan des grands jours.

Ce n’est pas un secret pour ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la filmographie de Shyamalan : le réalisateur peut être capable du meilleur… Comme du pire. Et il n’y a pas si longtemps, il était encore dans sa période « du pire ».
Avec « Split », il a signé son retour en tant que réalisateur au potentiel énorme (bon, pour certains c’est avec « The Visit », mais je le trouve plutôt moyen), et avec « Glass », il confirme cette place.

Déjà, le casting est génial.
Il y a quand même Bruce f*cking Willis, face à Samuel L f*cking Jackson, avec en plus Anya Taylor-Joy que j’aime énormément depuis « The Witch » et « Le Secret des Marrowbone » et à qui j’envoie tout plein d’amour… Mais bordel… A la manière dont Hedwig vole la lumière à Kevin, James McAvoy éclipse carrément tous ses partenaires.
Il est incroyable, exceptionnel, époustouflant, magistral, et tous les adjectifs hyperboliques qui vous feront penser que j’en fais trop mais j’y peux rien je suis amoureuse de son talent help me.
On retrouve aussi, presque vingt ans plus tard, Spencer Treat Clark en Joseph Dunn, le fils de David, qui a évidemment bien grandi et que j’ai beaucoup aimé, mille fois plus que dans « Incassable » (où il m’énervait passablement). Pareil pour Charlayne Woodard, qui reprend le rôle de la mère d’Elijah Price (aka Mr. Glass).
Enfin, il y a Sarah Paulson la nouvelle venue du casting… Qui est là. Disons que je n’aime pas son personnage et qu’elle n’est pas extrêmement développée donc… Elle est là. Et elle joue plutôt bien, je suppose.

La réalisation de Shyamalan est quant à elle toujours aussi appréciable : les plans sont extrêmement travaillés, tout comme les couleurs, le sens vient du fond comme de la forme…
Bref, c’est du très bon travail de la part du réalisateur, à qui j’excuse même son caméo, toujours plus long, toujours plus forcé, mais dans lequel il a l’air de bien s’amuser ! (Mais je dois dire que sa voix française ne lui va pas. Du. Tout.)

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Kevin Wendell Crumb !

En plein milieu de mon premier visionnage, alors que je me demandais si le film était bon ou TRÈS bon, une pensée m’est venue à l’esprit : « En tout cas, il est super divertissant ! ». Et je dois dire que, pour moi, c’est à 98% grâce à Kevin. (Et quand je dis Kevin, je veux aussi évidemment parler de Dennis, Hedwig, Patricia, Barry, La Bête…)
Il est encore une fois le personnage le plus intéressant du film, à la fois drôle, flippant, touchant… En un mot, il est FASCINANT. L’interprétation magistrale (époustouflante, incroyable etc.) de McAvoy y est pour beaucoup… Et Shyamalan le sait.
Il suffit de voir la scène où Kevin fait intervenir une bonne demi-douzaine de personnalités en quelques minutes : elle peut sembler trop longue ou trop forcée, mais on voit bien que c’est un prétexte pour montrer tout le talent de l’acteur, et, personnellement, j’en redemande !
En fait c’est simple, j’attendais chacune de ses interventions avec impatience, de la même manière que j’attends chaque scène du Joker dans « The Dark Knight » ou chaque apparition du Bourbon Kid dans « Le Livre sans Nom »… Et quand on sait qu’ils sont deux de mes personnages préférés au monde (dans deux de mes films et livres préférés au monde), vous pouvez facilement comprendre à quel point j’ai aimé Kevin et à quel point, selon moi, il a porté le film.

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Quelques problèmes, notamment de cohérence…

Parce que bon, oui, le film n’est pas aussi parfait que la performance de James McAvoy, et j’ai deux reproches majeurs à lui faire.
Le premier concerne la manière de divulguer certaines informations, qui tourne parfois à de l’exposition pure et dure.
Ce sont par exemple des phrases comme « Oui, nous savons que votre mère est morte de telle manière il y a tant d’années ! »… Vous savez, ce genre d’information que le protagoniste connaît déjà, mais qu’il faut faire connaître au spectateur, d’une manière souvent peu subtile. Même si je sais que c’est un problème assez minime, il y en a pas mal dans le film.
C’est d’ailleurs le même (et peut-être le seul) reproche que j’avais à faire à « Split », donc au niveau des défauts, il y a une certaine cohérence entre les deux films…

