Je suis une légende – Richard Matheson

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie. Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil…
Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.
Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

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Bon, on ne peut pas y échapper, alors autant en parler maintenant : oui, vous connaissez sans doute l’adaptation qui a été faite de ce livre, du moins celle de 2007, avec Will Smith dans le rôle principal.
Si vous l’avez vue et que vous ne voulez pas lire le roman parce que vous ne l’avez pas aimée ou que ça ne vous intéresse pas de lire une histoire que vous connaissez déjà, aucune crainte à avoir : les deux intrigues sont EXTRÊMEMENT différentes.
A part le point commun qu’elles ont d’explorer la solitude du « dernier Homme sur Terre », on pourrait même croire que ce sont deux histoires totalement différentes, et je trouve d’ailleurs que le roman est bien meilleur ! (J’aime bien le film, mais il semble bien trop « hollywoodisé » une fois qu’on a lu l’œuvre originale, bien plus profonde et diablement intelligente !)

Bon, ça, c’est fait, alors intéressons-nous au roman !
Robert Neville est, en tant que seul survivant dans un récit post-apocalyptique, le personnage avec qui l’on va passer tout notre temps, ça veut dire qu’il a intérêt à être à la hauteur… Et c’est le cas.
Alors qu’il était un homme banal, la fin du monde, la solitude et la mort de tous ceux qu’il aimait (oui ça fait mal) l’ont rendu colérique, alcoolique, et parfois prêt à commettre les pires crimes… Et pourtant, il traverse tant d’épreuves, et les moments où il repense à sa famille sont si douloureux qu’il devient un personnage auquel on s’attache forcément.
Et puis, surtout, on ne peut qu’être admiratif en le voyant se lancer dans les recherches pour comprendre d’où vient l’épidémie et, pourquoi pas, trouver un remède, alors qu’il n’a pas de connaissances particulière dans la médecine et qu’il va chercher ses réponses dans la bibliothèque de sa ville. C’est sûr qu’il n’a pas grand-chose à perdre, mais le bonhomme est tout de même ambitieux. Et plutôt malin aussi.

D’ailleurs, avant de lire ce roman, j’en entendais souvent parler comme du roman de vampires « le plus intelligent qui existe »… Eh bien, je trouve qu’il mérite cette réputation.
Pour moi, l’idée d’expliquer le vampirisme par la science est juste géniale, et les questions que se pose le personnage sont toujours intéressantes et pertinentes. (Par exemple, pourquoi, si c’est juste une maladie, les infectés ont-ils peur des croix ? Et les vampires musulmans ou juifs réagiraient-ils de la même manière à ce genre de symbole religieux ?)
Et puis bon, c’est peut-être parce que je ne suis pas une grande passionnée de sciences, mais les réponses fournies à ces questions m’ont largement convaincue, et j’ai trouvé ça très réaliste. (Et moi, quand le surnaturel se mélange au réalisme, je KIFFE.)

Et puis, petit moment hors-sujet, mais vous l’avez peut-être remarqué, je préfère les livres « récents », disons écrits au plus tôt dans les années 70/80 (quand Stephen King a commencé à écrire quoi), période à laquelle je pensais que le roman avait été écrit… Et quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai appris que « Je suis une légende » datait en fait des années 50 !
Il n’a pas pris une ride, et semble vraiment plus moderne ! (Ou peut-être que c’est moi qui ai un préjugé sur les livres des années 50, qui sait.)

Enfin pour conclure, mon honnêteté légendaire m’oblige à vous dire que j’ai un chouia moins aimé ce qu’il se passe à la fin du roman, mais comparé au reste de l’histoire, c’est un détail plus qu’insignifiant !
La qualité reste très bonne, et je n’en tiens absolument pas rigueur à l’auteur qui nous a offert, avec ce livre, un récit marquant, intelligent, bref, un excellent roman qui pose d’excellentes questions !R

