Mes meilleures lectures de 2018

Allez, il est temps de terminer l’année en beauté avec le top du top, la crème de la crème : mes plus gros coups de cœur de 2018 !
Si vous comparez ce classement avec celui de mes pires lectures de 2018, vous pourrez constater que l’année a plutôt été positive, et ça c’est cool  ! (Et encore, je ne mets ici que les livres que j’ai lu pour la première fois cette année, parce que j’ai (rererere)relu les Harry Potter, et on sait tous que les sept tomes se seraient retrouvés ici…)
Il n’y a pas d’ordre de préférence pour ce classement, juste l’ordre dans lequel j’ai lu les livres, et s’il y en a certains que j’ai déjà chroniqué, il y a aussi quelques petits nouveaux !
Enjoy !

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54 minutes – Marieke Nijkamp

Aaah, 2018 commençait bien avec « 54 minutes » ! Premier coup de cœur de l’année, première chronique, ça me rendrait presque nostalgique si le blog n’avait pas seulement deux mois… (Non je déconne, ÉVIDEMMENT que ça me rend quand même nostalgique.)
Mon avis complet est ici !

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Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers – Benjamin Alire Sáenz

Pour vous le résumer rapidement, Aristote – dit « Ari » – est un garçon de quinze ans, il a une vie de famille compliquée, il est en colère. Un jour, à la piscine, il va rencontrer Dante, un garçon joyeux, drôle, sympa, avec des parents adorables avec qui il s’entend à merveille… Bref, à première vue, Ari et Dante n’ont pas grand-chose en commun, et pourtant, ils vont nouer une profonde amitié, une amitié qui va changer leurs vies à jamais…

J’en avais beaucoup entendu parler, mais je ne m’attendais pas à aimer à ce point : c’est un énooorme coup de cœur pour ce superbe roman, ce roman « gentil » comme je l’appelle : il est beau, il est drôle, et malgré quelques passages émouvants, il vous fait surtout passer un bon moment et vous laisse avec le sourire aux lèvres longtemps après l’avoir refermé. (Je crois que c’est ce que les gens normaux appellent un roman « feel-good » en fait.)

Ici, si l’intrigue est très bonne, les personnages sont LE point positif majeur du livre. Attendez, entre Aristote, le petit rebelle à la vie de famille compliqué mais qui reste sympa, drôle et courageux, et Dante, le mec sensible, mignon, cultivé, proche de sa famille et FAN DES BEATLES, mon cœur balance !
Ces deux garçons sont GÉNIAUX, ils font partie des personnages les plus attachants que j’ai pu… Lire ? et ensemble ils forment un duo absolument adorable qui ne tombe jamais dans la niaiserie.
Comme je le disais, l’intrigue aussi est très bonne et pourtant très simple. Ici, pas de tueurs en série, de sorciers ou de dragons, on va juste suivre la vie des deux garçons – surtout celle d’Ari – dans leur petite ville, une vie avec ses hauts et ses bas, ses petits moments tragiques ou joyeux… Mais ne vous attendez pas non plus à vous ennuyer, loin de là ! Il y a tout de même quelques rebondissements, et de toute façon, les personnages sont tellement attachants, on pourrait lire une histoire où il ne font que la vaisselle pendant deux heures qu’on ne s’ennuierait pas.
Bref, c’est une petite tranche de vie sympa que vous propose de découvrir Benjamin Alire Sáenz.

D’ailleurs, bien qu’étant un livre de la littérature jeunesse, le roman aborde plusieurs thèmes forts comme celui de la famille ou de la recherche d’identité (sexuelle comme culturelle, les deux garçons étant américains avec des origines mexicaines), le tout avec justesse et subtilité.
Bien qu’importants, ce ne sont pas des sujets faciles à aborder avec les enfants, et ici, je pense que c’est une mission réussie, grâce à l’histoire et aux personnages, mais aussi à la plume simple mais fluide de l’auteur.
C’est un livre qui apprend l’ouverture d’esprit de manière simple et divertissante aux plus jeunes, sans jamais être moralisateur, et je pense qu’il faudrait plus de romans comme « Aristote et Dante » dans ce monde.
(En plus la couverture est trop belle. Ce livre est parfait j’vous dis.)

