« A Monster Calls » : mon coup de cœur de 2018

Tous les soirs, Conor, 13 ans, se réveille à cause du même cauchemar horrible : celui avec l’obscurité, le vent et le cri.
Pour autant, le vrai cauchemar commence au réveil : son père, parti depuis des mois en Amérique, est presque devenu un étranger ; Harry et sa bande n’arrêtent pas de le harceler depuis le début de l’année scolaire, mais surtout… Même s’il ne veut pas se l’avouer, le traitement de sa mère n’a pas l’air de faire effet, et elle s’affaiblit un peu plus chaque jour.
Pourtant, un soir, tout bascule : un monstre – qui semble fait de l’if de son jardin – vient devant la fenêtre de sa chambre. Il lui explique qu’il viendra le voir, plusieurs fois, et qu’il lui racontera trois histoires. Quand ce sera fait, ce sera à Conor de lui raconter une quatrième histoire, mais pas n’importe laquelle : il devra lui dire la terrifiante vérité qui se cache au plus profond de lui.

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Une petite précision, puisqu’il faut rendre à Dowd ce qui appartient à Dowd : le roman a bien été écrit par Patrick Ness, mais il a été imaginé par l’écrivaine Siobhan Dowd, alors atteinte d’un cancer. Après sa mort prématurée en août 2007, c’est Patrick Ness qui a été contacté pour reprendre l’idée de l’écrivaine et le coucher sur papier.

Je vais le dire tout de suite : je pense qu’il y a des romans qui sont importants, qui doivent exister, et d’autres qui ne devraient jamais voir le jour. Même si je suis à 100% pour une littérature de simple divertissement, il y a des livres qui ne sont écrits que dans un but : faire de l’argent, et peu importe si – dans le cas de la littérature de jeunesse – ils sont encore plus abrutissants pour les enfants que la télévision.
A Monster Calls (traduit en France par Quelques minutes après minuit) est différent. En plus d’être excellent, A Monster Calls est important. (Lisez-le. SVP.)

Alors, par où commencer..?

Imaginez que vous êtes devant un film, mais que vous oubliez que tout est faux, que les protagonistes sont des personnages fictifs interprétés par des acteurs, et que vous les voyez comme de vraies personnes. C’est un peu ce que j’ai ressenti pendant ma lecture.
Les personnages sont terriblement bien écrits et réalistes.
Malgré leurs défauts (ou justement, grâce à eux ?) ils sonnent tous juste : la grand-mère de Conor est loin d’être une mamie gâteau, elle paraît parfois antipathique, mais la détresse qu’elle ressent face à la maladie de sa fille, les moments où elle est vulnérable n’en sont que plus bouleversants… Le père de Conor l’a abandonné pour vivre en Amérique avec sa nouvelle famille, mais on voit, on sent qu’il aime son fils et veut tout faire pour l’aider à supporter cette épreuve…
Ils sont aussi très attachants, surtout Conor (qui a ses propres défauts) et sa mère. On ressent l’amour qu’ils se portent l’un envers l’autre, et leur relation, très forte mais rendue compliquée à cause de la maladie, est tout de même très belle. On comprend rapidement le vide, l’épreuve insurmontable que ce serait pour Conor de la perdre…
Et puis bon, là je parle des personnages « humains », mais…

Le. Monstre. Est. TROP COOL !
La seule appréhension que j’avais avant la lecture du roman le concernait : vu qu’il s’agit d’un livre jeunesse, j’avais peur de tomber sur un gentil monstre de type Casimir ou Jacques Sullivan souhaitant nous apprendre que la vie n’est pas toujours rose bonbon mais qu’il faut apprendre à être heureux et gentil même avec les méchants parce que tout le monde a un cœur blah blah blah…
QUE NENNI ! (Ça m’apprendra à avoir des préjugés.)
Le monstre est ÉNORME, le monstre est SAUVAGE, le monstre fait FLIPPER Conor et le monstre menace de le BOUFFER bordel ! C’est trop cool !
Bon, après ils apprennent un peu à se connaître, et j’ai adoré leur relation pleine de sarcasme mais en même temps assez protectrice, et sans jamais tomber dans la niaiserie. (Il me semble même qu’il le menace encore de le tuer une fois ou deux s’il lui coupe la parole.)