Peste – Chuck Palahniuk

Dans un futur ou les « Diurnes » et les « Nocturnes » sont séparés par un strict couvre-feu, certains l’ont choisi comme héro, d’autres comme responsable de tous leurs maux… Ce qui est sûr, c’est que Buster Casey, dit « Rant », est devenu un véritable mythe après sa mort… Et même avant d’ailleurs. Et il y a de quoi.
Ce personnage mystérieux, capable de savoir ce que vous avez mangé la veille en vous reniflant, friand de morsures animales en tout genre et propagateur terrible du virus de la rage – à cause desdites morsures – a tout eu sauf une vie normale.
« Peste » est sa biographie orale, composée par les gens qui l’ont côtoyé de près ou de loin, de sa naissance à sa mort, ils sont les témoins de l’héritage laissé par ce personnage hors-norme dans une société où rien ne va plus.

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Là c’est le moment où je raconte ma vie.
J’ai eu de la chance, au mois de mai de l’année dernière (2018 pour les gens du turfu), puisque que mon grand-frère a déménagé et qu’il a laissé ses cartons de livres chez mes parents. Où je vivais encore. Niark niark niark.
Résultat, ça a été une dizaine de livres GRATOS à lire, de H.P. Lovecraft à Philip K. Dick en passant par Stephen King (OH YEAH).
« Peste », qui m’avait été très très (TRÈS) chaudement recommandé par ledit frère, faisait parti de ces livres… Et tant mieux. Parce que, même si j’avoue que je ne sais toujours pas vraiment quoi penser de ce roman et que je suis assez mitigée quant à l’histoire, je suis vraiment contente d’avoir lu un tel OVNI littéraire !

Et une fois n’est pas coutume, on va commencer par la forme !
Comme je l’ai dit dans le résumé, « Peste » est une biographie orale (fictive), c’est à dire un recueil de témoignages portant sur la vie de Rant. On retrouve dans les « personnes interrogées » des gens de sa famille, de ses amis, de simple connaissances, des gens qui ne l’aimaient pas…
Et je trouve que c’est du génie.
Déjà, il fallait y penser, et ça a du être un boulot monstre de créer cette pléthore de personnages délirants qui nous racontent toute la vie de Rant à travers leurs yeux, leurs ressentis, sans que l’on n’ait jamais le point de vue de Rant lui-même.
Ensuite, et c’est ce que je préfère, comme c’est un recueil concernant de très nombreux personnages, un problème se crée forcément : on ne sait pas toujours qui dit la vérité et parfois, certains témoignages se contredisent. Ajouté au fait que ce qui est dit est totalement délirant… On ne sait jamais vraiment ce qui est vrai ou non… Et l’on voit tout simplement comment se forme un mythe.
Parce que « Peste », c’est ça, c’est la création d’un mythe, de l’histoire d’un martyr en la personne délirante de Rant Casey.

Et délirant, c’est le mot pour qualifier cette histoire !
On se demande constamment où l’auteur est allé chercher ses idées de DINGUE ! (Bon, ça peut ne pas être étonnant venant du cerveau qui a pondu « Fight Club », mais tout de même.)
Vous voulez des preuves ? Entre le reniflage de serviettes usagées, une propagation de virus de la rage, un trafic de dents de lait, des concours d’accidents de voitures, le tout dans une dystopie où l’on peut littéralement louer et  revivre des souvenirs grâce à une prise plantée dans la nuque, ça vous va, ou vous en voulez plus ? Parce qu’il y a encore TELLEMENT d’autres choses… Ce roman est juste un gros délire. Je sais que je me répète, mais c’est vraiment compliqué d’en parler autrement !

Donc oui, j’ai été très surprise par l’histoire, mais est-ce que j’ai aimé du coup ? (Parce que normalement, c’est mon avis que vous attendez non ?)
Comme je l’ai dit au début de cette chronique, je suis plutôt mitigée.

J’ai vraiment adoré le début du roman qui nous raconte l’enfance de Rant dans une famille elle aussi un peu tarée, (et dont beaucoup de membres décèdent BIZARREMENT à cause d’accidents impliquant des insectes) le début de sa passion pour les morsures animales et les infections qui en résultent, ses différentes magouilles pour sécher les cours ou se faire du fric… Jusqu’à ce que qu’il quitte le COCON familiale. (Insectes. Cocon. LOL.)

