Comment la saga « Harry Potter » a changé vos vies

Vingt ans d’existence, sept livres, huit films, des centaines de millions d’exemplaires vendus et probablement plus de fans encore… Il est évident que la saga du petit sorcier à la cicatrice à changé le paysage littéraire – et cinématographique – à tout jamais… Et ce qui est également sûr, c’est que Harry Potter et ses amis ont également contribué à changer la vie de beaucoup d’entre nous, et j’en ai pour preuves quelques témoignages que je vous propose de découvrir aujourd’hui !

.

« J’ai commencé à apprendre l’anglais grâce à J.K. Rowling. Forcément, il fallait que je sache écrire une lettre à mon auteure préférée. »

J’ai commencé à lire de manière intense grâce à Harry Potter. Je me souviens très bien : pour Noël, mes parents m’ont acheté le coffret des cinq premiers romans en grand format. Je n’étais même pas encore, à ce moment-là, une grande fan. J’ai mis mon nez dans le premier roman le 25 décembre, j’ai enchaîné et j’ai avalé les quatre tomes suivants en quelques semaines (à douze ans, je ne lisais pas si vite que maintenant). À partir de là, j’ai commencé à acheter tous les magazines, on ne voyait plus mon papier peint. Bien entendu, l’incontournable blog est apparu et a tenu pendant quelques années.

J’ai grandi, les posters se sont décrochés de mes murs, ma passion s’est moins faite sentir physiquement mais jamais je n’ai cessé d’aimer cette saga.

J.K. Rowling m’a ouvert les yeux sur la littérature fantastique. J’ai été émerveillée par les décors, les personnages, l’intrigue. Je garde d’excellents souvenirs de toutes mes lectures et écoutes. Ce sont les seuls livres que je peux relire en découvrant encore des détails. Sa plume a un effet incroyable sur moi. Elle me replonge dans un univers dont je ne me lasserai jamais. C’est mon refuge. Lorsque quelque chose ne va pas, je lis, je regarde ou j’écoute un tome et ça va mieux.

J’ai commencé à apprendre l’anglais grâce à J.K. Rowling. Forcément, il fallait que je sache écrire une lettre à mon auteure préférée. J’ai appris, lu, écouté et visionné tout ce qui me tombait sous la main. Aujourd’hui, je suis bilingue et je ne regrette absolument pas d’avoir persévéré et d’avoir buté sur tous les mots de ma saga préférée.

Ma lettre est précieusement cachée dans ma boite à souvenirs.

– Pauline, du blog Satine’s books

.Q

.

« C’est dans la grande salle qu’il m’a demandé de l’épouser. »

Quand les premiers livres et le premier film sont sortis en France, mon côté « c’est populaire donc j’ai pas l’intention de m’y intéresser » a pris le dessus, et je faisais tout mon possible pour éviter les sujets qui parlaient du binoclard et sa fichue baguette magique…
Un jour une copine est venue dormir à la maison, et elle avait apporté le DVD de « l’École des Sorciers » parce qu’elle était à fond dedans. Comme je suis une personne gentille, j’ai eu envie de lui faire plaisir et donc nous avons regardé le film, même si au départ l’idée me branchait vraiment moyen…
Non seulement j’ai adoré le film, mais je suis tombée dedans de manière irréversible ce jour-là. J’ai foncé à la bibliothèque du collège emprunter les trois premiers tomes qui étaient déjà sortis, et j’ai piaffé d’impatience pour la suite !

Les livres sortaient au fur et à mesure que mes amis et moi grandissions, on avait le même âge que Harry à chaque nouveau tome, ça aidait énormément à s’identifier et à s’attacher encore plus aux personnages. Je les ai lus et relus, découvrant de nouvelles choses à chaque fois. Même encore aujourd’hui je me surprends parfois à relever des détails qui m’avaient échappés jusque-là. (C’est assez hallucinant la façon dont l’histoire a été ficelée pour qu’une simple phrase du premier tome te conduise au dénouement du septième quand tu y fais bien attention !)

A la fin de mes études j’ai fait une année de cours en alternance sur Paris, alors que je suis originaire de Dijon. Le fait de partir de chez moi a été assez difficile à vivre au début, j’ai alors relu tous les livres. J’avais hâte de rentrer de cours pour me replonger dans cet univers, et je pense sincèrement que ça m’a aidée à tenir, entre l’éloignement, la solitude éprouvée de ne pas rentrer « à la maison » le soir, la charge de travail et le stress.

