Comment la saga « Harry Potter » a changé vos vies

Vingt ans d’existence, sept livres, huit films, des centaines de millions d’exemplaires vendus et probablement plus de fans encore… Il est évident que la saga du petit sorcier à la cicatrice à changé le paysage littéraire – et cinématographique – à tout jamais… Et ce qui est également sûr, c’est que Harry Potter et ses amis ont également contribué à changer la vie de beaucoup d’entre nous, et j’en ai pour preuves quelques témoignages que je vous propose de découvrir aujourd’hui !

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« J’ai commencé à apprendre l’anglais grâce à J.K. Rowling. Forcément, il fallait que je sache écrire une lettre à mon auteure préférée. »

J’ai commencé à lire de manière intense grâce à Harry Potter. Je me souviens très bien : pour Noël, mes parents m’ont acheté le coffret des cinq premiers romans en grand format. Je n’étais même pas encore, à ce moment-là, une grande fan. J’ai mis mon nez dans le premier roman le 25 décembre, j’ai enchaîné et j’ai avalé les quatre tomes suivants en quelques semaines (à douze ans, je ne lisais pas si vite que maintenant). À partir de là, j’ai commencé à acheter tous les magazines, on ne voyait plus mon papier peint. Bien entendu, l’incontournable blog est apparu et a tenu pendant quelques années.

J’ai grandi, les posters se sont décrochés de mes murs, ma passion s’est moins faite sentir physiquement mais jamais je n’ai cessé d’aimer cette saga.

J.K. Rowling m’a ouvert les yeux sur la littérature fantastique. J’ai été émerveillée par les décors, les personnages, l’intrigue. Je garde d’excellents souvenirs de toutes mes lectures et écoutes. Ce sont les seuls livres que je peux relire en découvrant encore des détails. Sa plume a un effet incroyable sur moi. Elle me replonge dans un univers dont je ne me lasserai jamais. C’est mon refuge. Lorsque quelque chose ne va pas, je lis, je regarde ou j’écoute un tome et ça va mieux.

J’ai commencé à apprendre l’anglais grâce à J.K. Rowling. Forcément, il fallait que je sache écrire une lettre à mon auteure préférée. J’ai appris, lu, écouté et visionné tout ce qui me tombait sous la main. Aujourd’hui, je suis bilingue et je ne regrette absolument pas d’avoir persévéré et d’avoir buté sur tous les mots de ma saga préférée.

Ma lettre est précieusement cachée dans ma boite à souvenirs.

– Pauline, du blog Satine’s books

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« C’est dans la grande salle qu’il m’a demandé de l’épouser. »

Quand les premiers livres et le premier film sont sortis en France, mon côté « c’est populaire donc j’ai pas l’intention de m’y intéresser » a pris le dessus, et je faisais tout mon possible pour éviter les sujets qui parlaient du binoclard et sa fichue baguette magique…
Un jour une copine est venue dormir à la maison, et elle avait apporté le DVD de « l’École des Sorciers » parce qu’elle était à fond dedans. Comme je suis une personne gentille, j’ai eu envie de lui faire plaisir et donc nous avons regardé le film, même si au départ l’idée me branchait vraiment moyen…
Non seulement j’ai adoré le film, mais je suis tombée dedans de manière irréversible ce jour-là. J’ai foncé à la bibliothèque du collège emprunter les trois premiers tomes qui étaient déjà sortis, et j’ai piaffé d’impatience pour la suite !

Les livres sortaient au fur et à mesure que mes amis et moi grandissions, on avait le même âge que Harry à chaque nouveau tome, ça aidait énormément à s’identifier et à s’attacher encore plus aux personnages. Je les ai lus et relus, découvrant de nouvelles choses à chaque fois. Même encore aujourd’hui je me surprends parfois à relever des détails qui m’avaient échappés jusque-là. (C’est assez hallucinant la façon dont l’histoire a été ficelée pour qu’une simple phrase du premier tome te conduise au dénouement du septième quand tu y fais bien attention !)

