Une petite sélection de films d’horreur !

Aaah l’automne… La meilleure période de l’année qui soit.
Les couleurs ambiantes se réchauffent alors que les températures baissent drastiquement, c’est le temps des pulls aussi grands que confortables, des chocolats chauds et des après-midis à lire au son de la pluie… Mais c’est surtout la saison d’Halloween ! Et qui dit Halloween dit déguisements, bonbons, et bien évidemment, films d’horreur !

C’est de cette manière que commencent les trois quarts des articles consacrés aux films du genre que l’on peut trouver sur les blogs de l’Internet… Mais pas sur Moonlight Reads.
Parce que sur Moonlight Reads, pas besoin d’attendre les feuilles dorées ou les sucreries en cascade : ici, l’horreur, c’est tout au long de l’année, peu importe la saison ! Et si je vous ai déjà pas mal parlé de littérature horrifique, il est temps de passer au cinéma, avec une petite sélection de films qui vous feront dresser les cheveux sur la tête, qui vous feront vérifier qu’il n’y a pas de monstre sous votre lit, qui vous obligeront à dormir avec la lumière allumée… Bref, qui foutent les chocottes quoi. (Oh et, cette introduction est un peu foutue si vous la lisez en automne.) (Qui est effectivement la meilleure période de l’année qui soit.)
Trêve de bavardages, let’s go ! (Et je le précise au cas où, mais ce sont des films d’horreur, et certains sont plutôt malsains, donc pour public averti. N’allez pas me mettre sur le dos vos terreurs nocturnes !)

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Sinister : le plus mainstream

Sinister, c’est l’histoire d’Ellison, un auteur de romans policiers (interprété par l’excellent Ethan Hawke) qui n’a pas la vie facile en ce moment : son succès lui manque, sa femme lui prend la tête sous prétexte qu’il a légèrement omis de lui dire que les anciens propriétaires de leur nouvelle maison ont fini façon piñata à l’arbre du jardin, sa fille dessine des trucs chelous sur les murs et son fils refuse d’aller chez le coiffeur. Et souffre aussi de terreurs nocturnes super flippantes, du genre à le faire finir à la mode Exorciste dans un carton. Bref, ça ne va pas.
Heureusement pour Ellison, la nouvelle affaire sur laquelle il travaille se révèle être bien plus passionnante que ce à quoi il s’attendait… En effet, quand il trouve dans son grenier un carton rempli de bobines de films sur lesquels on peut voir plusieurs familles (dont celle des fameux anciens propriétaires) mourir dans des circonstances plutôt affreuses, il se dit qu’il est grand temps d’écrire un nouveau best-seller et décide de mener l’enquête par lui même.

Et moi, j’aime plutôt bien les histoires où le protagoniste mène l’enquête par lui-même. Ajoutez à ça quelques snuff movies bien malsains, une intrigue qui s’aventure peu à peu sur le terrain du surnaturel et une bande-son venue tout droit des tréfonds de l’enfer et vous obtiendrez mon film d’horreur préféré.
Parce que s’il ne révolutionne en rien le cinéma horrifique moderne, Sinister sort tout de même du lot en proposant à la fois une histoire intéressante et prenante avec des personnages travaillés (comme les Conjuring) ET des moments véritablement flippants et glauques, qui sortent le spectateur – même amateur du genre – de sa zone de confort (pas comme les Conjuring). Je veux dire, à peine le film lancé, la première scène nous révèle, au calme, une petite pendaison des familles. Littéralement. Le ton est donné : le film ne fera pas de cadeau. Ou si peu.

Enfin bon, je ne veux pas vous mentir, si Sinister est mon film d’horreur préféré, il n’est pas parfait : il a ses défauts, cédant parfois à quelques facilités d’écriture comme à de vilains jumpscares, et certains des autres films que je vais vous présenter sont objectivement meilleurs… Pourtant, s’il y a bien un domaine où aucun d’entre eux ne lui arrive à la cheville, c’est la musique.
Parce qu’aussi dérangeants que puissent être des films Super 8 vous montrant une famille se faire trucider sous vos yeux, la musique qui les accompagne est encore pire. Captivante, sombre, et avec ce qui ressemble parfois à des intonations inhumaines/démoniaques, la bande-son concède au film son « petit truc en plus », une atmosphère à la fois rêveuse et cauchemardesque qui ne laisse pas indifférent. (Même si le reste est également très bon, du travail de la tension à la révélation finale inattendue en passant par le jeu d’acteur d’Ethan Hawke.)

Bref, je vous conseille réellement de regarder Sinister, parce que c’est un film prenant, flippant, super cool, et que je n’ai pas d’idée de conclusion.