J’ai fini mes études en 2013 et je suis entrée dans la « vie active », délaissant un peu mes passions pour essayer de me construire un début de carrière. J’ai replongé en 2015, lorsque j’ai appris qu’une équipe de Muggle Quidditch était en train de se monter dans ma ville. Je les ai rejoints immédiatement, malgré mes très très faibles compétences sportives. L’avantage avec une structure associative, c’est que tout le monde peut y trouver sa place : je me suis donc investie non pas sur la pratique elle-même, mais sur toute la logistique autour. J’ai géré l’administratif, les déplacements en tournois, organisé le premier tournois dijonnais… J’y ai vraiment consacré beaucoup de temps ces trois dernières années.

Trois semaines après mon arrivée dans l’équipe de Quidditch, nous avions recruté pas mal de nouveaux joueurs. Un en particulier, pas spécialement sportif mais grand fan de Harry Potter aussi, m’a quelque peu tapé dans l’œil (au sens propre comme au figuré, c’est un sport violent).
Bref, de fil en aiguille nous nous sommes beaucoup rapprochés. Aujourd’hui nous sommes ensemble depuis 3 ans, pacsés, fiancés (d’ailleurs il risque fort d’y avoir quelques touches de Harry Potter dans la déco du mariage) et on attend un bébé pour juin.
Pour l’anecdote, j’ai changé de travail fin 2017, et mes anciens collègues connaissant bien ma passion pour Harry Potter m’ont offert d’aller visiter les Studios Harry Potter en amoureux en guise de cadeau de départ. Ce que nous avons fait l’année dernière. Mon homme y était déjà allé avec des amis plusieurs années auparavant, alors que pour moi ce fut une découverte totale. C’est dans la grande salle qu’il m’a demandé de l’épouser.

Je suis assez portée sur l’idée du karma et des âmes sœurs, et je ne suis pas certaine qu’on se serait rencontrés si un petit binoclard n’avait pas eu de baguette magique pour combattre le vilain sans nez !

– Elvina (aka Molly dans son équipe de Quidditch !)

.

.

« La couverture m’avait immédiatement plu, et j’avais envie de la redessiner. 10 ans plus tard, d’ailleurs, je peindrai d’ailleurs un Saule Cogneur dans mon œuvre pour l’admission au CAPES d’arts plastiques ! »

Comme beaucoup, j’ai littéralement grandi avec Harry Potter. Quand le premier ouvrage est sorti, j’avais 11 ans comme le héros de J.K. Rowling, et c’est drôle, je me rappelle précisément ce moment où, errant dans les rayons de France Loisirs, j’ai montré ce livre à ma grand-mère pour l’acquérir. La couverture m’avait immédiatement plu, et j’avais envie de la redessiner. 10 ans plus tard, d’ailleurs, je peindrai d’ailleurs un Saule Cogneur dans mon œuvre pour l’admission au CAPES d’arts plastiques !

Chaque année, acheter le tome suivant était un moment d’excitation incroyable, une case cochée sur le calendrier, une attente jamais déçue. Bien sûr, certains tomes étaient moins bons que d’autres, mais dans l’ensemble, j’ai toujours été ravie de retourner dans le monde des sorciers.
Humble Moldue, j’étais et suis fascinée par cet univers si complet, si sombre aussi et d’autant plus crédible.
Si j’ai détesté de manière absolue le trio de héros, le monde crée par Rowling et les personnages secondaires si merveilleux (Luna, Tonks, Lupin, Fred et Georges…) m’ont irrémédiablement séduite.

Les films sortis, l’intérêt ne s’est pas démenti, les décors étant juste sublimes. Lors de mes vacances en Ecosse, j’ai eu la joie de voir en vrai le Loch Shiel, alias le lac du château de Poudlard, et le viaduc de Glenfinnan sur lequel passe le Jacobite Train, c’est-à-dire le Poudlard Express !

Bref, Harry Potter est pour moi une vraie histoire d’amour jamais démentie, au point que j’en parle même à mes élèves en classe !

– Elodie, du blog Au Baz’art des Mots

« Glass » : la fin d’une trilogie super-héroïque

Peu de temps après les événements survenus dans « Split », David Dunn, l’homme incassable, se lance à la poursuite de « La Bête », la personnalité surhumaine de Kevin Wendell Crumb. Elijah Price, le « Bonhomme qui casse » aka « Mr Glass », en hôpital psychiatrique depuis dix-neuf ans après avoir commis des attentats pour révéler les pouvoirs de Dunn, attend cet affrontement depuis sa cellule. Cependant, le docteur Ellie Staple veut les réunir pour les libérer de ce qu’elle considère comme un délire et les convaincre que leurs capacités surhumaines ne sont qu’une illusion.