A la fin de mes études j’ai fait une année de cours en alternance sur Paris, alors que je suis originaire de Dijon. Le fait de partir de chez moi a été assez difficile à vivre au début, j’ai alors relu tous les livres. J’avais hâte de rentrer de cours pour me replonger dans cet univers, et je pense sincèrement que ça m’a aidée à tenir, entre l’éloignement, la solitude éprouvée de ne pas rentrer « à la maison » le soir, la charge de travail et le stress.

J’ai fini mes études en 2013 et je suis entrée dans la « vie active », délaissant un peu mes passions pour essayer de me construire un début de carrière. J’ai replongé en 2015, lorsque j’ai appris qu’une équipe de Muggle Quidditch était en train de se monter dans ma ville. Je les ai rejoints immédiatement, malgré mes très très faibles compétences sportives. L’avantage avec une structure associative, c’est que tout le monde peut y trouver sa place : je me suis donc investie non pas sur la pratique elle-même, mais sur toute la logistique autour. J’ai géré l’administratif, les déplacements en tournois, organisé le premier tournois dijonnais… J’y ai vraiment consacré beaucoup de temps ces trois dernières années.

Trois semaines après mon arrivée dans l’équipe de Quidditch, nous avions recruté pas mal de nouveaux joueurs. Un en particulier, pas spécialement sportif mais grand fan de Harry Potter aussi, m’a quelque peu tapé dans l’œil (au sens propre comme au figuré, c’est un sport violent).
Bref, de fil en aiguille nous nous sommes beaucoup rapprochés. Aujourd’hui nous sommes ensemble depuis 3 ans, pacsés, fiancés (d’ailleurs il risque fort d’y avoir quelques touches de Harry Potter dans la déco du mariage) et on attend un bébé pour juin.
Pour l’anecdote, j’ai changé de travail fin 2017, et mes anciens collègues connaissant bien ma passion pour Harry Potter m’ont offert d’aller visiter les Studios Harry Potter en amoureux en guise de cadeau de départ. Ce que nous avons fait l’année dernière. Mon homme y était déjà allé avec des amis plusieurs années auparavant, alors que pour moi ce fut une découverte totale. C’est dans la grande salle qu’il m’a demandé de l’épouser.

Je suis assez portée sur l’idée du karma et des âmes sœurs, et je ne suis pas certaine qu’on se serait rencontrés si un petit binoclard n’avait pas eu de baguette magique pour combattre le vilain sans nez !

– Elvina (aka Molly dans son équipe de Quidditch !)

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« La couverture m’avait immédiatement plu, et j’avais envie de la redessiner. 10 ans plus tard, d’ailleurs, je peindrai d’ailleurs un Saule Cogneur dans mon œuvre pour l’admission au CAPES d’arts plastiques ! »

Comme beaucoup, j’ai littéralement grandi avec Harry Potter. Quand le premier ouvrage est sorti, j’avais 11 ans comme le héros de J.K. Rowling, et c’est drôle, je me rappelle précisément ce moment où, errant dans les rayons de France Loisirs, j’ai montré ce livre à ma grand-mère pour l’acquérir. La couverture m’avait immédiatement plu, et j’avais envie de la redessiner. 10 ans plus tard, d’ailleurs, je peindrai d’ailleurs un Saule Cogneur dans mon œuvre pour l’admission au CAPES d’arts plastiques !

Chaque année, acheter le tome suivant était un moment d’excitation incroyable, une case cochée sur le calendrier, une attente jamais déçue. Bien sûr, certains tomes étaient moins bons que d’autres, mais dans l’ensemble, j’ai toujours été ravie de retourner dans le monde des sorciers.
Humble Moldue, j’étais et suis fascinée par cet univers si complet, si sombre aussi et d’autant plus crédible.
Si j’ai détesté de manière absolue le trio de héros, le monde crée par Rowling et les personnages secondaires si merveilleux (Luna, Tonks, Lupin, Fred et Georges…) m’ont irrémédiablement séduite.

Les films sortis, l’intérêt ne s’est pas démenti, les décors étant juste sublimes. Lors de mes vacances en Ecosse, j’ai eu la joie de voir en vrai le Loch Shiel, alias le lac du château de Poudlard, et le viaduc de Glenfinnan sur lequel passe le Jacobite Train, c’est-à-dire le Poudlard Express !