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It Follows : le plus paranoïaque

J’ai découvert It Follows au moment où je ne croyais plus au cinéma d’horreur moderne.
Comprenez-moi : c’était en 2015, je n’avais rien vu de bon depuis La Dame en noir et Sinister (sortis depuis plusieurs années déjà) et je venais en plus de m’enchaîner ces deux erreurs de la nature que sont Unfriended et Pyramide. Peu de gens peuvent se vanter d’avoir gardé la foi après ça.
C’est donc sans grande conviction que j’ai tout de même laissé sa chance à It Follows, pensant tomber sur un énième bousin sans intérêt… Et au final, grand bien m’en a pris : ce film m’a fait croire à nouveau en un cinéma horrifique post-2010 de qualité.

Je ne peux pas vous faire de long résumé de peur de trop en dire, mais sachez que le titre résume l’essentiel : dans It Follows, Jay, notre héroïne, se fait poursuivre.
« OK, mais encore ? » êtes-vous probablement en train de vous dire, ô lecteurs impatients… Eh bien, si je vous dit qu’elle se fait littéralement poursuivre tout le temps, sans répit, par une créature lente mais inarrêtable, qui peut prendre l’apparence qu’elle veut (celle de ses amis comme celle de parfaits inconnus) : le niveau du trouillomètre monte déjà de quelques crans, non ?

Avec un tel scénario, vous comprenez sans doute pourquoi je qualifie ce film de « paranoïaque » : on ne sait jamais à quelle distance de Jay se trouve « La Chose », ni même à quoi elle ressemble : n’importe quelle personne apparaissant en arrière-plan devient donc un potentiel suspect…
Bon, quand c’est une petite vieille flippante à l’air morne qui traverse les couloirs d’un lycée ou une jeune femme qui se balade à poil dans la rue, le doute n’est pas vraiment permis… Mais lorsque l’on voit une adolescente qui se promène de manière apparemment innocente dans un parc, se rapprochant peu à peu de notre protagoniste… Ou quand c’est cet homme en T-Shirt blanc, que l’on voit marcher droit derrière elle… On ne peut que ressentir notre estomac se nouer, notre gorge se serrer, et regarder la scène, impuissant, priant pour que ce ne soit pas « La Chose ».

Et il n’y a pas qu’avec la créature que le film nous fait douter de notre perception.
L’univers même dans lequel se déroule l’histoire est étrange : réaliste, mais avec un petit je-ne-sais-quoi de dérangeant, comme si quelque chose n’allait pas ou n’était pas à sa place… Par exemple, la temporalité est incertaine : on ne sait jamais si l’on se situe dans le passé, le présent ou le futur… Et où sont passés les adultes, absents durant la grande majorité du film, obligeant nos protagonistes adolescents à se débrouiller par eux-mêmes ?
Tout cela est très efficace pour mettre le spectateur légèrement (et parfois inconsciemment) mal à l’aise, avant même que l’horreur ne s’invite dans le récit.
Mais bien sûr, aucune de ces belles idées n’auraient vraiment d’intérêt si le tout n’était pas appuyé par une réalisation intelligente et très travaillée, une cinématographie superbe et une bande-son étrange et envoutante signée Disasterpeace, qui nous propose ici des morceaux en 8-bits parfois sinistres, parfois plus doux, parfois décalés, mais toujours inquiétants.

Le film nous fait douter, nous rend aussi paranoïaque que son personnage principal (si ce n’est plus car, à l’inverse de Jay, on peut voir ce qu’il se passe derrière son dos) et si It Follows ne fait au final pas très peur, il provoque tout de même un sentiment de tension permanent, chose dont peu d’autres films peuvent se vanter.

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The VVitch : le plus atmosphérique

Quel est le point commun entre un bébé et du beurre ? Regardez The VVitch et vous aurez la réponse.

1630, Nouvelle-Angleterre.
La jeune Thomasin et sa famille sont chassés du village puritain dans lequel ils habitaient après que William, le père, ait violemment critiqué les pratiques religieuses de la communauté.
La famille s’exile donc loin de toute civilisation, près de la forêt, où elle mène une vie pieuse et survit en cultivant tant bien que mal son lopin de terre.
Un jour, Samuel, le nouveau-né, disparait de manière inexplicable alors qu’il était sous la surveillance de Thomasin, et d’autres terribles évènements vont alors s’enchainer.
Ce que la famille ne sait pas, c’est que la forêt est loin d’être aussi inhabitée que ce qu’ils croient…

Bon, si vous avez fait anglais lv1 et que vous avez plus de dix ans, je ne pense pas trop vous spoiler en vous disant que ce qui se trouve dans les bois et qui fout la pétoche à la famille est… Une sorcière.
Ce qui est plus étonnant, c’est que cette dernière est au final peu présente dans le film, et qu’en fait… Elle aurait pu ne pas exister, le film m’aurait quand même bien foutu les chocottes.
Parce que The VVitch ne joue pas tant sur l’aspect « monstre », « surnaturel » ou « magie » auquel on pourrait s’attendre avec un tel titre, et ce qui rend le film si oppressant se résume en fait en deux mots : religion et isolation.