.

On ne va pas se mentir : je partais avec l’idée que « Glass » allait me plaire. J’avais beaucoup aimé « Incassable » il y a quelques années de ça, pareil pour « Split », où James McAvoy m’avais juste bluffée…
D’un autre côté, je suis plutôt pointilleuse, surtout en matière de suite, et je n’étais pas à l’abri d’une mauvaise surprise… Alors, verdict ?

.

Du Shyamalan des grands jours.

Ce n’est pas un secret pour ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la filmographie de Shyamalan : le réalisateur peut être capable du meilleur… Comme du pire. Et il n’y a pas si longtemps, il était encore dans sa période « du pire ».
Avec « Split », il a signé son retour en tant que réalisateur au potentiel énorme (bon, pour certains c’est avec « The Visit », mais je le trouve plutôt moyen), et avec « Glass », il confirme cette place.

Déjà, le casting est génial.
Il y a quand même Bruce f*cking Willis, face à Samuel L f*cking Jackson, avec en plus Anya Taylor-Joy que j’aime énormément depuis « The Witch » et « Le Secret des Marrowbone » et à qui j’envoie tout plein d’amour… Mais bordel… A la manière dont Hedwig vole la lumière à Kevin, James McAvoy éclipse carrément tous ses partenaires.
Il est incroyable, exceptionnel, époustouflant, magistral, et tous les adjectifs hyperboliques qui vous feront penser que j’en fais trop mais j’y peux rien je suis amoureuse de son talent help me.
On retrouve aussi, presque vingt ans plus tard, Spencer Treat Clark en Joseph Dunn, le fils de David, qui a évidemment bien grandi et que j’ai beaucoup aimé, mille fois plus que dans « Incassable » (où il m’énervait passablement). Pareil pour Charlayne Woodard, qui reprend le rôle de la mère d’Elijah Price (aka Mr. Glass).
Enfin, il y a Sarah Paulson la nouvelle venue du casting… Qui est là. Disons que je n’aime pas son personnage et qu’elle n’est pas extrêmement développée donc… Elle est là. Et elle joue plutôt bien, je suppose.

La réalisation de Shyamalan est quant à elle toujours aussi appréciable : les plans sont extrêmement travaillés, tout comme les couleurs, le sens vient du fond comme de la forme…
Bref, c’est du très bon travail de la part du réalisateur, à qui j’excuse même son caméo, toujours plus long, toujours plus forcé, mais dans lequel il a l’air de bien s’amuser ! (Mais je dois dire que sa voix française ne lui va pas. Du. Tout.)

.

Kevin Wendell Crumb !

En plein milieu de mon premier visionnage, alors que je me demandais si le film était bon ou TRÈS bon, une pensée m’est venue à l’esprit : « En tout cas, il est super divertissant ! ». Et je dois dire que, pour moi, c’est à 98% grâce à Kevin. (Et quand je dis Kevin, je veux aussi évidemment parler de Dennis, Hedwig, Patricia, Barry, La Bête…)
Il est encore une fois le personnage le plus intéressant du film, à la fois drôle, flippant, touchant… En un mot, il est FASCINANT. L’interprétation magistrale (époustouflante, incroyable etc.) de McAvoy y est pour beaucoup… Et Shyamalan le sait.
Il suffit de voir la scène où Kevin fait intervenir une bonne demi-douzaine de personnalités en quelques minutes : elle peut sembler trop longue ou trop forcée, mais on voit bien que c’est un prétexte pour montrer tout le talent de l’acteur, et, personnellement, j’en redemande !
En fait c’est simple, j’attendais chacune de ses interventions avec impatience, de la même manière que j’attends chaque scène du Joker dans « The Dark Knight » ou chaque apparition du Bourbon Kid dans « Le Livre sans Nom »… Et quand on sait qu’ils sont deux de mes personnages préférés au monde (dans deux de mes films et livres préférés au monde), vous pouvez facilement comprendre à quel point j’ai aimé Kevin et à quel point, selon moi, il a porté le film.

.