Bref, Harry Potter est pour moi une vraie histoire d’amour jamais démentie, au point que j’en parle même à mes élèves en classe !

– Elodie, du blog Au Baz’art des Mots

« Ça » : l’adaptation d’Andrés Muschietti

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les vingt-sept ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants.
Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le clown Grippe-Sou…

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Je ne suis pas une grande défenseuse des adaptations, et encore moins des RÉadaptations, remakes et autres reboots, loin de là. Pourtant, quand l’annonce d’une nouvelle adaptation du « Ça » de Stephen King a vu le jour, j’avoue que je n’ai pas pu contenir ma joie, voire même un peu de soulagement…
Pourquoi ?
Parce que « Ça » est pour moi LE roman du King qu’il faut adapter ! Rempli de personnages géniaux, de moments terrifiants et d’hommages au cinéma d’horreur des années 50, c’est le livre qui mérite carrément de passer par la case cinéma (ou TV)… Chose que le téléfilm de 1990 a essayé de faire et totalement raté. (Mais ça, on en parlera dans un autre article… #suspens)
Donc, vous vous en doutez sûrement, le jour où je suis allée voir le film d’Andrés Muschietti, j’étais à la fois pleine de joie et d’appréhension… Alors voyons aujourd’hui ce que j’en ai pensé ! (Attention cet article contient un grand nombre de spoils, pour le film comme pour le roman.)

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Côté technique, beaucoup de bonnes choses !

Tout d’abord, parlons des acteurs. S’ils sont tous très bons, les enfants sont carrément BRILLANTS ! Déjà, le choix du casting est très réussi puisque tous incarnent à merveille leurs personnages, mais en plus ils sont extrêmement doués malgré leur jeune âge, c’est juste bluffant ! (Mention spéciale à Sophia Lillis – qui incarne Beverly – qui est exceptionnelle comme actrice, et j’espère qu’elle aura une très belle carrière, parce qu’elle est excellente !) (Ça se voit que je l’aime beaucoup ?)
D’ailleurs, les personnages du Club des Losers sont extrêmement bien écrits : ils sont drôles, super attachants, et on ne doute pas une seconde de l’amitié qui les unit. Et vu que c’est un des meilleurs (voire LE meilleur) points du roman, à ce niveau, l’adaptation est parfaite !
Bill Skarsgård en Pennywise est lui aussi très bon, il est convaincant en monstre qui veut se faire passer pour un clown pour attirer les gosses mais qui, au final, a surtout la dalle, et devient vite creepy (notamment dans la scène avec Georgie), et je suis totalement fan de son – déjà cultissime – design. Il est original, il est vraiment flippant, et j’aime beaucoup son costume « vintage », qui montre qu’il est arrivé sur Terre depuis déjà un petit bout de temps, et qu’il n’a pas vraiment réussi à moderniser sa garde-robe depuis. (Pas de blague sur Cristina Córdula, pas de blague sur Cristina Córdula…)
Le seul gros point négatif que j’ai concerne le montage : le temps que chaque protagoniste rencontre Ça, on assiste plus à un enchaînement de petites histoires qu’à un « vrai » film, ce n’est pas vraiment fluide, mais bon, est-ce que ça aurait pu être différent avec SEPT personnages principaux ? Cela engendre aussi un autre problème : Stanley et Mike, pourtant tout aussi importants que les autres, sont particulièrement effacés dans cette version… Dommage.

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Le film prend quelques libertés audacieuses…

Par exemple, le fait de situer le film dans les années 80 (bon d’accord, ça n’est pas le plus audacieux, et on peut se dire que c’est pour surfer sur la vague de nostalgie qui va avec) est pour moi un très bon choix : les années 80 vont bien évidemment parler à plus de monde que les années 50, et en plus, le film apporte quelque chose à l’histoire, un regard nouveau, ce n’est pas juste un copié-collé du livre.
J’aime aussi le fait que le film n’ait pas conservé le découpage du livre, un aller-retour constant entre l’enfance et la vie adulte des personnages, et ait choisi de centrer son intrigue autour de la partie « enfants ». Bon, c’était sans doute le choix le plus utile pour les tournages, mais ça rend l’intrigue bien plus facile à suivre pour ceux qui la découvrent. (Et j’ai toujours trouvé la partie « adultes » bien plus ennuyeuse.)