Mais sinon, parlons-en, de la cohérence dans « Glass », puisque c’est mon deuxième (et plus gros) problème avec le film.
Par exemple, dans le cas où vous retenez trois personnages extrêmement dangereux et/ou puissants (à savoir Mr. Glass, David Dunn et Kevin qui peut se changer en Bête quand il le souhaite) dans un asile psychiatrique, vous ne laissez pas UN SEUL gardien/infirmier pour les surveiller la nuit. Surtout pas quand le-dit gardien/infirmier met un bon quart d’heure avant d’arriver à son poste de travail, laissant les trois personnages certes enfermés, mais sans aucune surveillance.
Même remarque pour les policiers qui sont étonnamment inefficaces voire idiots dans ce film.
Alors je sais bien que tout cela est fait pour que le film ne se résume pas à deux heures de « Mr. Glass + David + Kevin enfermés dans leur cellule », et qu’il faut permettre aux protagonistes d’interagir entre eux… Mais ça semble parfois facile, voire même carrément absurde, et j’avoue que ça m’a un peu fait sortir du film par moments.

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Parlons de la fin… Mais pas trop.

Si je n’ai pas eu plus de problèmes que ça avec le film, je sais que la fin pourra en DIVISER certains… (« Split », « diviser »… OK ça marche mieux en anglais.)
Déjà, si David Dunn est ici plutôt effacé (ce qui est normal, il a déjà eu son propre volet de la trilogie), c’est la même chose pour Mr. Glass, qui donne pourtant son nom au film… Je me suis demandée si le titre était d’ailleurs bien choisi, jusqu’à ce que la fin du film réponde à ma question : oui, c’est bien le film de Mr Glass, il y joue le rôle le plus important… Mais ça ne se sait qu’à la fin.
Et ce n’est pas le seul moment où le film va déjouer les attentes du spectateur : déjà, pour son intrigue global, qui se passe majoritairement dans l’asile psychiatrique, mais surtout pour sa fin.
Le film nous amène dans une direction, nous « promet » un dernier acte très mouvementé… Et ça n’arrive jamais. Enfin, pas comme on le pense. Et, si ça ne m’a pas énormément posé problème, je sais que ce ne sera pas le cas de tout le monde, et que certains pourront se sentir biaisés… Mais je pense que partir dans la direction indiquée par le film aurait été bien trop « spectaculaire », peu réaliste, et n’aurait donc pas collé à l’ambiance de la trilogie.
Et faire simple quand on peut faire spectaculaire, c’est très osé, surtout en ce moment, bravo Mr. Shyamalan !

Quant à ce qu’il se passe concrètement à la fin… Je ne peux évidemment pas vous le dire ici, mais sachez que ça m’a volé une partie de mon âme que je ne retrouverai jamais. Et pourtant, même si ça me fait mal de l’admettre, c’est une conclusion très satisfaisante de la trilogie, qui respecte son propos du début à la fin, et je pense que ça aurait difficilement pu se terminer autrement.
En tout cas, je trouve que le message de Shyamalan est très beau, et, même s’il arrive un peu tard (on sait tous que les super-héros ont le vent en poupe en ce moment), il n’en reste pas moins appréciable. (Aussi appréciable que le rôle des personnages secondaires – Casey, Joseph et la mère d’Elijah – qui, à la fin, sont tous réunis pour la même cause, et plutôt touchants.)

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En bref, j’ai A-DO-RÉ « Glass » qui est, malgré ses quelques erreurs, un film très divertissant et très bon, autant que ses prédécesseurs, mais aussi une bonne conclusion pour la trilogie.
A un moment où les studios font tout pour faire des super-héros des personnages de blockbusters certes drôles, colorés, grandioses, mais en vomissant toujours plus d’effets numériques et sans grand message de fond derrière, M. Night Shyamalan nous rappelle que les héros peuvent aussi exister dans notre monde, si l’on prend la peine d’y croire.