Quelques problèmes, notamment de cohérence…

Parce que bon, oui, le film n’est pas aussi parfait que la performance de James McAvoy, et j’ai deux reproches majeurs à lui faire.
Le premier concerne la manière de divulguer certaines informations, qui tourne parfois à de l’exposition pure et dure.
Ce sont par exemple des phrases comme « Oui, nous savons que votre mère est morte de telle manière il y a tant d’années ! »… Vous savez, ce genre d’information que le protagoniste connaît déjà, mais qu’il faut faire connaître au spectateur, d’une manière souvent peu subtile. Même si je sais que c’est un problème assez minime, il y en a pas mal dans le film.
C’est d’ailleurs le même (et peut-être le seul) reproche que j’avais à faire à « Split », donc au niveau des défauts, il y a une certaine cohérence entre les deux films…

Mais sinon, parlons-en, de la cohérence dans « Glass », puisque c’est mon deuxième (et plus gros) problème avec le film.
Par exemple, dans le cas où vous retenez trois personnages extrêmement dangereux et/ou puissants (à savoir Mr. Glass, David Dunn et Kevin qui peut se changer en Bête quand il le souhaite) dans un asile psychiatrique, vous ne laissez pas UN SEUL gardien/infirmier pour les surveiller la nuit. Surtout pas quand le-dit gardien/infirmier met un bon quart d’heure avant d’arriver à son poste de travail, laissant les trois personnages certes enfermés, mais sans aucune surveillance.
Même remarque pour les policiers qui sont étonnamment inefficaces voire idiots dans ce film.
Alors je sais bien que tout cela est fait pour que le film ne se résume pas à deux heures de « Mr. Glass + David + Kevin enfermés dans leur cellule », et qu’il faut permettre aux protagonistes d’interagir entre eux… Mais ça semble parfois facile, voire même carrément absurde, et j’avoue que ça m’a un peu fait sortir du film par moments.

.

Parlons de la fin… Mais pas trop.

Si je n’ai pas eu plus de problèmes que ça avec le film, je sais que la fin pourra en DIVISER certains… (« Split », « diviser »… OK ça marche mieux en anglais.)
Déjà, si David Dunn est ici plutôt effacé (ce qui est normal, il a déjà eu son propre volet de la trilogie), c’est la même chose pour Mr. Glass, qui donne pourtant son nom au film… Je me suis demandée si le titre était d’ailleurs bien choisi, jusqu’à ce que la fin du film réponde à ma question : oui, c’est bien le film de Mr Glass, il y joue le rôle le plus important… Mais ça ne se sait qu’à la fin.
Et ce n’est pas le seul moment où le film va déjouer les attentes du spectateur : déjà, pour son intrigue global, qui se passe majoritairement dans l’asile psychiatrique, mais surtout pour sa fin.
Le film nous amène dans une direction, nous « promet » un dernier acte très mouvementé… Et ça n’arrive jamais. Enfin, pas comme on le pense. Et, si ça ne m’a pas énormément posé problème, je sais que ce ne sera pas le cas de tout le monde, et que certains pourront se sentir biaisés… Mais je pense que partir dans la direction indiquée par le film aurait été bien trop « spectaculaire », peu réaliste, et n’aurait donc pas collé à l’ambiance de la trilogie.
Et faire simple quand on peut faire spectaculaire, c’est très osé, surtout en ce moment, bravo Mr. Shyamalan !

Quant à ce qu’il se passe concrètement à la fin… Je ne peux évidemment pas vous le dire ici, mais sachez que ça m’a volé une partie de mon âme que je ne retrouverai jamais. Et pourtant, même si ça me fait mal de l’admettre, c’est une conclusion très satisfaisante de la trilogie, qui respecte son propos du début à la fin, et je pense que ça aurait difficilement pu se terminer autrement.
En tout cas, je trouve que le message de Shyamalan est très beau, et, même s’il arrive un peu tard (on sait tous que les super-héros ont le vent en poupe en ce moment), il n’en reste pas moins appréciable. (Aussi appréciable que le rôle des personnages secondaires – Casey, Joseph et la mère d’Elijah – qui, à la fin, sont tous réunis pour la même cause, et plutôt touchants.)

.

En bref, j’ai A-DO-RÉ « Glass » qui est, malgré ses quelques erreurs, un film très divertissant et très bon, autant que ses prédécesseurs, mais aussi une bonne conclusion pour la trilogie.
A un moment où les studios font tout pour faire des super-héros des personnages de blockbusters certes drôles, colorés, grandioses, mais en vomissant toujours plus d’effets numériques et sans grand message de fond derrière, M. Night Shyamalan nous rappelle que les héros peuvent aussi exister dans notre monde, si l’on prend la peine d’y croire.