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Running Man – Richard Bachman (aka Stephen King)

Pour sauver sa fille, gravement malade, Ben Richards va tenter le tout pour le tout : il va participer à « La Grande Traque », une émission de télé-réalité suivie par des millions de téléspectateurs et qui promet au vainqueur une énorme somme d’argent.
Le but est très simple : pendant trente jours, Ben va devenir l’ennemi public numéro 1. Il sera traqué par de redoutables « chasseurs », et la moindre personne donnant une information permettant son élimination sera récompensée.
Pendant ces trente jours, tout sera permis pour le tuer et divertir les foules.

Quelle claque ce roman.
Quand Bachman/King se lance dans la dystopie, il fait ça bien. Très bien même.
Dans ce roman plutôt court sont abordés de nombreux thèmes, et ce, toujours avec justesse. Il y a tout d’abord la dictature (forcément) qui utilise la télévision pour abrutir la population et se la mettre dans la poche (« Panem et circenses » comme dirait l’autre). Dans cette Amérique dystopique, il est carrément illégal de ne pas posséder de télévision (enfin, de « Libertel »), et la société des Jeux règne en maître.
Alors oui, la téléréalité, c’est pas bien, c’est abrutissant, c’est bête, on connaît la chanson… Sauf que ce roman est sorti en 1982, bien avant l’explosion du genre, dans les années 2000. Alors en plus d’être talentueux, King est carrément visionnaire. (Il avait d’ailleurs, toujours sous le nom de Bachman, publié un autre roman dystopique traitant de la téléréalité en 1979 : « Marche ou crève ».)
A cela s’ajoute la question de la manipulation de l’image : tout est fait pour rendre Ben détestable. On modifie ses photos pour le rendre plus menaçant, le moindre de ses faits et gestes est détourné et quand il essaye de dire la vérité à la population à travers une vidéo envoyée à l’émission, oups, il y a un problème de son, et personne ne peut entendre ses paroles. C’est ballot tiens.
Un autre thème dénoncé est celui de la différence entre les plus riches, qui se pavanent dans le luxe, et les plus pauvres, qui ont à peine de quoi vivre (Ben est au chômage et sa femme est obligée de se prostituer) et qui, dans certains ghettos, meurent de maladies dues à la pollution extrême de l’air.
Et dire que certains critiques considèrent Stephen King comme un auteur populaire (donc minable pour eux) qui ne sait pas faire autre chose que des histoires de monstres.

Vous comprendrez que je ne peux pas faire une critique aussi longue que je le voudrais, je ne peux pas vous parler du personnage de Ben qui peut paraître plutôt antipathique au début du roman mais à qui on s’attache irrémédiablement, je ne peux pas non plus vous parler de la fin, choquante, presque cruellement ironique, qui m’a totalement laissé sur le cul…
Bref, je ne peux pas en dire autant que je le voudrais, mais sachez que « Running Man » est encore un merveilleux roman du King, et que je recommande à tous, même aux plus néophytes de l’auteur !

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Misery – Stephen King

Oui, encore un Stephen King, et ce n’est pas le dernier du classement ! #désopasdéso
Ici, le King nous prouve qu’il n’a pas forcément besoin d’aliens, de vampires ou de fantômes pour vous glacer le sang, et signe un de ses meilleurs romans ! (Bon OK, il a genre une vingtaine de « meilleurs romans », mais quand même.)
Cliquez ici pour un avis plus détaillé !

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A Monster Calls – Patrick Ness

(Traduit en français par « Quelques minutes après minuit ».)
Probablement l’un de mes livres préférés de toute l’année !
Ce roman jeunesse est touchant, bouleversant et traite de thèmes très forts, le tout sans prendre les enfants pour des idiots… Un must-read selon moi, pour les plus jeunes comme les plus vieux !
Pour un article un peu plus long (non carrément plus long en fait) c’est  !

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La Couleur des sentiments – Kathryn Stockett

Le Mississipi, dans les années soixante. Les lois raciales font autorité, la lutte pour les droits civiques n’en est qu’à ses prémisses et le Ku Klux Klan fait régner la terreur.
C’est dans ce contexte que nous allons suivre les histoires croisées d’Aibileen, une bonne noire chargée d’élever les bébés des familles blanches, de sa meilleure amie Minny, une autre domestique noire, rebelle mais soumise à la violence de son mari ivrogne, et d’Eugenia « Skeeter » Phelan, une jeune femme blanche qui vient de terminer ses études.
Dans le but d’écrire un livre, cette dernière va alors demander aux domestiques noires qu’elle connait de raconter leurs vies, les humiliations et insultes qu’elles subissent, mais aussi l’amour qu’elles portent envers les enfants dont elles s’occupent et qui ne sont pas les leurs.
La tâche est loin d’être aisée, puisqu’à cette époque, les relations entre blancs et noirs sont punies par la loi, et les bonnes risquent de payer très cher leurs témoignages…