« Ça » : l’adaptation d’Andrés Muschietti

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les vingt-sept ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants.
Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le clown Grippe-Sou…

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Je ne suis pas une grande défenseuse des adaptations, et encore moins des RÉadaptations, remakes et autres reboots, loin de là. Pourtant, quand l’annonce d’une nouvelle adaptation du « Ça » de Stephen King a vu le jour, j’avoue que je n’ai pas pu contenir ma joie, voire même un peu de soulagement…
Pourquoi ?
Parce que « Ça » est pour moi LE roman du King qu’il faut adapter ! Rempli de personnages géniaux, de moments terrifiants et d’hommages au cinéma d’horreur des années 50, c’est le livre qui mérite carrément de passer par la case cinéma (ou TV)… Chose que le téléfilm de 1990 a essayé de faire et totalement raté. (Mais ça, on en parlera dans un autre article… #suspens)
Donc, vous vous en doutez sûrement, le jour où je suis allée voir le film d’Andrés Muschietti, j’étais à la fois pleine de joie et d’appréhension… Alors voyons aujourd’hui ce que j’en ai pensé ! (Attention cet article contient un grand nombre de spoils, pour le film comme pour le roman.)

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Côté technique, beaucoup de bonnes choses !

Tout d’abord, parlons des acteurs. S’ils sont tous très bons, les enfants sont carrément BRILLANTS ! Déjà, le choix du casting est très réussi puisque tous incarnent à merveille leurs personnages, mais en plus ils sont extrêmement doués malgré leur jeune âge, c’est juste bluffant ! (Mention spéciale à Sophia Lillis – qui incarne Beverly – qui est exceptionnelle comme actrice, et j’espère qu’elle aura une très belle carrière, parce qu’elle est excellente !) (Ça se voit que je l’aime beaucoup ?)
D’ailleurs, les personnages du Club des Losers sont extrêmement bien écrits : ils sont drôles, super attachants, et on ne doute pas une seconde de l’amitié qui les unit. Et vu que c’est un des meilleurs (voire LE meilleur) points du roman, à ce niveau, l’adaptation est parfaite !
Bill Skarsgård en Pennywise est lui aussi très bon, il est convaincant en monstre qui veut se faire passer pour un clown pour attirer les gosses mais qui, au final, a surtout la dalle, et devient vite creepy (notamment dans la scène avec Georgie), et je suis totalement fan de son – déjà cultissime – design. Il est original, il est vraiment flippant, et j’aime beaucoup son costume « vintage », qui montre qu’il est arrivé sur Terre depuis déjà un petit bout de temps, et qu’il n’a pas vraiment réussi à moderniser sa garde-robe depuis. (Pas de blague sur Cristina Córdula, pas de blague sur Cristina Córdula…)
Le seul gros point négatif que j’ai concerne le montage : le temps que chaque protagoniste rencontre Ça, on assiste plus à un enchaînement de petites histoires qu’à un « vrai » film, ce n’est pas vraiment fluide, mais bon, est-ce que ça aurait pu être différent avec SEPT personnages principaux ? Cela engendre aussi un autre problème : Stanley et Mike, pourtant tout aussi importants que les autres, sont particulièrement effacés dans cette version… Dommage.

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Le film prend quelques libertés audacieuses…

Par exemple, le fait de situer le film dans les années 80 (bon d’accord, ça n’est pas le plus audacieux, et on peut se dire que c’est pour surfer sur la vague de nostalgie qui va avec) est pour moi un très bon choix : les années 80 vont bien évidemment parler à plus de monde que les années 50, et en plus, le film apporte quelque chose à l’histoire, un regard nouveau, ce n’est pas juste un copié-collé du livre.
J’aime aussi le fait que le film n’ait pas conservé le découpage du livre, un aller-retour constant entre l’enfance et la vie adulte des personnages, et ait choisi de centrer son intrigue autour de la partie « enfants ». Bon, c’était sans doute le choix le plus utile pour les tournages, mais ça rend l’intrigue bien plus facile à suivre pour ceux qui la découvrent. (Et j’ai toujours trouvé la partie « adultes » bien plus ennuyeuse.)