L’Outsider – Stephen King

Le corps martyrisé d’un garçon de onze ans est retrouvé dans le parc de Flint City. Témoins et empreintes digitales désignent aussitôt le coupable : Terry Maitland, l’un des habitants les plus respectés de la ville, entraîneur de l’équipe locale de baseball, professeur d’anglais, marié et père de deux fillettes. Et les résultats des analyses d’ADN ne laissent aucun doute. Dossier classé.
À un détail près : Terry Maitland a un alibi en béton. Et des preuves tout aussi irréfutables que les preuves qui l’accusent.
Qui se cache derrière ce citoyen au-dessus de tout soupçon ?

.

Une bonne ou une mauvaise lecture ne se résume pas toujours à un bon ou un mauvais livre, il faut parfois voir le contexte qu’il y a derrière.
« L’Outsider », c’est LE Stephen King de 2019, et je comptais attendre sa sortie en format poche pour le découvrir, mais grâce à une personne que l’on pourrait modestement qualifier de « meilleur copain du monde », j’ai eu la chance de le lire dès le lendemain de sa sortie française, et rien que pour ça, ce livre est et restera très important pour moi.
… Parce que bon, niveau appréciation de l’œuvre, je suis plus mitigée !

Ça commençait bien, très bien même, avec cette enquête sordide accusant un citoyen parfait, au dessus de tout soupçon… Même si (oups) j’avais déjà quelques reproches à faire au roman.
Bon, comme vous vous en doutez, j’adore Stephen King, particulièrement dans ses romans fantastiques/horrifiques des années 80… Et ici, c’est un roman plus tourné vers le policier, et bien plus moderne.
Pour le côté policier, ce n’est pas très dérangeant, du moins jusqu’à la seconde moitié du roman (mais ça on en parle en dessous), par contre, pour ce qui est du moderne… Je n’y arrive pas.
Je n’aime vraiment pas lire King nous parler d’iPads, d’iPhones, d’Angry Birds, chanter les louanges de Kindle ou de Game of Thrones…
Autre petit point négatif : quand King écrit des personnages qui s’en prennent à des homosexuels dans « Ça », ou un autre qui tue un chien dans « Dead Zone », je ne l’ai jamais considéré comme un homophobe ou un tueur d’animaux pour autant, parce que j’ai toujours fait la différence entre l’auteur et ses personnages… Ici, quand il fait des petites piques à Donald Trump ou Kubrick par exemple, j’ai vraiment senti l’écrivain derrière les mots, et ça m’a sortie du roman. (Et n’allez pas croire que je défends ce gros con de Trump, je ne veux juste pas lire un auteur que j’adore régler ses comptes dans ses livres, pour moi il y a Twitter pour ça.)
Bon attendez, j’étais censée parler des points positifs là, on la refait !

Stephen King a toujours le don d’écrire de bons personnages, et il y en a une floppée dans ce roman… Mais ce n’est qu’à la famille Maitland que je me suis véritablement attachée. Terry Maitland est « quelqu’un de bien », sympa, intelligent, bon mari et père de famille, et alors qu’il lui arrive l’une des pires choses au monde (être accusé à tort du viol et du meurtre d’un enfant), on souhaite vraiment le voir sortir de ce merdier… Pareil pour sa femme, Marcy qui, forcément, vit aussi un cauchemar, mais se bat pour son mari. Ce sont vraiment les deux personnages que j’ai préféré, et rien que pour ça le roman restera difficilement oubliable !
L’enquête est vraiment prenante, en sachant que du surnaturel est impliqué, on se doute bien que Terry n’est pas coupable ; chaque preuve l’innocentant est une petite victoire et chaque preuve l’accusant fait monter la tension d’un cran… J’avoue que je souhaitais autant voir apparaître le surnaturel que voir Terry s’en sortir et reconstruire sa vie avec sa petite famille, heureux et loin de toute cette affaire… (Ha ha ha.)
Enfin, sans pouvoir trop en dire, King nous donne quelques retournements de situation qui jouent pas mal avec nos émotions, pour le meilleur comme pour le pire, et, une fois ouvert, le livre est difficile à lâcher !
Bref, (presque) tout allait bien au début…