En revanche, quand il s’installe en ville et rencontre ceux qui deviendront ses amis… J’ai un peu plus décrochée.
Ici, l’aspect dystopie – que l’on ne remarque pas auparavant – est bien plus présent, et c’est sûrement l’aspect qui m’a le moins intéressée.
Entre les prises dans la nuque, les souvenirs à revivre et les « Nuit de Crashing », je me suis un peu lassée…
Malgré tout, la fin est un bon gros WHAT THE FUCK qu’on se prend en pleine tête et à laquelle on ne s’attend absolument pas, malgré quelques indices discrètement semés ici et là… Et c’est bien cool !

Bref, si je garde un bon souvenir de ma lecture de « Peste », c’est en grande partie parce qu’il a bousculé mes habitudes de lectrice en me proposant une histoire à laquelle je n’aurais jamais songé, même si l’histoire en elle même ne m’a pas toujours plu.
Par contre, je ne peux pas recommander ce roman à tout le monde, certains pourront être choqués, d’autres ne pas comprendre, d’autres laisser tomber… Et ne comptez pas le lire si vous êtes hypocondriaque. Je ne le suis pas, et pourtant, de nombreux passages m’ont donnée l’impression de ressentir des fourmillements sous la peau… Et parfois c’est un peu crade.
Donc « Peste », ce n’est pas pour ceux qui ont peur du sale, des morsures, des bestioles, et surtout des histoires compliquées, dingues, et qui ne se révèlent pas tout de suite. Les autres, laissez-vous tenter, vous n’en ressortirez pas indemnes !

Mes meilleures lectures de 2018

Allez, il est temps de terminer l’année en beauté avec le top du top, la crème de la crème : mes plus gros coups de cœur de 2018 !
Si vous comparez ce classement avec celui de mes pires lectures de 2018, vous pourrez constater que l’année a plutôt été positive, et ça c’est cool  ! (Et encore, je ne mets ici que les livres que j’ai lu pour la première fois cette année, parce que j’ai (rererere)relu les Harry Potter, et on sait tous que les sept tomes se seraient retrouvés ici…)
Il n’y a pas d’ordre de préférence pour ce classement, juste l’ordre dans lequel j’ai lu les livres, et s’il y en a certains que j’ai déjà chroniqué, il y a aussi quelques petits nouveaux !
Enjoy !

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54 minutes – Marieke Nijkamp

Aaah, 2018 commençait bien avec « 54 minutes » ! Premier coup de cœur de l’année, première chronique, ça me rendrait presque nostalgique si le blog n’avait pas seulement deux mois… (Non je déconne, ÉVIDEMMENT que ça me rend quand même nostalgique.)
Mon avis complet est ici !

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Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers – Benjamin Alire Sáenz

Pour vous le résumer rapidement, Aristote – dit « Ari » – est un garçon de quinze ans, il a une vie de famille compliquée, il est en colère. Un jour, à la piscine, il va rencontrer Dante, un garçon joyeux, drôle, sympa, avec des parents adorables avec qui il s’entend à merveille… Bref, à première vue, Ari et Dante n’ont pas grand-chose en commun, et pourtant, ils vont nouer une profonde amitié, une amitié qui va changer leurs vies à jamais…

J’en avais beaucoup entendu parler, mais je ne m’attendais pas à aimer à ce point : c’est un énooorme coup de cœur pour ce superbe roman, ce roman « gentil » comme je l’appelle : il est beau, il est drôle, et malgré quelques passages émouvants, il vous fait surtout passer un bon moment et vous laisse avec le sourire aux lèvres longtemps après l’avoir refermé. (Je crois que c’est ce que les gens normaux appellent un roman « feel-good » en fait.)