Un autre changement majeur concerne les formes que prend Pennywise pour effrayer certains protagonistes… Et ces changements sont franchement bienvenus.
En même temps, si l’on prend l’exemple de Richie, combien de gosses ont, dans les années 80, encore peur du loup-garou des vieux films de la Hammer ? Au contraire, combien ont la phobie des clowns ? (Notamment grâce à Stephen King tiens.)
Autre exemple, dans l’une des scènes les plus creepy du film, on découvre que la plus grande peur de Mike est d’assister à la mort de sa famille, brûlée vive dans l’incendie de leur maison. Et c’est plutôt horrible. Dans le livre, sa famille est vivante, elle va bien, tant mieux pour eux, mais la peur de Mike est… Un gros oiseau. Et même si je ne doute pas que les oiseaux, en particulier géants, peuvent être terrifiants, je dois avouer que ce passage ne m’a jamais vraiment foutu les jetons.
Enfin, pour ce qui est de Stan, il a ici affaire à une femme monstrueuse sortie d’un tableau devant lequel il passe tous les jours… Et je trouve que ce passage fait bien plus écho aux peurs enfantines que son pendant littéraire, où il est confronté à des cadavres d’enfants. (Même si, je vous l’accorde, ça fait aussi bien flipper samer.)
Et c’est en ça que le film marque un bon point : la momie, le loup-garou, le vampire… Tout ça ne fait plus vraiment peur à grand-monde, alors que voir sa famille mourir devant ses yeux, passer tous les jours devant un tableau cauchemardesque… Ça terrifierait n’importe quel enfant ! (Et je suis sûre que vous avez tous au moins un ou une coulrophobe dans votre entourage.)
Bref, Andrés Muschietti a modernisé les peurs, les a rendu plus accessibles à tous, et pour ça, je dis GG Andy !

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… Mais tous les changements ne sont pas forcément bons.

Parce que oui, quelques passages du film m’ont quand même fait grincer des dents, notamment tout ce qui tourne autour de « la demoiselle en détresse », c’est à dire quand Beverly se fait enlever par Pennywise puis, après que ce dernier l’ait mise dans un état catatonique, quand elle se fait sauver par le baiser de son prince charmant et rondouillard, Ben.
Pourquoi, après avoir établi Beverly comme un personnage féminin fort, la transformer en princesse qu’il faut aller libérer ?
Eh bien, en y réfléchissant bien, et en faisant quelques recherches sur Internet, j’en suis venue à penser que ces deux scènes ne sont qu’une manière de Muschietti – certes, plutôt maladroite – d’adapter le roman.

Dans le film, lorsque Beverly se fait enlever, c’est à un moment où rien ne va plus : le groupe s’est brisé, les garçons se sont disputés, et chacun est reparti de son côté. Pour devoir aller la sauver, les garçons n’ont d’autres choix que de s’unir à nouveau, malgré leurs différends.
Cela fait écho à un passage du livre, lorsque les enfants sont perdus dans les égouts, qu’ils commencent à paniquer et ne sont plus aussi soudés qu’avant. C’est donc Beverly qui, d’une manière très… Différente de celle du film, parvient à les « ré-unir » de nouveau. (Non je ne parlerai pas de cette scène.) (Si vous imaginez quelque chose de bizarre à cause de mes sous-entendus, félicitations, vous avez sûrement deviné.)

Quant au baiser de Ben qui réussit à libérer Beverly de son état de transe, il peut s’expliquer par une idée assez simple du livre : si votre imagination d’enfant y croit, alors c’est vrai.
Bon, c’est grossièrement résumé, mais, par exemple, les Losers pensent qu’une balle en argent peut blesser Pennywise, donc ça marche. Eddie convainc Pennywise que son inhalateur est rempli d’acide, donc lorsqu’il l’attaque avec, il le blesse. Le combat n’est pas seulement physique, il est aussi psychique.
Et, pour en revenir au film, quoi de plus enfantin que de croire qu’un baiser peut réveiller une jeune fille plongée dans un profond sommeil ? Est-ce que je dois vous rappeler que « Blanche-Neige » et « La Belle au bois dormant » de Disney sont sortis bien avant les années 80 ?
Ben y croit, donc ça marche.