Et puis est arrivée Holly Gibney.
Holly est un personnage de la trilogie « Bill Hodges », comprenant les livres « Mr. Mercedes », « Fin de ronde » et « Carnets noirs », une trilogie policière avec une touche de surnaturel écrite par King il y a quelques années. Une trilogie que je n’ai pas lue… Et que je n’ai plus besoin de lire, puisque Holly nous spoil allègrement les trois tomes au cours de ses (trop nombreuses) prises de paroles. Merci Holly, et merci King.
Le personnage apparaît environ à la moitié du roman, lorsque l’équipe cherchant à innocenter Terry Maitland lui demande de l’aide pour faire des recherches plus approfondies, alors que l’enquête se tourne vers quelque chose de plus… Incompréhensible pour les esprits fermés.
Et je n’aime pas, mais alors pas du tout Holly.
C’est un personnage faussement excentrique mais qui réussit seulement à me taper sur les nerfs, et elle est une sorte de « Mary-Sue » : elle réussit tout ce qu’elle entreprend, tout le monde l’aime, elle n’a presque pas de défauts… On dirait que King l’adore et veut nous forcer à l’aimer aussi. Mais moi, je n’aime pas Holly.
Et c’est dommage pour moi, parce que si je vous dit qu’elle arrive au milieu du roman, elle ne le quitte pas jusqu’à la fin, tout en prenant de plus en plus d’importance, BEAUCOUP TROP d’importance. En plus, elle apporte des tonnes d’informations à digérer sur l’antagoniste du roman, et, comme à chaque fois que le surnaturel est expliqué, il perd tout intérêt. Il ne présente plus autant de menace, et la seconde moitié du roman, bien moins mystérieuse, s’essouffle.
Pour moi, Holly est vraiment « l’outsider » de ce roman, au mieux elle aurait pu faire une petite apparition, un caméo littéraire, mais non, il a fallu qu’elle devienne un des personnages principaux.
Et moi je ne l’aime pas.

En bref, « L’Outsider » est pour moi un roman en demi-teinte, loin d’être le meilleur King, mais tout de même un très bon moment de lecture, et avant tout, un superbe cadeau. C’est LE Stephen King que j’aurais lu dès sa sortie, et je remercie encore celui que je qualifie modestement de « meilleur copain du monde » pour ça.

« Ça » : l’adaptation d’Andrés Muschietti

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les vingt-sept ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants.
Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le clown Grippe-Sou…

.

Je ne suis pas une grande défenseuse des adaptations, et encore moins des RÉadaptations, remakes et autres reboots, loin de là. Pourtant, quand l’annonce d’une nouvelle adaptation du « Ça » de Stephen King a vu le jour, j’avoue que je n’ai pas pu contenir ma joie, voire même un peu de soulagement…
Pourquoi ?
Parce que « Ça » est pour moi LE roman du King qu’il faut adapter ! Rempli de personnages géniaux, de moments terrifiants et d’hommages au cinéma d’horreur des années 50, c’est le livre qui mérite carrément de passer par la case cinéma (ou TV)… Chose que le téléfilm de 1990 a essayé de faire et totalement raté. (Mais ça, on en parlera dans un autre article… #suspens)
Donc, vous vous en doutez sûrement, le jour où je suis allée voir le film d’Andrés Muschietti, j’étais à la fois pleine de joie et d’appréhension… Alors voyons aujourd’hui ce que j’en ai pensé ! (Attention cet article contient un grand nombre de spoils, pour le film comme pour le roman.)

.

Côté technique, beaucoup de bonnes choses !

Tout d’abord, parlons des acteurs. S’ils sont tous très bons, les enfants sont carrément BRILLANTS ! Déjà, le choix du casting est très réussi puisque tous incarnent à merveille leurs personnages, mais en plus ils sont extrêmement doués malgré leur jeune âge, c’est juste bluffant ! (Mention spéciale à Sophia Lillis – qui incarne Beverly – qui est exceptionnelle comme actrice, et j’espère qu’elle aura une très belle carrière, parce qu’elle est excellente !) (Ça se voit que je l’aime beaucoup ?)
D’ailleurs, les personnages du Club des Losers sont extrêmement bien écrits : ils sont drôles, super attachants, et on ne doute pas une seconde de l’amitié qui les unit. Et vu que c’est un des meilleurs (voire LE meilleur) points du roman, à ce niveau, l’adaptation est parfaite !
Bill Skarsgård en Pennywise est lui aussi très bon, il est convaincant en monstre qui veut se faire passer pour un clown pour attirer les gosses mais qui, au final, a surtout la dalle, et devient vite creepy (notamment dans la scène avec Georgie), et je suis totalement fan de son – déjà cultissime – design. Il est original, il est vraiment flippant, et j’aime beaucoup son costume « vintage », qui montre qu’il est arrivé sur Terre depuis déjà un petit bout de temps, et qu’il n’a pas vraiment réussi à moderniser sa garde-robe depuis. (Pas de blague sur Cristina Córdula, pas de blague sur Cristina Córdula…)
Le seul gros point négatif que j’ai concerne le montage : le temps que chaque protagoniste rencontre Ça, on assiste plus à un enchaînement de petites histoires qu’à un « vrai » film, ce n’est pas vraiment fluide, mais bon, est-ce que ça aurait pu être différent avec SEPT personnages principaux ? Cela engendre aussi un autre problème : Stanley et Mike, pourtant tout aussi importants que les autres, sont particulièrement effacés dans cette version… Dommage.