Un autre changement majeur concerne les formes que prend Pennywise pour effrayer certains protagonistes… Et ces changements sont franchement bienvenus.
En même temps, si l’on prend l’exemple de Richie, combien de gosses ont, dans les années 80, encore peur du loup-garou des vieux films de la Hammer ? Au contraire, combien ont la phobie des clowns ? (Notamment grâce à Stephen King tiens.)
Autre exemple, dans l’une des scènes les plus creepy du film, on découvre que la plus grande peur de Mike est d’assister à la mort de sa famille, brûlée vive dans l’incendie de leur maison. Et c’est plutôt horrible. Dans le livre, sa famille est vivante, elle va bien, tant mieux pour eux, mais la peur de Mike est… Un gros oiseau. Et même si je ne doute pas que les oiseaux, en particulier géants, peuvent être terrifiants, je dois avouer que ce passage ne m’a jamais vraiment foutu les jetons.
Enfin, pour ce qui est de Stan, il a ici affaire à une femme monstrueuse sortie d’un tableau devant lequel il passe tous les jours… Et je trouve que ce passage fait bien plus écho aux peurs enfantines que son pendant littéraire, où il est confronté à des cadavres d’enfants. (Même si, je vous l’accorde, ça fait aussi bien flipper samer.)
Et c’est en ça que le film marque un bon point : la momie, le loup-garou, le vampire… Tout ça ne fait plus vraiment peur à grand-monde, alors que voir sa famille mourir devant ses yeux, passer tous les jours devant un tableau cauchemardesque… Ça terrifierait n’importe quel enfant ! (Et je suis sûre que vous avez tous au moins un ou une coulrophobe dans votre entourage.)
Bref, Andrés Muschietti a modernisé les peurs, les a rendu plus accessibles à tous, et pour ça, je dis GG Andy !

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… Mais tous les changements ne sont pas forcément bons.

Parce que oui, quelques passages du film m’ont quand même fait grincer des dents, notamment tout ce qui tourne autour de « la demoiselle en détresse », c’est à dire quand Beverly se fait enlever par Pennywise puis, après que ce dernier l’ait mise dans un état catatonique, quand elle se fait sauver par le baiser de son prince charmant et rondouillard, Ben.
Pourquoi, après avoir établi Beverly comme un personnage féminin fort, la transformer en princesse qu’il faut aller libérer ?
Eh bien, en y réfléchissant bien, et en faisant quelques recherches sur Internet, j’en suis venue à penser que ces deux scènes ne sont qu’une manière de Muschietti – certes, plutôt maladroite – d’adapter le roman.

Dans le film, lorsque Beverly se fait enlever, c’est à un moment où rien ne va plus : le groupe s’est brisé, les garçons se sont disputés, et chacun est reparti de son côté. Pour devoir aller la sauver, les garçons n’ont d’autres choix que de s’unir à nouveau, malgré leurs différends.
Cela fait écho à un passage du livre, lorsque les enfants sont perdus dans les égouts, qu’ils commencent à paniquer et ne sont plus aussi soudés qu’avant. C’est donc Beverly qui, d’une manière très… Différente de celle du film, parvient à les « ré-unir » de nouveau. (Non je ne parlerai pas de cette scène.) (Si vous imaginez quelque chose de bizarre à cause de mes sous-entendus, félicitations, vous avez sûrement deviné.)

Quant au baiser de Ben qui réussit à libérer Beverly de son état de transe, il peut s’expliquer par une idée assez simple du livre : si votre imagination d’enfant y croit, alors c’est vrai.
Bon, c’est grossièrement résumé, mais, par exemple, les Losers pensent qu’une balle en argent peut blesser Pennywise, donc ça marche. Eddie convainc Pennywise que son inhalateur est rempli d’acide, donc lorsqu’il l’attaque avec, il le blesse. Le combat n’est pas seulement physique, il est aussi psychique.
Et, pour en revenir au film, quoi de plus enfantin que de croire qu’un baiser peut réveiller une jeune fille plongée dans un profond sommeil ? Est-ce que je dois vous rappeler que « Blanche-Neige » et « La Belle au bois dormant » de Disney sont sortis bien avant les années 80 ?
Ben y croit, donc ça marche.