Ne vous laissez pas effrayer par ce pavé de six cent pages : « La Couleur des sentiments » est un très beau roman, drôle et touchant à la fois, et s’il est plutôt long à lire, à aucun moment il ne vous ennuiera.
Les trois protagonistes, Aibileen, Minny et Skeeter sont toutes très différentes, mais toutes terriblement attachantes à leur manière ! (Je les aime très fort.) Si Aibileen est plus dans la retenue, la gentillesse et la douceur, Minny est drôle, extravertie, et n’a pas la langue dans sa poche ! Quant à Skeeter, cette jeune femme trop grande aux cheveux impossibles à coiffer, elle est timide, maladroite, mais bien déterminée à devenir écrivaine et surtout, à dénoncer le quotidien des domestiques.
Bref, ces femmes sont géniales, et l’alternance entre leurs points de vue donne du rythme au récit et permet de ne jamais se lasser.
(Et si je parle des personnages principaux, il faut aussi mentionner cette peste de Hilly, ou encore l’extravagante mais gentille Celia… Qu’ils soient détestables ou attachants, les personnages sont tous hauts en couleurs, et difficilement oubliables.)

Comme vous pouvez vous en douter, les témoignages des bonnes sont émouvants, forts et, bien que le roman ait été écrit en 2009, tout semble très honnête, très « vrai ». C’est d’ailleurs accentué par le fait que certains évènements réels comme l’assassinat de Megar Evers, la guerre du Vietnam et la marche de Martin Luther King sont abordés tout au long de l’histoire.
Bref, « La Couleur des Sentiments » est un très bon livre sur les différences et la vie des Noirs dans l’Amérique des années 60 ! Si vous ne l’avez pas déjà lu, je vous le conseille à 100% !
(Et puis BON, d’accord, si vous n’avez vraiment pas envie de lire le roman ou que vous n’avez aucun moyen de vous le procurer, vous pouvez toujours vous rabattre sur la très bonne adaptation du même nom, elle est de très bonne qualité et fidèle à l’histoire.) (Mais franchement, lisez le livre, il est quand même meilleur.)

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Carrie – Stephen King

Eh oui, Stephen King a beau être l’un de mes auteurs préférés, j’aurais attendu 21 ans avant de lire son tout premier roman… (SHAME, SHAME, SHAME !)
Eh bah, quel premier roman ! Ce mec a du talent, c’est clair, et voici encore un de ses meilleurs livres !
Comme d’habitude, pour une critique détaillée, c’est iciii !

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Le Voyage gelé – Philip K. Dick

Eh oui, mon tout premier livre par l’un des maître de la science-fiction aura été un recueil de nouvelles, pas le plus connu en plus… Et pourtant !
Bon, je ne peux pas parler de chaque nouvelle individuellement, donc ça va être une critique très rapide…
Déjà, ce livre a beau figurer dans mes coups de cœur de l’année, je dois avouer que toutes les histoires ne sont pas de même qualité : certaines sont excellentes, d’autres, sans être mauvaises, sont un peu plus… Spéciales. Mais je pense que si j’ai autant aimé ce recueil, c’est parce que certaines nouvelles étaient légèrement horrifiques, en plus d’être de la science-fiction.
D’ailleurs, mes nouvelles préférées sont « Le retour des explorateurs », « Une belle prise » et « L’Autremental », qui sont des récits plutôt courts avec une chute surprenante et parfois cruellement ironique (oui je me répète avec la critique de « Running Man »). J’ai eu un peu plus de mal avec les récits plus longs (assez pour nous faire découvrir un nouveau monde, trop peu pour qu’on ait vraiment le temps de s’y plonger).
Bref, avec ce recueil, Philip K. Dick aura réussi à me faire aimer… Non, à me faire adorer la science-fiction (en dehors des romans dystopiques) ! « Blade Runner », « La Horde du Contrevent » et « Dune », me voilà !

C.

Alors pour vous, 2018 aura été une bonne ou une mauvaise année de lecture ? Quels ont été vos coups de cœur ?