S’il y a un autre très bon point que je tiens absolument à souligner, c’est que ce livre – jeunesse – ne prend pas son public – les enfants notamment – pour des idiots ou de petits êtres fragiles : les personnages ne vont pas devenir bons d’un simple coup de baguette magique, le monstre n’est pas un gentil nounours, ses fables sont originales et leurs morales – s’il y en a – ne sont pas les plus évidentes… Et puis bon, ça aborde des thèmes vraiment douloureux, on ne va pas se le cacher. (Le cancer, le deuil, le harcèlement, youpiii…)
Même la fin du roman est bien plus complexe – et surprenante – que ce que l’ont imagine de prime abord sur une histoire traitant de ces thèmes. Bien sûr, je ne vous spoilerai rien, mais honnêtement ça me fait mal de ne pas en parler tellement j’ai été surprise (en fait, ça m’a carrément fait l’effet d’un plot-twist). Donc si vous l’avez lu, n’hésitez pas à en parler – en précisant que vous allez spoiler – dans les commentaire ou autre, il en va de mon bien-être mental. Merci.

Enfin, j’aimerais parler des dessins de Jim Kay qui parcourent le livre – puisque j’ai eu le bon sens de commander la version illustrée : ils sont SUPERBES. Sombres, presque macabres, et en même temps poétiques, ils sont exactement ce qu’il faut pour accompagner cette histoire.
Le point fort de ces illustrations (en plus de leur BEAUTEY) c’est qu’elles en montrent assez pour se représenter plus facilement la scène, mais pas trop pour permettre à notre imagination de faire le reste.
Bref, même à ce niveau là c’est du tout bon. (Le seul désavantage, c’est que je ne suis pas sûre qu’il existe une version illustrée traduite en français… Mais pour ceux qui se sentent d’attaque, la version originale est franchement facile à comprendre !)

A Monster Calls est donc un EX-CE-LLENT roman que je conseille à tous, aux jeunes comme aux moins jeunes, et je pense que cette histoire peut littéralement aider des gens qui sont – ou ont été – dans la même situation que Conor, peu importe leur âge.

« La Vague » : entre devoir de mémoire et débordement

Et non, contrairement à ce que l’on peut croire au vu du simple titre, La Vague n’est pas une espèce de roman feel-good estival ayant pour décor une plage de sable fin… Et c’est probablement une chose que vous ne trouverez toute façon jamais sur le blog.
Bref, oubliez les plages abandonnées, coquillages et autres crustacés, aujourd’hui on parle plutôt de ces charmantes inventions humaines que sont le totalitarisme et le fascisme. (Parce que l’Homme peut se montrer étonnamment créatif et prolifique quand il s’agit d’obtenir le pouvoir. Et de casser la gueule à son prochain.)
Oh, mais ne vous inquiétez pas, ici, pas question d’arrestations par milliers, d’exécutions sommaires, de camps de la mort et autres camps de travail, non non : dans La Vague, on parle de totalitarisme en tant qu’objet d’étude, que mécanisme de psychologie, plus précisément lors d’une expérience très intéressante qui se déroule dans un lycée américain…

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Tout a commencé avec un simple documentaire…
Lorsque Ben Ross, jeune et enthousiaste professeur d’Histoire, montre un documentaire relatant les horreur nazies lors de la Seconde Guerre Mondiale à ses élèves de terminale, il ne s’attend pas aux questions que cela soulève :
« Pourquoi les Allemands n’ont-ils pas arrêté les nazis ? »
« Comment ont-il pu les laisser assassiner dix millions de personnes pour ensuite affirmer qu’ils ne savaient rien ? »
« Comment ont-ils seulement osé dire une chose pareille ? »
Les élèves sont catégoriques : eux n’auraient jamais agi de la sorte.
Troublé par son incapacité à répondre à ces questions, Ben décide de mener une expérience avec sa classe, expérience consistant à leur faire peu à peu abandonner leur libre-arbitre au profit d’un mouvement dont il serait le leader… Et à sa grande stupéfaction, ils se prennent (trop) rapidement au jeu – tout comme lui.
Le mouvement trouvera vite un slogan : « La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action ! » ainsi qu’un symbole et un nom : « La Vague ».