.

Le film prend quelques libertés audacieuses…

Par exemple, le fait de situer le film dans les années 80 (bon d’accord, ça n’est pas le plus audacieux, et on peut se dire que c’est pour surfer sur la vague de nostalgie qui va avec) est pour moi un très bon choix : les années 80 vont bien évidemment parler à plus de monde que les années 50, et en plus, le film apporte quelque chose à l’histoire, un regard nouveau, ce n’est pas juste un copié-collé du livre.
J’aime aussi le fait que le film n’ait pas conservé le découpage du livre, un aller-retour constant entre l’enfance et la vie adulte des personnages, et ait choisi de centrer son intrigue autour de la partie « enfants ». Bon, c’était sans doute le choix le plus utile pour les tournages, mais ça rend l’intrigue bien plus facile à suivre pour ceux qui la découvrent. (Et j’ai toujours trouvé la partie « adultes » bien plus ennuyeuse.)

Un autre changement majeur concerne les formes que prend Pennywise pour effrayer certains protagonistes… Et ces changements sont franchement bienvenus.
En même temps, si l’on prend l’exemple de Richie, combien de gosses ont, dans les années 80, encore peur du loup-garou des vieux films de la Hammer ? Au contraire, combien ont la phobie des clowns ? (Notamment grâce à Stephen King tiens.)
Autre exemple, dans l’une des scènes les plus creepy du film, on découvre que la plus grande peur de Mike est d’assister à la mort de sa famille, brûlée vive dans l’incendie de leur maison. Et c’est plutôt horrible. Dans le livre, sa famille est vivante, elle va bien, tant mieux pour eux, mais la peur de Mike est… Un gros oiseau. Et même si je ne doute pas que les oiseaux, en particulier géants, peuvent être terrifiants, je dois avouer que ce passage ne m’a jamais vraiment foutu les jetons.
Enfin, pour ce qui est de Stan, il a ici affaire à une femme monstrueuse sortie d’un tableau devant lequel il passe tous les jours… Et je trouve que ce passage fait bien plus écho aux peurs enfantines que son pendant littéraire, où il est confronté à des cadavres d’enfants. (Même si, je vous l’accorde, ça fait aussi bien flipper samer.)
Et c’est en ça que le film marque un bon point : la momie, le loup-garou, le vampire… Tout ça ne fait plus vraiment peur à grand-monde, alors que voir sa famille mourir devant ses yeux, passer tous les jours devant un tableau cauchemardesque… Ça terrifierait n’importe quel enfant ! (Et je suis sûre que vous avez tous au moins un ou une coulrophobe dans votre entourage.)
Bref, Andrés Muschietti a modernisé les peurs, les a rendu plus accessibles à tous, et pour ça, je dis GG Andy !

.

… Mais tous les changements ne sont pas forcément bons.

Parce que oui, quelques passages du film m’ont quand même fait grincer des dents, notamment tout ce qui tourne autour de « la demoiselle en détresse », c’est à dire quand Beverly se fait enlever par Pennywise puis, après que ce dernier l’ait mise dans un état catatonique, quand elle se fait sauver par le baiser de son prince charmant et rondouillard, Ben.
Pourquoi, après avoir établi Beverly comme un personnage féminin fort, la transformer en princesse qu’il faut aller libérer ?
Eh bien, en y réfléchissant bien, et en faisant quelques recherches sur Internet, j’en suis venue à penser que ces deux scènes ne sont qu’une manière de Muschietti – certes, plutôt maladroite – d’adapter le roman.