Ici, si l’intrigue est très bonne, les personnages sont LE point positif majeur du livre. Attendez, entre Aristote, le petit rebelle à la vie de famille compliqué mais qui reste sympa, drôle et courageux, et Dante, le mec sensible, mignon, cultivé, proche de sa famille et FAN DES BEATLES, mon cœur balance !
Ces deux garçons sont GÉNIAUX, ils font partie des personnages les plus attachants que j’ai pu… Lire ? et ensemble ils forment un duo absolument adorable qui ne tombe jamais dans la niaiserie.
Comme je le disais, l’intrigue aussi est très bonne et pourtant très simple. Ici, pas de tueurs en série, de sorciers ou de dragons, on va juste suivre la vie des deux garçons – surtout celle d’Ari – dans leur petite ville, une vie avec ses hauts et ses bas, ses petits moments tragiques ou joyeux… Mais ne vous attendez pas non plus à vous ennuyer, loin de là ! Il y a tout de même quelques rebondissements, et de toute façon, les personnages sont tellement attachants, on pourrait lire une histoire où il ne font que la vaisselle pendant deux heures qu’on ne s’ennuierait pas.
Bref, c’est une petite tranche de vie sympa que vous propose de découvrir Benjamin Alire Sáenz.

D’ailleurs, bien qu’étant un livre de la littérature jeunesse, le roman aborde plusieurs thèmes forts comme celui de la famille ou de la recherche d’identité (sexuelle comme culturelle, les deux garçons étant américains avec des origines mexicaines), le tout avec justesse et subtilité.
Bien qu’importants, ce ne sont pas des sujets faciles à aborder avec les enfants, et ici, je pense que c’est une mission réussie, grâce à l’histoire et aux personnages, mais aussi à la plume simple mais fluide de l’auteur.
C’est un livre qui apprend l’ouverture d’esprit de manière simple et divertissante aux plus jeunes, sans jamais être moralisateur, et je pense qu’il faudrait plus de romans comme « Aristote et Dante » dans ce monde.
(En plus la couverture est trop belle. Ce livre est parfait j’vous dis.)

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Running Man – Richard Bachman (aka Stephen King)

Pour sauver sa fille, gravement malade, Ben Richards va tenter le tout pour le tout : il va participer à « La Grande Traque », une émission de télé-réalité suivie par des millions de téléspectateurs et qui promet au vainqueur une énorme somme d’argent.
Le but est très simple : pendant trente jours, Ben va devenir l’ennemi public numéro 1. Il sera traqué par de redoutables « chasseurs », et la moindre personne donnant une information permettant son élimination sera récompensée.
Pendant ces trente jours, tout sera permis pour le tuer et divertir les foules.

Quelle claque ce roman.
Quand Bachman/King se lance dans la dystopie, il fait ça bien. Très bien même.
Dans ce roman plutôt court sont abordés de nombreux thèmes, et ce, toujours avec justesse. Il y a tout d’abord la dictature (forcément) qui utilise la télévision pour abrutir la population et se la mettre dans la poche (« Panem et circenses » comme dirait l’autre). Dans cette Amérique dystopique, il est carrément illégal de ne pas posséder de télévision (enfin, de « Libertel »), et la société des Jeux règne en maître.
Alors oui, la téléréalité, c’est pas bien, c’est abrutissant, c’est bête, on connaît la chanson… Sauf que ce roman est sorti en 1982, bien avant l’explosion du genre, dans les années 2000. Alors en plus d’être talentueux, King est carrément visionnaire. (Il avait d’ailleurs, toujours sous le nom de Bachman, publié un autre roman dystopique traitant de la téléréalité en 1979 : « Marche ou crève ».)
A cela s’ajoute la question de la manipulation de l’image : tout est fait pour rendre Ben détestable. On modifie ses photos pour le rendre plus menaçant, le moindre de ses faits et gestes est détourné et quand il essaye de dire la vérité à la population à travers une vidéo envoyée à l’émission, oups, il y a un problème de son, et personne ne peut entendre ses paroles. C’est ballot tiens.
Un autre thème dénoncé est celui de la différence entre les plus riches, qui se pavanent dans le luxe, et les plus pauvres, qui ont à peine de quoi vivre (Ben est au chômage et sa femme est obligée de se prostituer) et qui, dans certains ghettos, meurent de maladies dues à la pollution extrême de l’air.
Et dire que certains critiques considèrent Stephen King comme un auteur populaire (donc minable pour eux) qui ne sait pas faire autre chose que des histoires de monstres.