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Dans les années 60, les États-Unis sont encore – à raison – hantés par la monstruosité des actes perpétrés par les nazis lors de la Seconde Guerre Mondiale, et plus particulièrement par l’Holocauste : comment des milliers d’êtres humains ont-ils pu en torturer et massacrer des millions d’autres ?
De ce questionnement naitra – entre autre – l’expérience de Milgram, test psychologique (et pas de ceux que l’on retrouve dans Closer ou Gala) à base d’élèves, de professeurs, d’ordres et de (fausses) décharges électriques, cherchant à savoir si l’être humain, poussé par une figure d’autorité, est capable de faire du mal à autrui simplement parce qu’on le lui ordonne. (Spoiler alert : c’est le cas, et les résultats sont plutôt inquiétants… Mais je vous encourage à vous renseigner plus amplement là-dessus, c’est à la fois hyper simple et très intéressant !)
Si je vous parle de l’expérience de Milgram, ce n’est pas simplement pour étaler le peu de culture que je possède en matière de psychologie, mais parce que quelques années plus tard, une autre expérience similaire aura lieu, découlant du même questionnement mais se déroulant cette fois-ci dans un lycée américain : la troisième vague. Dont La Vague est la retranscription romancée.
Je ne vous en dis pas plus sur le déroulement de ladite expérience – puisque c’est ce que vous retrouverez dans le roman – mais les résultats finaux ont encore une fois été plutôt alarmants, et le professeur Ron Jones, à l’origine de la troisième vague, en parlera en ces termes : « Il s’agit de l’évènement le plus effrayant que j’aie jamais vécu dans une salle de classe. »

Voilà, après cette longue (mais selon moi nécessaire) mise en contexte, il serait temps d’en parler, de ce fichu roman !
Eh bien… Je l’aime beaucoup. Je trouve l’histoire fascinante, les personnages sont attachants, l’écriture est simple et fluide… Le seul problème que j’ai, c’est que je ne sais pas quelle part de cet amour je dois à Todd Strasser, l’auteur. Après tout, il n’a fait que romancer une histoire et des personnages déjà existants, qui avaient par ailleurs déjà été adaptés dans un téléfilm de 1981. Le roman de Todd Strasser serait donc l’adaptation de l’adaptation de l’expérience en elle-même… Et je ne sais pas où me situer par rapport à ça.
L’auteur a t-il eu à simplement recopier ce qu’il voyait ? Le travail lui a t-il été prémâché ? Ou a t-il fait de véritables recherches pour son œuvre ? Et est-ce qu’au final je ne me poserais pas trop de questions pour rien ? Eh bien je ne sais pas.

Ce que je sais en revanche, c’est qu’il y a tout de même quelque chose que je ne pourrais jamais retirer à Strasser : il a réussi à rendre l’œuvre – et donc l’expérience et tout ce qui s’en rapporte – extrêmement abordable, même pour les plus jeunes. Enfin, pour des collégiens. Ou des enfants de moins de dix ans très intelligents.
En choisissant de mettre en scène un décor et des personnages que l’on connait bien (pour ne pas dire stéréotypés) tels que la jeune rédactrice du journal du lycée qui n’a que des bonnes notes, son petit-ami le footballeur populaire ou encore le loser de la classe, cancre discret que tout le monde trouve bizarre, Todd Strasser permet au jeune lecteur de s’ancrer plus facilement dans un récit dont il n’a peut-être pas l’habitude, mais dont les protagonistes lui sont familiers.
Il en va de même pour le style : ici, pas de fioritures ou de décorations futiles : le sujet est plus important.
Avec une écriture simple, fluide, un peu d’humour et un nombre de pages très limité (deux-cent vingt pages dans mon édition de poche, écrit en gros caractères), les obstacles à la compréhension sont peu nombreux, et on va droit au but.
C’est d’ailleurs pour cela que, même si rien ne l’indique, La Vague est pour moi un roman jeunesse, que les enfants peuvent lire que les enfant devraient lire, puisqu’il n’est jamais trop tôt (ni trop tard) pour comprendre les dangers d’idées telles que le fascisme, le totalitarisme, le nazisme… Et surtout pour comprendre qu’il est bien plus facile de tomber du mauvais côté que ce que l’on croit… Afin de l’éviter.
(Eh, il suffit de voir les cours d’Histoire dans les écoles : une heure à parler de collaboration et de Résistance, et vous vous retrouvez avec une classe entière de gosses de dix ans qui vous affirment qu’ils auraient tous été des petits Jean Moulin en puissance.)