Dans le film, lorsque Beverly se fait enlever, c’est à un moment où rien ne va plus : le groupe s’est brisé, les garçons se sont disputés, et chacun est reparti de son côté. Pour devoir aller la sauver, les garçons n’ont d’autres choix que de s’unir à nouveau, malgré leurs différends.
Cela fait écho à un passage du livre, lorsque les enfants sont perdus dans les égouts, qu’ils commencent à paniquer et ne sont plus aussi soudés qu’avant. C’est donc Beverly qui, d’une manière très… Différente de celle du film, parvient à les « ré-unir » de nouveau. (Non je ne parlerai pas de cette scène.) (Si vous imaginez quelque chose de bizarre à cause de mes sous-entendus, félicitations, vous avez sûrement deviné.)

Quant au baiser de Ben qui réussit à libérer Beverly de son état de transe, il peut s’expliquer par une idée assez simple du livre : si votre imagination d’enfant y croit, alors c’est vrai.
Bon, c’est grossièrement résumé, mais, par exemple, les Losers pensent qu’une balle en argent peut blesser Pennywise, donc ça marche. Eddie convainc Pennywise que son inhalateur est rempli d’acide, donc lorsqu’il l’attaque avec, il le blesse. Le combat n’est pas seulement physique, il est aussi psychique.
Et, pour en revenir au film, quoi de plus enfantin que de croire qu’un baiser peut réveiller une jeune fille plongée dans un profond sommeil ? Est-ce que je dois vous rappeler que « Blanche-Neige » et « La Belle au bois dormant » de Disney sont sortis bien avant les années 80 ?
Ben y croit, donc ça marche.

Avec cette lecture, le film devient tout de suite plus intéressant, l’intrigue de la princesse à sauver étant bien plus complexe qu’il n’y paraît, mais quand même, la première fois qu’on se trouve devant ces scènes, on ne peut pas s’empêcher de se dire… « SÉRIEUSEMENT ?! », surtout par les temps qui courent, où l’ont se bat pour avoir des personnages féminins forts.
C’est donc un bel effort d’adaptation, mais un peu trop maladroit pour que ça fonctionne correctement…. Et ce n’est malheureusement pas le seul point négatif du film.

.

Le plus gros défaut de cette adaptation…

… C’est qu’elle ne fait pas peur. Enfin, pas assez.
Alors oui, elle possède de très bons moments de trouille (la mort de Georgie m’a juste traumatisée, c’était la seule scène que je redoutais, et bah, j’ai été servie), et des tas d’entre vous ont sûrement trouvé le film terrifiant… Mais c’est sans doute parce que vous n’avez pas lu le livre.
L’œuvre de Stephen King n’est pas simplement flippante, elle est surtout malsaine au possible, dérangeante, glauque, complexe aussi… Et rien de tout ça n’est présent dans l’adaptation.
Oh, vous avez échappé à des tas de choses, des meurtres d’enfants bien détaillés aux moments sexuels un peu bizarres (#euphémisme), en passant par toute une mythologie très importante concernant une Tortue géante… Bien sûr, tout ne peut pas être adapté, mais l’ambiance aurait quand même pu être bien plus malsaine.
Je veux dire, il y a des tas de gens que je connais à qui je peux montrer le film sans problème, mais il est hors de question que je leur mette le livre entre les mains !
Et c’est donc pour moi ce qui pose le plus problème dans cette nouvelle adaptation, malgré ses – très – nombreux bons points.

.

Bon, je n’ai pas parlé de tout ce dont je voulais, notamment de certaines facilités d’écriture lorsque les garçons se séparent dans la maison abandonnée, des petites références à la Tortue ou même de la danse (WTF ?) de Pennywise, mais cet article est déjà bien trop long, alors il est temps de conclure.
Pour moi, le film d’Andrés Muschietti est très bon, mille fois meilleur que le téléfilm du même nom, avec un casting génial et de bons efforts d’appropriation du matériau de base, mais ce n’est pas encore LA bonne adaptation que ce roman mérite. (Et je ne sais pas s’il en aura une un jour d’ailleurs…)
Disons simplement que le « Ça » de 2017 est une bonne adaptation « édulcorée » du roman de Stephen King.

Que vous soyez d’accord ou non avec ce que je dis, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, je serais ravie de pouvoir en discuter ! (Si je ne vous ai pas perdu dans ce flots énorme de mots…)
En attendant, merci de m’avoir lue, zou-bis !