Avec cette lecture, le film devient tout de suite plus intéressant, l’intrigue de la princesse à sauver étant bien plus complexe qu’il n’y paraît, mais quand même, la première fois qu’on se trouve devant ces scènes, on ne peut pas s’empêcher de se dire… « SÉRIEUSEMENT ?! », surtout par les temps qui courent, où l’ont se bat pour avoir des personnages féminins forts.
C’est donc un bel effort d’adaptation, mais un peu trop maladroit pour que ça fonctionne correctement…. Et ce n’est malheureusement pas le seul point négatif du film.

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Le plus gros défaut de cette adaptation…

… C’est qu’elle ne fait pas peur. Enfin, pas assez.
Alors oui, elle possède de très bons moments de trouille (la mort de Georgie m’a juste traumatisée, c’était la seule scène que je redoutais, et bah, j’ai été servie), et des tas d’entre vous ont sûrement trouvé le film terrifiant… Mais c’est sans doute parce que vous n’avez pas lu le livre.
L’œuvre de Stephen King n’est pas simplement flippante, elle est surtout malsaine au possible, dérangeante, glauque, complexe aussi… Et rien de tout ça n’est présent dans l’adaptation.
Oh, vous avez échappé à des tas de choses, des meurtres d’enfants bien détaillés aux moments sexuels un peu bizarres (#euphémisme), en passant par toute une mythologie très importante concernant une Tortue géante… Bien sûr, tout ne peut pas être adapté, mais l’ambiance aurait quand même pu être bien plus malsaine.
Je veux dire, il y a des tas de gens que je connais à qui je peux montrer le film sans problème, mais il est hors de question que je leur mette le livre entre les mains !
Et c’est donc pour moi ce qui pose le plus problème dans cette nouvelle adaptation, malgré ses – très – nombreux bons points.

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Bon, je n’ai pas parlé de tout ce dont je voulais, notamment de certaines facilités d’écriture lorsque les garçons se séparent dans la maison abandonnée, des petites références à la Tortue ou même de la danse (WTF ?) de Pennywise, mais cet article est déjà bien trop long, alors il est temps de conclure.
Pour moi, le film d’Andrés Muschietti est très bon, mille fois meilleur que le téléfilm du même nom, avec un casting génial et de bons efforts d’appropriation du matériau de base, mais ce n’est pas encore LA bonne adaptation que ce roman mérite. (Et je ne sais pas s’il en aura une un jour d’ailleurs…)
Disons simplement que le « Ça » de 2017 est une bonne adaptation « édulcorée » du roman de Stephen King.

Que vous soyez d’accord ou non avec ce que je dis, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, je serais ravie de pouvoir en discuter ! (Si je ne vous ai pas perdu dans ce flots énorme de mots…)
En attendant, merci de m’avoir lue, zou-bis !

Mon avis sur « The Haunting of Hill House »

En 1992, Hugh et Olivia Crain achètent un vieux manoir, Hill House, dans le but de le retaper pour ensuite le revendre plus cher. En attendant, ils habitent donc l’immense demeure avec leurs cinq enfants : Steven, Shirley, Theodora, Luke et Eleanor, et leur quotidien est loin d’être paisible, peuplé de fantômes et d’autres évènements étranges…
Jusqu’à une nuit. La nuit. Celle où Hugh s’enfuit de la maison avec les enfants, qui ne reverront jamais leur mère…
Vingt-six ans plus tard, les enfants Crain ont tracé leurs chemins, tentant tant bien que mal de survivre à leurs traumatismes, mais une nouvelle tragédie va les réunir à nouveau, les forçant à affronter les fantômes de leur passé. Ils vont alors tenter de découvrir ce qu’il se cache à Hill House, et ce qu’il s’est passé cette fameuse nuit où ils ont perdu leur mère.

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Pour être honnête, je ne comptais pas regarder cette série, pour une raison toute simple : la bande-annonce m’avait semblé… Un peu nulle en fait. Cependant, et vous l’avez peut-être remarqué si vous vous vous y êtes un tant soit peu intéressé, « The Haunting of Hill House » (que je vais appeler « Hill House » pour le reste de la chronique parce que sinon c’est un peu long pardon de vous avoir coupé dans votre lecture) a reçu des critiques extrêmement positives, alors au vu de ces bons avis je me suis lancée et… Bah j’ai beaucoup aimé, ça a été une très bonne surprise ! (Non je ne laisse jamais le suspens durer très longtemps dans mes chroniques.) Je n’ai pas adoré, mais c’est – selon moi, comme toujours – une bonne, voire une très bonne série.