54 minutes – Marieke Nikjamp

10h00. C’est le début du semestre au lycée d’Opportunity dans l’Alabama, et chacun vaque à ses occupations et a ses propres inquiétudes.
Claire, sportive de haut niveau, s’entraîne sur la piste gelée en pensant à sa future carrière militaire.
Tomàs et son meilleur ami Fareed ratent le discours d’encouragement de la principale pour se faufiler dans son bureau.
Autumn, elle, ne rêve que de fuir la ville, son père et son frère, violents, pour aller en école de danse.
Sylvia, sa copine, n’est pas encore prête à la voir partir.
Quant à Tyler… Tyler ne souhaite qu’une chose : qu’on l’écoute. Et pour ça, il est prêt à tout, surtout à tuer.

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Vous l’aurez peut-être compris en lisant mon résumé, d’autres avis, ou même en voyant la couverture du roman qui est plutôt explicite : ce livre nous plonge en pleine fusillade dans un lycée des États-Unis.
Et le verbe « plonger » n’est pas choisi au hasard ; on est en apnée durant certains passages tant la tension et le suspens sont énormes ! Et comme on ne connaît pas les pensées de (ce CONNARD de) Tyler, on ne sait jamais qui va vivre et qui va mourir, au niveau des personnages secondaires comme des principaux.

Et d’ailleurs, parlons-en des personnages : « 54 minutes » est un roman choral et, durant les 54 terribles minutes que vont durer la tuerie, on connaît les moindres pensées, faits et gestes des quatre protagonistes Claire, Tomàs, Autumn et Sylvia. Si le roman choral peut en dérouter ou décourager certains, pour moi c’est totalement l’inverse, d’autant plus que les personnages sont le gros point fort de ce roman.
Ils sont tous variés et très attachants, de par leur histoire difficile, leur courage, et surtout l’amour qu’ils se portent les uns aux autres.
Et je ne parle pas que des personnages principaux ! La même remarque est valable pour certains personnages secondaires comme Fareed, le meilleur ami de Tomàs donc, ou Matt, le jeune frère de Claire.

Les quatre voix principales ne sont d’ailleurs pas les seules à nous raconter la tuerie puisque entre chaque chapitre, quelques pages nous montrent les messages envoyés sur les réseaux sociaux : des tweets, des SMS, ou encore des articles de blogs permettent de poser un autre regard – souvent plus extérieur – sur la situation.
Il y a les tweets d’avant la fusillade, banals, où les élèves s’ennuient. Puis, les premiers coups de feu retentissent, certains demandent de l’aide au monde extérieur, pendant que le monde extérieur pense tout d’abord à un canular. Ensuite, certains veulent savoir ce qu’il se passe dans le lycée, d’autres implorent des nouvelles de leurs proches, puis arrive la presse, à l’affût du moindre scoop, toujours plus insistante…
La situation dégénère, et le lecteur est témoin, impuissant, de tous ces proches dont la tristesse et l’inquiétude augmentent peu à peu jusqu’à devenir insoutenable. 

Arrive enfin l’épilogue, il y a beaucoup moins de voix, certaines se sont définitivement tues.
C’est le moment du bilan, c’est émouvant, mais c’est aussi le moment où les survivants se rassemblent, c’est la vie qui continue… C’est beau putain. Mais qu’est-ce que c’est triste.
Parce que oui, au cas ou vous en douteriez, l’histoire de gosses qui se font fusiller un à un par un malade, c’est vraiment triste.
Et, même si, honnêtement, j’ai vu les ficelles de l’auteure, je sais évidemment que les personnages, les témoignages, le moindre mot est choisi – entre autre – pour faire vibrer la corde sensible chez le lecteur… Bah oui bon, j’ai versé une larme (et même DES larmeS) à la fin. Voilà, c’est dit. (Ne me jugez pas.) (Je dis que je pleure dès ma première critique, bravo la belle image qu’on va se faire de moi.)

Bref, vous l’aurez compris, pour moi, « 54 minutes » est un énorme coup de cœur, c’est un très bon premier roman de Marieke Nikjamp, qui est une auteure que je vais suivre de plus près.
Alors si le roman à plusieurs voix ne vous fait pas peur, si vous êtes prêts à plonger en enfer durant 54 minutes, je vous conseille énormément ce livre qui traite d’un sujet tragique mais qui sera malheureusement TOUJOURS d’actualité. (Mais munissez-vous d’un mouchoir. Ou pas, bande d’insensibles.)