Vous comprendrez que je ne peux pas faire une critique aussi longue que je le voudrais, je ne peux pas vous parler du personnage de Ben qui peut paraître plutôt antipathique au début du roman mais à qui on s’attache irrémédiablement, je ne peux pas non plus vous parler de la fin, choquante, presque cruellement ironique, qui m’a totalement laissé sur le cul…
Bref, je ne peux pas en dire autant que je le voudrais, mais sachez que « Running Man » est encore un merveilleux roman du King, et que je recommande à tous, même aux plus néophytes de l’auteur !

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Misery – Stephen King

Oui, encore un Stephen King, et ce n’est pas le dernier du classement ! #désopasdéso
Ici, le King nous prouve qu’il n’a pas forcément besoin d’aliens, de vampires ou de fantômes pour vous glacer le sang, et signe un de ses meilleurs romans ! (Bon OK, il a genre une vingtaine de « meilleurs romans », mais quand même.)
Cliquez ici pour un avis plus détaillé !

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A Monster Calls – Patrick Ness

(Traduit en français par « Quelques minutes après minuit ».)
Probablement l’un de mes livres préférés de toute l’année !
Ce roman jeunesse est touchant, bouleversant et traite de thèmes très forts, le tout sans prendre les enfants pour des idiots… Un must-read selon moi, pour les plus jeunes comme les plus vieux !
Pour un article un peu plus long (non carrément plus long en fait) c’est  !

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La Couleur des sentiments – Kathryn Stockett

Le Mississipi, dans les années soixante. Les lois raciales font autorité, la lutte pour les droits civiques n’en est qu’à ses prémisses et le Ku Klux Klan fait régner la terreur.
C’est dans ce contexte que nous allons suivre les histoires croisées d’Aibileen, une bonne noire chargée d’élever les bébés des familles blanches, de sa meilleure amie Minny, une autre domestique noire, rebelle mais soumise à la violence de son mari ivrogne, et d’Eugenia « Skeeter » Phelan, une jeune femme blanche qui vient de terminer ses études.
Dans le but d’écrire un livre, cette dernière va alors demander aux domestiques noires qu’elle connait de raconter leurs vies, les humiliations et insultes qu’elles subissent, mais aussi l’amour qu’elles portent envers les enfants dont elles s’occupent et qui ne sont pas les leurs.
La tâche est loin d’être aisée, puisqu’à cette époque, les relations entre blancs et noirs sont punies par la loi, et les bonnes risquent de payer très cher leurs témoignages…

Ne vous laissez pas effrayer par ce pavé de six cent pages : « La Couleur des sentiments » est un très beau roman, drôle et touchant à la fois, et s’il est plutôt long à lire, à aucun moment il ne vous ennuiera.
Les trois protagonistes, Aibileen, Minny et Skeeter sont toutes très différentes, mais toutes terriblement attachantes à leur manière ! (Je les aime très fort.) Si Aibileen est plus dans la retenue, la gentillesse et la douceur, Minny est drôle, extravertie, et n’a pas la langue dans sa poche ! Quant à Skeeter, cette jeune femme trop grande aux cheveux impossibles à coiffer, elle est timide, maladroite, mais bien déterminée à devenir écrivaine et surtout, à dénoncer le quotidien des domestiques.
Bref, ces femmes sont géniales, et l’alternance entre leurs points de vue donne du rythme au récit et permet de ne jamais se lasser.
(Et si je parle des personnages principaux, il faut aussi mentionner cette peste de Hilly, ou encore l’extravagante mais gentille Celia… Qu’ils soient détestables ou attachants, les personnages sont tous hauts en couleurs, et difficilement oubliables.)