Avec cette lecture, le film devient tout de suite plus intéressant, l’intrigue de la princesse à sauver étant bien plus complexe qu’il n’y paraît, mais quand même, la première fois qu’on se trouve devant ces scènes, on ne peut pas s’empêcher de se dire… « SÉRIEUSEMENT ?! », surtout par les temps qui courent, où l’ont se bat pour avoir des personnages féminins forts.
C’est donc un bel effort d’adaptation, mais un peu trop maladroit pour que ça fonctionne correctement…. Et ce n’est malheureusement pas le seul point négatif du film.

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Le plus gros défaut de cette adaptation…

… C’est qu’elle ne fait pas peur. Enfin, pas assez.
Alors oui, elle possède de très bons moments de trouille (la mort de Georgie m’a juste traumatisée, c’était la seule scène que je redoutais, et bah, j’ai été servie), et des tas d’entre vous ont sûrement trouvé le film terrifiant… Mais c’est sans doute parce que vous n’avez pas lu le livre.
L’œuvre de Stephen King n’est pas simplement flippante, elle est surtout malsaine au possible, dérangeante, glauque, complexe aussi… Et rien de tout ça n’est présent dans l’adaptation.
Oh, vous avez échappé à des tas de choses, des meurtres d’enfants bien détaillés aux moments sexuels un peu bizarres (#euphémisme), en passant par toute une mythologie très importante concernant une Tortue géante… Bien sûr, tout ne peut pas être adapté, mais l’ambiance aurait quand même pu être bien plus malsaine.
Je veux dire, il y a des tas de gens que je connais à qui je peux montrer le film sans problème, mais il est hors de question que je leur mette le livre entre les mains !
Et c’est donc pour moi ce qui pose le plus problème dans cette nouvelle adaptation, malgré ses – très – nombreux bons points.

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Bon, je n’ai pas parlé de tout ce dont je voulais, notamment de certaines facilités d’écriture lorsque les garçons se séparent dans la maison abandonnée, des petites références à la Tortue ou même de la danse (WTF ?) de Pennywise, mais cet article est déjà bien trop long, alors il est temps de conclure.
Pour moi, le film d’Andrés Muschietti est très bon, mille fois meilleur que le téléfilm du même nom, avec un casting génial et de bons efforts d’appropriation du matériau de base, mais ce n’est pas encore LA bonne adaptation que ce roman mérite. (Et je ne sais pas s’il en aura une un jour d’ailleurs…)
Disons simplement que le « Ça » de 2017 est une bonne adaptation « édulcorée » du roman de Stephen King.

Que vous soyez d’accord ou non avec ce que je dis, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, je serais ravie de pouvoir en discuter ! (Si je ne vous ai pas perdu dans ce flots énorme de mots…)
En attendant, merci de m’avoir lue, zou-bis !

Les Défis de Morrigane Crow – Jessica Townsend

Morrigane Crow est maudite.
Née le jour du Merveillon, elle est accusée de tous les maux, des tempêtes de grêle aux crises cardiaques. Pire encore, elle est condamnée à mourir le jour de son onzième anniversaire.
Alors que tout le monde semble se réjouir de sa mort prochaine, elle est secourue in extremis par un mystérieux étranger, Jupiter Nord, qui l’emmène à « Nevermoor », un royaume dont elle n’a jamais entendu parler…
Là-bas, les meubles changent d’aspect en fonction de l’humeur, les chats parlent et, surtout, la malédiction de Morrigane n’a plus lieu d’être.
Cependant, pour pouvoir rester à Nevermoor de manière permanente, elle devra intégrer la prestigieuse Société Wundrous, et pour cela passer trois épreuves face à des centaines d’autres concurrents de son âge.