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Côté technique…

… Je n’ai rien à redire. Les acteurs sont impressionnants, les images sublimes, et certains choix de réalisations sont extrêmement bons, comme  le looong plan-séquence du début de l’épisode 6, parfaitement réalisé, et qui donne vraiment l’impression de vivre la scène parmi les personnages.
L’intrigue alterne entre le passé et le présent (1992 et 2018 donc) et les changements entre les deux époques est toujours très bien faits, de manière fluide, sans jamais perdre le spectateur.

« OK, tout ça c’est bien beau, mais est-ce que ça fait peur ? »
Eh bien oui, cher lecteur curieux, et merci de poser la question, puisque ça me permet d’aborder un autre très bon point à souligner : il y a très peu de jump scares (ou autres screamers) et ils ne sont de toute façon pas là gratuitement ou parce que la série n’a pas moyen de faire peur autrement. (Je m’en souviens d’un en particulier et OUI, il a réussi là où tous les autres ont échoué, OUI, celui-là m’a fait flipper ; il faut dire qu’il était extrêmement bien placé.)
Ici, ça se joue bien plus sur l’ambiance, sur quelques détails qui changent d’un plan à l’autre, comme une statue qui bouge légèrement, ou, je sais pas moi, des FUCKING FANTÔMES FLIPPANTS en arrière-plan ! (Si vous comptez regarder la série, ne focalisez pas toujours votre regard sur les éléments centraux, vous risqueriez de rater quelques invités surprises…)
Bref, « Hill House » est (contrairement à moi) majoritairement très subtile dans sa manière d’instaurer la peur, et ça ça fait du bien. (Je sais, ça devrait être LA BASE de toute production horrifique, mais avec les bousins qui sortent chaque année, ce qui est censé être basique devient une qualité.)

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Une excellente étude de personnages.

Pour autant, le point fort de « Hill House » ne réside pas dans une quelconque particularité à faire peur mais dans son excellente écriture des personnages. 

Ici, on va suivre les (més)aventures des enfants Crain, maintenant devenus adultes, et voir comment le court moment qu’ils ont passé dans la maison a influencé leurs destins… Et il faut avouer qu’ils sont loin d’être les personnages les plus sympathiques que vous verrez dans votre vie. Ils ont de nombreux défauts, des caractères bien trempés, mais leur psychologie, leurs enjeux et leurs problèmes sont creusés en profondeur, et c’est ça qui fait qu’on s’y attache inévitablement (enfin vous je sais pas, mais moi oui).
Sans compter le fait que les rapports entre les personnages (dans la colère comme dans l’amour) sont extrêmement justes, que ce soit dans l’écriture ou dans le jeu ; tout sonne « vrai ».
On s’investit émotionnellement dans leur histoire, on a peur de ce qui peut leur arriver, et quand ça leur arrive on se sent personnellement touché… Ce ne sont pas des personnages typiques de films d’horreur qui sont stupides et n’ont pour seul but que de mourir, souvent de manière  grotesque, spectaculaire et gore.

Bon, COMME D’HABITUDE, j’ai préféré les moments où les personnages étaient enfants, mais c’est très intéressant de voir comment « la fameuse nuit » a pu avoir un impact aussi fort sur leurs vies d’adultes (avec par exemple Steve qui a transformé ce moment douloureux en profit, et est devenu un auteur d’épouvante à succès, et Luke qui au contraire est devenu accro à la drogue, obligé de voler à sa famille pour s’en procurer…).

Bref, les personnages sont pour moi le point que la série a le mieux géré, même si le reste est également très bon.
(Et puis bon, j’ai eu un énorme coup de cœur pour Theo. Ça aide aussi.)

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Mais tout de même quelques bémols…

Eh oui, la série n’est pas parfaite pour autant : comme je l’ai dit plus haut, si j’ai beaucoup aimé « Hill House », je n’ai pas adoré. Pourquoi donc ?
Parce que je suis chiante et que je chipote.
Est-ce que ce sont mes seuls arguments ?
Non.