Comme vous pouvez vous en douter, les témoignages des bonnes sont émouvants, forts et, bien que le roman ait été écrit en 2009, tout semble très honnête, très « vrai ». C’est d’ailleurs accentué par le fait que certains évènements réels comme l’assassinat de Megar Evers, la guerre du Vietnam et la marche de Martin Luther King sont abordés tout au long de l’histoire.
Bref, « La Couleur des Sentiments » est un très bon livre sur les différences et la vie des Noirs dans l’Amérique des années 60 ! Si vous ne l’avez pas déjà lu, je vous le conseille à 100% !
(Et puis BON, d’accord, si vous n’avez vraiment pas envie de lire le roman ou que vous n’avez aucun moyen de vous le procurer, vous pouvez toujours vous rabattre sur la très bonne adaptation du même nom, elle est de très bonne qualité et fidèle à l’histoire.) (Mais franchement, lisez le livre, il est quand même meilleur.)

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Carrie – Stephen King

Eh oui, Stephen King a beau être l’un de mes auteurs préférés, j’aurais attendu 21 ans avant de lire son tout premier roman… (SHAME, SHAME, SHAME !)
Eh bah, quel premier roman ! Ce mec a du talent, c’est clair, et voici encore un de ses meilleurs livres !
Comme d’habitude, pour une critique détaillée, c’est iciii !

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Le Voyage gelé – Philip K. Dick

Eh oui, mon tout premier livre par l’un des maître de la science-fiction aura été un recueil de nouvelles, pas le plus connu en plus… Et pourtant !
Bon, je ne peux pas parler de chaque nouvelle individuellement, donc ça va être une critique très rapide…
Déjà, ce livre a beau figurer dans mes coups de cœur de l’année, je dois avouer que toutes les histoires ne sont pas de même qualité : certaines sont excellentes, d’autres, sans être mauvaises, sont un peu plus… Spéciales. Mais je pense que si j’ai autant aimé ce recueil, c’est parce que certaines nouvelles étaient légèrement horrifiques, en plus d’être de la science-fiction.
D’ailleurs, mes nouvelles préférées sont « Le retour des explorateurs », « Une belle prise » et « L’Autremental », qui sont des récits plutôt courts avec une chute surprenante et parfois cruellement ironique (oui je me répète avec la critique de « Running Man »). J’ai eu un peu plus de mal avec les récits plus longs (assez pour nous faire découvrir un nouveau monde, trop peu pour qu’on ait vraiment le temps de s’y plonger).
Bref, avec ce recueil, Philip K. Dick aura réussi à me faire aimer… Non, à me faire adorer la science-fiction (en dehors des romans dystopiques) ! « Blade Runner », « La Horde du Contrevent » et « Dune », me voilà !

C.

Alors pour vous, 2018 aura été une bonne ou une mauvaise année de lecture ? Quels ont été vos coups de cœur ?

Patrick Baud et les Histoires de Nuit

Est-ce que vous connaissez Patrick Baud ? Mais si, l’homme à la voix d’or, celui qui vous fait découvrir des personnages extraordinaires, des lieux étranges, des histoires insolites (ou des personnages étranges, des lieux insolites et des histoires extraordinaires, ça marche aussi) sur sa chaîne YouTube « Axolot » (que je vous recommande plus que vivement) ! 
Eh bien, amateurs de littérature, de science-fiction, d’horreur et de voix apaisantes, bonne nouvelle pour vous ! Patrick Baud a un SoundCloud où il vous lit des histoires parfois étonnantes, parfois inquiétantes de grands noms de la littérature comme Jorge Luis Borges, Isaac Asimov ou Arthur C. Clarke ! C’est gratuit, c’est rapide – entre vingt et tente-cinq minutes par nouvelle – c’est varié et prenant, et surtout, c’est LU PAR PATRICK FUCKING BAUD  (jesuisfandecemecvousaviezremarqué?) !
Je l’ai découvert il y a quelques mois grâce à un ami – coucou Mimic si tu passes par là – et j’ai été conquise ! Ça m’a en plus permis de connaître mes premières histoires de Ray Bradbury et de Dan Simmons, deux grands noms de la science-fiction et de l’horreur que j’avais terriblement envie de découvrir !
C’est donc un gros coup de cœur qu’il fallait absolument que je vous partage, j’espère que vous y trouverez votre compte !
Je vous ai mis en dessous le nom, le résumé, et mon avis sur chacune des nouvelles proposées ! (Et bien sûr le lien vers le SoundCloud s’y trouve également !)