Parce que l’on en arrive enfin à ce que j’ai préféré dans La Vague : l’évolution psychologique des personnages.
Ça me fascine de voir à quel point il est facile de transformer une classe tout à fait banale en microcosme totalitaire, et je trouve ça très intéressant de voir les différentes raisons – pas toujours mauvaises – qui poussent les élèves à adhérer au mouvement :

■ le cancre de la classe, par exemple, adore La Vague : il y est enfin pris au sérieux par ses camarades puisque, pour une fois, il se trouve dans un domaine où il se débrouille bien mieux qu’eux

■ d’autres élèves se sentent appartenir à une communauté, un groupe uni où ils sont plus forts et où la course ridicule à la popularité n’a plus lieu d’être

■ d’autres encore n’apprécient pas le mouvent, mais la pression et la psychologie de foule l’emportent. Que faire lorsque tout le monde va à l’encontre de votre avis ? Devenir le mouton noir de la classe ? S’il y a bien une chose que nous ont appris les séries américaines, c’est qu’aux États-Unis, la réputation d’un lycéen vaut plus pour lui que… N’importe quoi.
Et puis après tout, pourquoi choisir de nager à contre-courant quand il est tellement plus facile de suivre la vague ?

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Parce que La Vague a beau être un roman très abordable et traité de manière plutôt « gentillette », après une telle lecture, une question, désagréable, de celle que l’on n’a pas envie de se poser, flotte tout de même dans l’air et trotte dans la tête pendant un long moment… Une question qui vaut autant pour l’expérience de la troisième vague que pour celle de Milgram, et que l’on peut même se poser lorsque l’on s’imagine les horreurs des guerres passées :
« Et si ç’avait été moi ? »

Ma déclaration d’amour à « Harry Potter »

Je m’appelle Marie, j’ai – à l’heure où j’écris ces lignes – vingt-et-un ans, et je suis fan de Harry Potter. Quelle originalité hein ?
Oui, comme des milliers d’autres, je me suis créée un compte sur Pottermore (pour perdre le mot de passe quelques jours plus tard), j’ai fait le test pour connaître ma maison, celui pour connaître mon Patronus, j’ai mon écharpe rouge à rayures jaunes, mon collier des Reliques de la Mort, mes livres sont jaunis et usés à force d’être lus et relus, et j’ai patiemment attendu la lettre qui m’enverrait à Poudlard. En vain, bien évidemment.
Harry Potter – la saga, pas le petit sorcier lunetteux que je ne peux imaginer autrement qu’avec le faciès de Daniel Radcliffe – a été pour moi une source d’émerveillement et de réconfort infinie, et c’est pour ça que je lui dédie cet article.

Je crois que j’avais sept ans quand j’ai découvert l’histoire du sorcier qui vit sous l’escalier. J’avais emprunté (sans intention de rendre) Harry Potter à l’école des sorciers à mon grand-frère, et ça a été le coup de foudre. Enfin je crois. C’était il y a plus de dix ans quand même. Mais ce que je sais, c’est que j’adorais ce livre, outrepassant même le règlement familial du « Dodo à 21h00 » pour pouvoir poursuivre ces aventures qui me passionnaient tant.
Les livres Harry Potter n’ont pas été les premiers que j’ai lus, évidemment, mais ils ont été mes premiers romans « de grands ». Je n’avais jamais connu ça auparavant. Je ne savais pas que des livres pouvaient autant me faire rire, pleurer, que je pouvais autant m’attacher à des personnages fictifs…
Aussi, la notion de « plot-twist » m’était totalement inconnue, alors je peux vous dire qu’à la fin de chaque livre, j’étais comme ça :

(« Keuwa, c’était le rat depuis le début ?! » – Marie, sept ans.)

Bref, quand j’ai découvert Harry Potter, ça a été… Magique. Sans mauvais jeu de mots.
La première rencontre avec le monde des Sorciers, sur le Chemin de Traverse, m’a juste émerveillée avec ses boutiques de balais volants, de baguettes magiques, de grimoires, d’animaux… Me dire que Londres recelait une partie secrète, pleine de sorciers, de créatures et d’objets magiques, cachée mais pourtant juste sous notre nez… C’était extraordinaire.
Et puis j’ai découvert Poudlard. Et j’ai rêvé d’étudier à Poudlard.