Déjà, j’ai mis pas mal de temps avant de totalement rentrer dans la série à cause d’un point (qui est totalement subjectif) (comme tout cet article en fait mais passons) : les premiers épisodes se concentrent sur chacun des enfants Crain, ce qu’ils ont vécu dans la maison, et ce qu’ils sont devenus. On les voit donc évoluer chacun de leur côté… Séparément. Et moi, bah j’aime pas quand les personnages sont séparés. J’aime les voir tous ensemble, interagir entre eux, surtout quand la familles et les liens fraternels sont les thèmes principaux de la série. Ils ne se réunissent vraiment qu’à l’épisode 6, et LÀ j’ai bien kiffé ! (Surtout qu’ils ont pas mal de choses à se balancer à la tronche les uns aux autres et que c’est extrêmement bien joué.)
Bref, ce n’est pas vraiment un reproche fait à la série, c’est vraiment quelque chose de personnel, et il y a un tas de gens à qui ça ne posera aucun problème.

EN REVANCHE, le point suivant est bel et bien un reproche fait à la série :
je trouve que la fin est plutôt décevante. Non, en fait elle est décevante tout court.
Pendant toute la saison, on nous fait monter la pression à propos de deux grandes questions : « qu’est-ce qu’il y a derrière la porte rouge ? » et « que s’est-il passé la fameuse nuit où les Crain se sont enfuis de la maison ? ».
Ces questions nous taraudent un peu plus à chaque épisode, et lors de la révélation, lorsque le suspens est à son comble… Le soufflet retombe. (J’utilise cette expression toute moche parce que j’ai faim. Don’t judge me.)
Pour la porte rouge… J’ai juste trouvé ça décevant. Ça ne fait pas peur, ça nous est balancé à la figure sans raison, sans apporter grand-chose à l’intrigue au final.
Pour ce qu’il s’est passé lors de la dernière nuit des Crain à Hill House, ce n’est franchement pas très original. C’était à peu près ce que j’avais imaginé dès le premier épisode, et j’aurais aimé être un peu plus surprise. Je trouve aussi que c’est quelque chose qui arrive d’un coup sans avoir été bien préparé précédemment… Bref, c’est une fin qui n’est, je trouve, pas à la hauteur ce qui nous a été montré dans le reste de la saison, le tout dans un dernier épisode bien moins subtil que les précédents.

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Bon, je conclus sur un point négatif, mais ne vous y attardez pas : « The Haunting of Hill House » est une très très bonne série que je vous conseille fortement – si l’horreur ne vous rebute pas évidemment : elle est d’excellente qualité et mérite toutes les bonnes critiques qui lui pleuvent dessus ! GG Mike Flanagan ! (Le créateur de la série, puisque je ne précise jamais les détails techniques.)
Si elle vous hésitiez à la regarder, lancez-vous, et si vous l’avez déjà vue, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

La série « Castle Rock », top ou flop ?

La ville de Castle Rock est plutôt… Spéciale. Voire même maudite. La mort y est omniprésente, et le taux de suicide y est bien supérieur à celui de n’importe quelle autre ville.
Après le dernier en date, celui du directeur de la prison de Shawshank, un jeune homme est retrouvé enfermé dans une cage dans les sous-sols abandonnés de l’établissement. Le « Kid », comme il est surnommé, est quasiment mutique : la seule chose qu’il parvient à prononcer est « Henry Deaver », le nom d’un avocat spécialisé dans les condamnations à mort.
Ce fameux Henry Deaver, justement, connaît bien Castle Rock : il y a grandi.
Intrigué par ce mystérieux inconnu qui prononce son nom, il décide de revenir dans cette ville qu’il déteste où, à cause de son passé trouble, il est loin d’être le bienvenu.

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En tant que grande fan de Stephen King (pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris), je me devais de regarder cette série. Ce n’était pas une nouvelle adaptation comme il y en a des dizaines chaque année, mais une histoire originale reprenant une ville, Castle Rock, et son histoire, créée au fil des romans de Stephen King. (Pour les plus novices, à Castle Rock se sont notamment déroulées les intrigues de « Cujo », « Bazaar », « Dead Zone » ou encore « Le Corps ».)
Alors, est-ce que cette série est fidèle à ce qu’écrit le « maître de l’horreur » ?

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On retrouve le côté Stephen King… Dans les défauts.