La Bibliothèque de Babel – Jorge Luis Borges

La fin de sa vie approchant, le narrateur nous conte l’histoire de cette Bibliothèque apparemment infinie. Elle contiendrait tous les livres de 410 pages, ceux écrits, ceux à venir, dans toutes les langues possibles et imaginables, et dont certains ont voulu percer les secrets… 

Cette histoire est… Compliquée, et de toutes les nouvelles lues par Patrick Baud, j’avoue c’est celle où j’ai le moins accroché (ça commence bien) (revenez je vous jure que j’ai adoré le reste). Il y a des termes compliqués, beaucoup de chiffres et de figures géométriques… C’est un vrai challenge pour l’imagination auquel je ne m’attendais pas la première fois que je l’ai écoutée. (On peut dire que je me suis… Perdue dans la Bibliothèque ?  *ba dum tss*) 
Cependant, cette métaphore de la littérature est vraiment intéressante, tout comme son rapport avec l’Homme (qui ne fait que des conneries encore une fois), c’est juste qu’il faut vraiment se concentrer, et les pauses musicales entre certains passages sont vraiment les bienvenues. (Et puis bon, ça passe quand même mieux quand c’est Patrick Baud qui vous le raconte… OK j’arrête de faire son éloge.)
Donc ne vous laissez pas décourager par cette première nouvelle, c’est vraiment la plus complexe, et si vous aimez les histoires plus simples et qui font frissonner, les autres sont là pour vous ! 

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Les Neuf Milliards de noms de Dieu – Arthur C. Clarke

Dieu a un nom. Il en a même plusieurs en fait, composés de neuf caractères maximums, et des moines bouddhistes ont entrepris de les découvrir selon un système de codage qu’ils ont mis au point. 
Le problème, c’est que l’opération prend du temps, et ils sont déjà au travail depuis plus de trois cents ans…  C’est pour cela qu’ils vont faire l’acquisition d’un supercalculateur qui, en cent jours, pourra imprimer l’ensemble des combinaisons possibles.
Nos deux protagonistes, des informaticiens plutôt sceptiques, les accompagnent au Tibet pour installer et programmer la machine, sans se douter de ce qu’il risque de se produire si les moines parviennent à accomplir leur mission…

J’ai BEAUCOUP aimé celle-ci. Bien que le postulat de départ est pour le moins… Étrange, et peut sembler de prime abord plutôt compliqué, on suit le personnage de Wagner, un occidental qui n’y connaît pas grand-chose à la mission des moines – et qui ne cherche pas non plus à en savoir plus.
La grande réussite de cette nouvelle est – pour moi – sa phrase de fin, belle et terrible à la fois… Et c’est frustrant, mais je ne peux évidemment pas en dire plus. (Allez écouter ça et on en reparlera, he he.)
L’écriture d’une nouvelle est loin d’être une mince affaire, mais je pense que c’est totalement réussi pour Arthur C. Clarke : ses personnages sont établis, son histoire compréhensible et sa chute surprenante ! Good job Arthur !
(Par contre… Le « lama » dont il est question dans l’histoire… C’est le Dalaï-lama… N’allez pas vous imaginer une histoire surréaliste avec un camélidé parlant pendant la moitié du récit avant de finalement comprendre et de vous sentir idiot(e)… Oui comme moi oui…)

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La Trappe – Ray Bradbury

C’est étrange… Alors qu’elle habite cette maison depuis plus de dix ans, Clara Peck ne la remarque qu’aujourd’hui… La trappe, dans le plafond. Ce qui est encore plus étrange, c’est que cette nuit-là, elle entend des bruits qui viennent du plafond, des bruits faibles d’abord, mais qui deviennent avec le temps de plus en plus forts. Des souris ? Des rats ? Ou quelque chose d’autre, de plus gros et de plus effrayant ? 