Certes, le risque de se faire pétrifier/manger l’âme/torturer/tuer (ou pire, renvoyer !) est un peu plus grand chaque année, mais outre ce détail insignifiant, Poudlard, ça pète la classe.

Enfin je veux dire… Apprendre des sorts géniaux, s’occuper d’un hippogriffe, participer assister aux matchs de Quidditch, passer des heures à la Bibliothèque ou dans la Salle Commune, avoir un hibou, ALLER A PRÉ-AU-LARD, FÊTER HALLOWEEN AVEC DES FANTÔMES !
Excusez-moi, mes vieux rêves d’enfance remontent, je m’emballe. Mais Poudlard, ça pète la classe.
Jamais aucun autre univers ne m’a autant donné envie de plonger dans les pages d’un livre… Je veux dire, LITTÉRALEMENT plonger dedans, et atterrir dans un autre monde. Et pourtant, ce n’est même pas ce que je préfère dans les romans de J.K. Rowling.
En effet, si j’ai eu envie de visiter le monde des Sorciers avec ses hiboux facteurs, son école magique et ses créatures, ce sont ses personnages qui m’ont donnée envie d’y vivre.

Comme je vous le disais juste ici, « personnages fictifs > personnes de la vie réelle ». Et ça n’a jamais été aussi vrai que dans Harry Potter.
La petite moi de sept ans (et celle de vingt-et-un ans) aurait rêvé aller en cours avec Harry, Ron et Hermione, les sécher avec Fred, George et Lee, rejoindre l’Armée de Dumbledore pour faire un pied de nez à Ombrage pour ensuite intégrer l’Ordre du Phénix aux côtés des plus grands sorciers tels que Sirius Black, Remus Lupin ou Nymphadora Tonks… Et tout ça, je l’ai en partie réalisé, grâce aux livres.
J’ai haï Voldemort, pardonné Rogue, pleuré la mort de Dobby, gagné la coupe des Quatre Maisons (chaque année) avec les Gryffondor…

Je n’ai jamais eu de problèmes dans mon enfance, mais quand il le fallait, Harry, Ron, Hermione et les autres étaient là pour moi. Et ils le sont toujours, d’une certaine manière, puisque je suis sûre que sans eux, je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui. (Eh oui, certains livres ont ce pouvoir.)

J.K. Rowling a un don pour créer des êtres réalistes, terriblement attachants, avec leurs qualités et leurs défauts, voire même leur part sombre, des personnages que l’on aimerait réels…
Mais d’ailleurs, le terme « personnages » leur convient-il encore ? Est-ce qu’ils ne deviennent pas, au fil des lectures et relectures, des amis, une famille, et même des ennemis faits autrement que d’encre et de papier ? 
Peu importe le nombre de romans que je lis, je ne me sens jamais aussi bien que quand je les retrouve, prête à repartir pour une aventure que je connais par cœur et que j’appréhende pourtant avec la même excitation que si c’était la première fois.
Poudlard est ma deuxième maison, et n’ai pas les mots pour exprimer à quel point ceux qui y vivent me sont précieux.

Alors oui, les romans, l’univers et les personnages m’ont émerveillée… Et ils m’ont brisé le cœur.
Quand je disais plus haut que je ne savais pas que des livres pouvaient autant me faire pleurer, je ne mentais pas : c’est devant Harry Potter que j’ai versé mes premières larmes de lectrices. Et que j’ai appris que mes personnages préférés pouvaient mourir. (Eh, de mes cinq personnages préférés, quatre trouvent la mort, et le dernier perd son oreille. Et son jumeau. Du coup je peux vous dire que j’ai retenu la leçon.)
Aussi, jamais quitter un livre ne m’a laissée avec un tel vide en moi, une telle tristesse de devoir quitter un monde et des personnages – de devoir quitter un foyer et des amis.
Quand je repose le dernier tome, je ne sais pas quoi faire. Je ne peux pas lire autre chose, pas après ça. Pas après avoir vu Harry, Ron Hermione et les autres grandir, combattre, aimer, perdre et gagner. J’ai grandi avec eux, je grandis un peu plus à chaque fois que je les retrouve, je ris et je pleure à leurs côtés, et même si pour certains tout ça n’est qu’une histoire, pour moi, c’est bien plus.
Et pour ça, je n’ai qu’un mot à dire : merci.