En fait, je vais vous le dire tout de suite : je n’ai pas ressenti le côté « Kingesque » de l’œuvre, en tout cas rarement, et pas toujours dans les points positifs. (Parce que Stephen King aussi a des défauts. Si si, je vous jure.)
Par exemple, l’un des points que lui reproche souvent, c’est que ses histoires mettent parfois beaucoup, BEAUCOUP de temps à décoller (Oui « Sac d’os » et « Insomnie », c’est vous que je regarde !).
Et ici, c’est carrément le cas.
Au début, comme pour toute nouvelle histoire, on est intrigués, surpris, on veut savoir ce qu’il se passe dans cette ville maudite, qui est ce fameux « Kid », ce qu’il s’est réellement passé lorsque Henry Deaver était enfant… Alors on attend. Et on attend. Et on attend. Et au bout de cinq épisodes, on se dit que c’est un peu long tout de même, et ça ne va pas en s’arrangeant. Il ne se passe vraiment pas grand-chose, et le pire, c’est que quand on a des réponses, elles sont décevantes… Du moins pour moi.
On nous balance tout à la figure en un épisode, et c’est – je trouve – franchement trop tiré par les cheveux. C’est pour moi le plus gros défaut de « Castle Rock » : son histoire inconsistante et qui traîne en longueur.
Et malheureusement, ça ne fait pas peur, mais alors PAS DU TOUT, mais bon… On va se faire l’avocat du diable et dire que ce n’était pas le but premier de la série. Même si on nous la vend comme une série d’horreur. Ahem.

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Les personnages…

… Sont totalement oubliables, et ça, ça s’éloigne carrément de ce qu’a pu écrire Stephen King : les personnages sont son point fort, c’en est ici presque une trahison.
Si l’on excepte le personnage de Ruth (interprété par Sissy Spacek) et qui est vraiment a-do-rable, les autres ne sont vraiment pas intéressants.
Henry (Andre Holland) est sympathique, mais n’a pas vraiment de charisme, le « Kid » (Bill Skarsgård) aurait pu être intéressant mais on en apprend trop peu sur lui… Non, si l’histoire de la série ne m’a pas plu, ce ne sont pas non plus ses personnages qui l’ont sauvée.
Quant aux références faites aux romans du King, elles sont peu utiles, et parfois carrément forcées (N’est-ce pas, Jackie TORRANCE ? Ou encore toi, le Saint-Bernard qui déboule de nulle part juste pour nous faire penser à Cujo alors que Cujo a vécu il y a des dizaines d’années ?).

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Quelques bons points, mais…

Bon, on peut croire que je vomis sur la série, mais il y a quand même quelques – rares – points que j’ai trouvé intéressants… Le problème c’est qu’ils étaient généralement accompagnés de nombreux défauts.
Quelques exemples pour être plus claire : côté technique, je n’ai pas grand-chose à dire, les acteurs jouent bien… MAIS leurs personnages ne sont pas intéressants.
L’épisode 7, consacré au personnage de Ruth, est un petit bijou de montage et d’émotion… MAIS l’épisode n’apporte pas grand-chose à l’histoire.
Le pouvoir qu’a le Kid sur les gens est vraiment cool et donne lieu à des scènes géniales… MAIS ça n’est vraiment pas assez exploité. Il est capable de détruire la ville à lui tout seul, de semer le chaos, mais vu qu’on ne suit que les personnages principaux, on ne voit pas les conséquences de ce pouvoir sur la ville entière, juste des bribes. (Et pour une série qui a pour titre le NOM de ladite ville, c’est dommage.)

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Bon, j’aurais encore beaucoup de choses à dire sur « Castle Rock », mais ce ne serait que des détails qui rallongeraient un peu plus l’article, et je suis sûre que vous avez bien mieux à faire que de me lire pendant des heures. (C’est difficile d’écrire une chronique sur une série, je m’en rends bien compte maintenant !)
En définitive, Castle Rock est plutôt un gros « MEH » pour moi (ou un « flop » pour répondre à la question peu inspirée de mon titre) : la série a quelques qualités indéniables, mais elles n’ont à mon sens pas été correctement exploitées. Mais bon, je suis chiante et compliquée à satisfaire, alors si vous avez aimé, n’hésitez pas à me dire à quel point j’ai eu tort !