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Bon, j’ai beau avoir adoré « Une fille comme les autres », après une lecture aussi dure, il me fallait quelque chose de plus… « Léger », et sympa.
Heureusement pour moi, j’avais le premier tome de « Nevermoor » en vue depuis un petit moment, et c’est exactement ce qu’il me fallait : un livre jeunesse avec des personnages super cools et qui permet de s’évader un peu.
MAIS…

… Autant être franche, j’ai mis un peu de temps à apprécier… Non, tout simplement à rentrer dans le roman.
Plébiscité par des tas de gens, dont la géniale Lemon June (qui est l’une des seules Booktubeuses que je regarde) (et d’ailleurs je n’aime pas beaucoup ce mot), je m’attendais à ce que ce livre soit un coup de cœur, ou du moins à directement l’aimer… Et ça n’a pas été le cas.
Sans pouvoir me l’expliquer (est-ce que c’était la faute du livre ? la mienne ? je n’étais pas dans une période de grande lecture ?) je lisais une petite cinquantaine de pages par jour et il ne m’en fallait pas plus, je n’étais bizarrement pas motivée à continuer… Bref, j’aimais bien, mais sans plus. J’étais un peu en panique, ne trouvant pas en ce livre la joie qu’il avait apporté à des tas d’autres, et je n’avais vraiment pas envie d’être déçue par cette lecture…
Et puis est arrivé le moment des épreuves – c’est-à-dire à peu près la moitié du roman… Et là, oublié le petit blocage du début : j’ai tout dévoré en une après-midi.
Maintenant, je peux le dire haut et fort : j’ai vraiment ADORÉ « Les Défis de Morrigane Crow ». Et je vais vous dire pourquoi. Parce que c’est à ça que sert ce blog en fait.

Déjà, les personnages sont géniaux.
Morrigane d’abord : c’est une petite fille drôle (parfois involontairement), plutôt renfermée mais courageuse et qui ne se résigne pas facilement, malgré tout ce qu’elle a traversé (on lui a quand même mis tous les malheurs du monde sur le dos ET dit qu’elle allait mourir le jour de ses onze ans), ce qui l’a même rendue plutôt mature pour son âge. C’est vraiment un personnage auquel il est facile de s’attacher et que l’on souhaite sincèrement voir réussir.
Mais surtout, il y a Jupiter Nord.
Jupiter est celui qui emmènera Morrigane à Nevermoor, qui lui fera découvrir ce nouveau monde merveilleux, qui sera son mécène lors des épreuves… Bref, Jupiter Nord est celui qui deviendra son mentor. Et il est génial. Roux, excentrique, mystérieux, capitaine de la Ligue des explorateurs, propriétaire de l’hôtel Deucalion… Il est un mélange entre Dumbledore, Willy Wonka et le Chapelier Fou. Ouais rien que ça. Et je l’aime de tout mon petit cœur.

D’ailleurs, en parlant de Dumbledore (vous avez vu cette belle transition ?), les romans de jeunesse fantasy n’échappent maintenant plus à la comparaison avec « Harry Potter », et, avec beaucoup de préjugés, on peut d’ailleurs se dire que « Nevermoor » n’est qu’une pâle copie du quatrième tome en lisant dans le résumé que Morrigane devra passer « trois épreuves face à des jeunes de son âge »… Mais détrompez-vous, ici, vous découvrirez un univers totalement unique en son genre !
Évidemment Nevermoor est génial, plein de mythes, lieux et personnages magiques (je vous ai parlé de Jupiter et Morrigane, mais d’autres personnages comme Hawthorne, le premier ami de Morrigane, et Jack, le neveu de Jupiter, valent aussi clairement le détour), mais l’intrigue est également super originale, des premières pages aux révélations de fin, en passant par des épreuves totalement inattendues.
Bref, le premier tome de la saga nous offre sa propre histoire, et ne souffre pas – du moins pour moi – de la comparaison avec ses prédécesseurs.