Cette nouvelle est bien trop cooool ! Elle est prenante pendant tout le récit et sa fin ne déçoit pas ! 
Les personnages sont – étonnamment – plutôt détaillés pour une histoire aussi courte : on arrive à cerner leur caractère, une partie de leur physique et de leur vie sans que ce ne soit trop pour autant. 
Contrairement à « La Bibliothèque de Babel », il n’y a pas un énorme travail d’imagination à fournir, tout est très bien décrit, ça aide à s’immerger encore plus dans le récit, et puis c’est TROP BIEN que ce soit le genre d’histoire où, quand une personne extérieure arrive, les événements surnaturels ne cessent pas d’un coup pour faire penser que le protagoniste est fou…
Voilà, je n’ai pas grand-chose d’autre à dire, j’ai adoré cette histoire ! Ray Bradbury est définitivement un auteur que je lirai dans un futur proche !

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La Dernière Question – Isaac Asimov

Six périodes différentes, durant lesquelles l’Homme évolue, conquiert l’espace, se multiplie à une vitesse effarante, se libère de son enveloppe charnelle pour ne devenir d’un esprit flottant dans l’Univers… Six périodes, et pourtant, toujours la même question posée à l’ordinateur Multivac sur l’avenir de l’Humanité. Une question qui reste sans réponse… Ou presque.

Attention, on revient dans quelque chose d’un peu plus complexe !
(Entre autre parce que la fin de l’histoire se déroule dans un futur si lointain que le temps, la matière et l’espace n’existent plus, et ça, c’est pas facile de se le représenter.)
Asimov aborde ici des thématiques chères à la science-fiction avec notamment la conquête de l’espace, l’expansion toujours plus rapide et problématique de l’espèce humaine, le rapport aux technologies, qui prennent de plus en plus de place dans la vie des Hommes… Tout ça, c’est très intéressant, mais d’une certaine manière très flippant aussi. 
La nouvelle est longue, elle semble parfois trop longue tant on a envie de savoir la fin, de connaître la réponse à cette fameuse question, de voir comment l’auteur va se débrouiller pour finir cette histoire qui semble impossible à conclure de manière satisfaisante… Et…
Et encore une fois, c’est une très bonne fin selon moi ! Une fin qui vous nique abîme un peu le cerveau, certes, mais qui m’a personnellement convaincue ! Le daron de la science-fiction a frappé fort avec cette nouvelle !

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Le Styx coule à l’envers – Dan Simmons

En cette belle journée de juin, un jeune garçon attend avec son père, son frère et d’autres grandes personnes. Sa mère est morte il y a peu de temps, et aujourd’hui, c’était l’enterrement. Alors il attend. Parce que quand les médecins en auront fini avec elle, elle reviendra à la maison. Vivante… Mais pas tout à fait comme avant…

Le meilleur pour la fin ? Je ne sais pas pour d’autres, mais pour moi, cette nouvelle a été LE coup de cœur !
Cette histoire a tout ce que j’aime : un protagoniste enfant et des créatures pas tout à fait humaines, juste assez différentes pour que ça en devienne de plus en plus inquiétant et malsain… Le tout dans un univers très réaliste où le fantastique et l’horreur prennent peu à peu leur place, de manière subtile. Et puis, dans un sens (un sens un peu tordu certes), ça peut être vu comme l’histoire émouvante d’un petit garçon qui aime juste beaucoup sa maman. Même si elle est différente. (En plus ça m’a rappelé « Simetierre » qui est tout de même mon roman préféré de Stephen King, donc ça a bien évidemment aidé à conquérir mon petit cœur de lectrice de trucs horribles.)
Je n’ai vraiment pas grand-chose d’autre à rajouter : c’est un sans-faute, et ça me prouve que Dan Simmons a tout à fait sa place dans les grands noms de la littérature horrifique. 

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Voilà pour les cinq nouvelles ! 
Je vous laisse maintenant le lien du SoundCloud juste ici : 
https://soundcloud.com/patrick-baud/sets/histoires-de-nuit pour que vous vous fassiez votre propre opinion, et je vous souhaite une bonne écoute ! (Et encore merci à Patrick Baud – qui ne lira jamais cet article – de mettre sa voix au service de la littérature. Ce mec est en or, moi je vous le dis.)