Enfin, point toujours appréciable, ce roman jeunesse essaye de faire passer quelques messages à nos chères petites têtes blondes (et brunes et rousses). Si je vous dit, par exemple, que Morrigane a traversé la frontière illégalement, certes accompagnée par Jupiter, mais sans aucun papiers ? Si je rajoutais qu’en plus, en la faisant traverser, Jupiter lui a sauvé la vie, et si elle retournait dans son ancien monde elle se ferait irrémédiablement tuer ? Et enfin, si je concluais en vous disant aussi que la police tient absolument à la renvoyer chez elle, et que certains habitants se moquent d’elle parce qu’elle n’est pas originaire de Nevermoor ?
Bon, je pense que vous avez capté le message, vous voyez que ça fait écho à des tas de problèmes contemporains, et même si ça ne passe pas toujours de manière très subtile à mes yeux d’adulte, je pense que c’est pile ce qu’il faut pour le faire comprendre aux enfants, et je trouve ça très honorable de la part de l’auteure de sensibiliser les plus jeunes à ce genre de choses.

Pour résumer, même s’il m’a fallu quelques jours pour rentrer dans l’univers de Nevermoor, j’ai au final totalement été conquise par cette histoire et ses personnages, et à peine la dernière page du roman fermé, Morrigane, Jupiter, Hawthorne et les autres ont déjà commencé à me manquer terriblement… Vivement le tome 2 !

Une fille comme les autres – Jack Ketchum

David a maintenant la quarantaine, et il se souvient…
Il se souvient de son enfance, insouciante, dans les années 50.
Il se souvient de sa bande de copains, Donny, son voisin, ses deux frères, et les autres.
Il se souvient de la géniale Ruth, la mère de Donny, qui jurait comme un charretier et les laissait boire de la bière.
Mais surtout, il se souvient de Meg, la magnifique Meg qu’il aimait tant.
Meg et sa petite sœur Susan, qui, seules rescapées de l’accident qui a tué leurs parents, ont dû aller vivre chez leur tante, Ruth, parce qu’elles n’avaient personne d’autre.
Meg et Susan qui, séquestrées, ont enduré les pires tortures des mains de Ruth et des autres enfants du quartier. Dont lui-même faisait partie.
Oui, David se souvient terriblement bien de Meg.
Comment pourrait-il oublier ?

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« Vous serez effrayés de tourner ces pages, mais vous ne pourrez pas vous en empêcher. » disait Stephen King… Et il a eu raison le bougre !
En fait, pour tout vous avouer, j’avais même peur de COMMENCER ce livre.
Outre l’histoire horrible dont il est inspiré et les critiques, parfois écœurées, que j’ai pu lire à son sujet, j’avais surtout peur de tomber sur un livre malsain, écrit simplement pour choquer, une sorte de « torture porn » littéraire… Et à mon grand soulagement, ça n’a pas du tout été le cas ! (Et je l’ai dévoré en quelques heures.)

Comme souvent, commençons par les personnages !
Concernant le protagoniste, David, bien qu’il soit légèrement remonté dans mon estime vers la fin du roman, je ne l’ai pas aimé. Voire parfois détesté. En fait, j’ai eu envie de le secouer, de le taper, de faire n’importe quoi pour le pousser à AGIR durant la totalité du roman. Mais c’est normal, c’est ce que souhaite l’auteur.
Quant à Ruth, que l’on pourrait considérer comme le principal antagoniste…
Vous vous souvenez de la mère – complétement dérangée – de Carrie ? C’est une enfant de chœur comparée à Ruth. En fait, je pense que je n’ai jamais autant détesté un personnage de ma vie. Elle est horrible. Abominable. Abject. Odieuse. Ignoble. Répugnante. Et tous les autres synonymes que vous pourrez trouver. Je pense que ça résume bien mon avis.

Par contre, pour ce qui est de Meg… Oh Meg… Je l’ai A-DO-RÉE.
Bien évidemment, face à tout ce qui lui arrive, on ne peut que s’y attacher, mais le plus cool, c’est qu’elle est forte, courageuse, intelligente. Et qu’elle ne se laisse pas faire.
On n’est pas sur une histoire à la « Cendrillon » où l’héroïne, trop gentille, (ou niaise, ou bête, comme vous préférez) se laisse marcher sur les pieds d’un bout à l’autre. Non non non. Meg essaye d’abord de se faire apprécier de sa famille d’accueil, mais quand les choses dégénèrent et qu’elle commence à se faire maltraiter, elle résiste, et pas qu’un peu.
Elle dit non, elle se défend, et elle va même prévenir la police ! C’est super rare et appréciable de lire ça dans une histoire de maltraitance infantile !
(En plus, avec ses cheveux roux, ses yeux verts, ses manières de garçon et sa situation familiale EXTRÊMEMENT compliquée, elle m’a fait penser à Beverly Marsh du « Ça » de Stephen King. Et moi j’adore Beverly.)
Malheureusement pour elle, résister ne suffira pas… Comment le pourrait-elle ? Elle est seule, face à Ruth et ses trois enfants, puis ensuite face aux autres enfants du quartier… Et puis surtout, il y a Susan.

L’adorable petite Susan, sa petite sœur, qui a gardé de graves séquelles de l’accident et ne peut plus se déplacer normalement.
Meg et Susan s’aiment, elles s’aiment terriblement… Et c’est bien ça le problème.
Ruth utilise cet amour pour leur faire du mal, et les forcer à obéir.
Quand Meg doit se faire punir et s’enfuit, c’est Susan qui prend à sa place.
Plus tard, si Meg essaye de s’échapper de sa prison la maison, Ruth menace de faire subir toutes sorte de tortures à sa sœur… Et c’est gerbant. C’est injuste. C’est insupportable. C’est tragique. C’est choquant.

Parce qu’ « Une fille comme les autres », vous l’aurez compris, n’est pas un livre qui vous fera vous sentir bien ou plein d’espoir (loin de là), mais il vous donnera au contraire un sale sentiment de voyeurisme en plus de vous donner envie de pleurer ET de fracasser des têtes.
Mais c’est parfois bien de lire quelque chose qui fait autant réagir, qui provoque des émotions aussi fortes – aussi négatives soient-elles – et qui fait peut-être réfléchir certaines personnes… Parce que oui, tout le monde sait/ est censé savoir que maltraiter un enfant, c’est vilain comme tout, mais combien de personnes ont été témoins de certaines choses et ont laissé couler de peur de s’attirer des ennuis, ou parce que les concernés étaient les « gentils voisins qui vont tous les dimanches à l’église et qui invitent au barbecue une fois par mois » ? S’il faut bien retenir quelque chose de cette histoire, c’est que les maltraitances peuvent atteindre un niveau de monstruosité inqualifiable, et qu’il ne faut jamais arriver jusque là, et agir dès qu’il y a la moindre preuve.

Il est aussi intéressant de voir le comportement de chacun des enfants, leurs manières de voir les choses : le narrateur pense au début que tout est normal : puisque Meg est une enfant et Ruth une adulte, Ruth a forcément raison non ? Et les enfants sont au début bien plus enclins à torturer Meg s’ils y sont incités par Ruth, (la figure d’autorité) avant de suivre naturellement leurs camarades, dans un bel exemple de psychologie des foules.
Et puis, il ne faut pas oublier que tout ça est tiré en très grande partie d’une histoire vraie, que presque tout ce que vous lisez s’est réellement passé, et qu’il faut parfois ouvrir les yeux sur certaines choses : non un adulte ne peut pas faire ce qu’il veut avec un enfant sous prétexte qu’il est son tuteur légal, non les enfants ne sont pas toujours de petits êtres innocents et angéliques et sont eux aussi capables du pire.
(« L’histoire vraie » est celle de Sylvia Likens, n’allez la lire que si vous avez le cœur bien accroché, mais le nom et l’histoire de cette jeune fille ne doivent pas tomber dans l’oubli. Mais sans déconner n’allez pas voir si vous êtes un tant soit peu sensible, c’est vraiment horrible.)

Bref, en résumé, j’ai beaucoup aimé (adoré ?) « Une fille comme les autres », et je pense qu’il me marquera pour un très long moment, mais c’est bien évidemment un roman que je ne recommanderais pas à tout le monde.
Personnellement, je connaissais l’histoire de Sylvia Likens depuis longtemps (un peu trop en détails à mon goût), j’ai beaucoup hésité avant d’acheter ce roman, et je m’y suis lancée en sachant ce qui m’attendais.
Si vous comptez vous lancer là-dedans, je vous conseille d’être prêts, ou vous risquez d’être vraiment dégoûtés et de ne pas voir l’intérêt de ce livre.
Allez, après cet article si joyeux, zou-bis hein !