Bon, on est en Nouvelle-Angleterre, au XVIIème siècle, dans une famille puritaine… Vous vous doutez bien que la religion est ultra-présente : peu importe leurs malheurs, les personnages s’accrochent ardemment à leur Dieu, et pourtant… Qu’est-ce qu’ils le craignent.
Parce qu’ici, pas de : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ou de : « Dieu est amour », mais plutôt : « Tu mens ? Tu iras en enfer. Tu t’amuses un peu trop ? Tu iras en enfer. En fait peu importe ce que tu fais, tu iras en enfer comme ton nouveau-né de petit frère. » (La rime est involontaire.) (Celle-là aussi.)
Ce qui fait que nos personnages ont, de base, une vie de merde pleine de restrictions et de culpabilité, et sont déjà à deux doigts de tomber dans la paranoïa et l’hystérie… Si vous ajoutez à ça une terre qui ne fait rien pousser… Il ne manquerait plus qu’il y ait une sorcière dans les parages tiens.

En ce qui concerne l’isolation, la chose la plus évidente qui vient à l’esprit est le fait que la famille soit coupée du reste de la civilisation, à la lisière du monde sauvage, et obligée de vivre à l’endroit-même où le benjamin à disparu, sans possibilité de s’enfuir ou d’aller chercher de l’aide… Pourtant, ce n’est pas cette isolation qui m’a le plus angoissée, mais celle que vit Thomasin, l’aînée de la famille – interprétée par la géniale et fabuleuse et exceptionnelle Anya Taylor-Joy que j’aime terriblement et dont il me faudrait tout un article pour faire l’éloge.
Mise à l’écart – et probablement détestée – par sa mère depuis la disparition de Samuel, les choses ne vont pas aller en s’arrangeant pour la jeune fille ; quand des événements de plus en plus étranges vont se produire, elle va peu à peu perdre la confiance des autres membres de sa famille, s’attirer leurs accusations et leur haine – notamment à cause de cette paranoïa que leur foi exerce sur eux.
Thomasin est entourée de sa famille et, paradoxalement, terriblement seule. « Seule contre tous » comme on dit. Ce qui est encore plus difficile quand ce « tous » concerne votre père, votre mère, et vos frères et sœurs ; ceux-là mêmes qui sont censés vous aimer, vous aider et vous protéger… (C’est d’ailleurs un thème qui me met profondément mal à l’aise, mais dont on reparlera plus en détails dans un prochain article !)
Le spectateur sait pertinemment qu’elle est innocente et ne peut que regarder, impuissant, cette pauvre fille s’en prendre plein la gueule. Vous comprendrez aisément que l’atmosphère soit lourde et étouffante.

Aussi, si je vous ai dit que la sorcière et le surnaturel étaient peu présents, ils sont tout de même là, et nous offrent quelques images extrêmement dérangeantes qui, ajoutées au reste, font de The VVitch un excellent film d’horreur à ambiance qu’on a du mal à oublier. #lascèneducorbeau
(Oh et, je ne savais pas vraiment où placer ça, mais à l’instar d’Anya Taylor-Joy, Ralph Ineson, Kate Dickie et le jeune Harvey Scrimshaw sont tout bonnement excellents, et leur jeu d’acteur vaut vraiment le coup d’œil !)

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La Cabane dans les bois : le plus déjanté

La Cabane dans les bois, c’est une bande de cinq étudiants (un sportif, une idiote, deux intellos et un hippie) qui se baladent en van et partent en vacances dans une cabane isolée dans la forêt où ils vont tomber sur – je vous le donne en mille – des monstres. Bref, La Cabane dans les bois, c’est un épisode de Scooby-Doo où le canidé parlant est remplacé par Jackson Avery de Grey’s Anatomy et où les intestins se retrouvent partout, sauf à l’endroit où ils devraient être.
Et là, vous vous dites peut-être qu’il y a un problème : comment osé-je vous conseiller un film dont le résumé semble être le moins original de toute l’histoire du cinéma d’horreur ?
C’est vrai quoi, des jeunes idiots qui partent en vacances dans une maison isolée dans la forêt où l’alcool et les fluides corporels couleront à flot et où ils se feront poursuivre par une force malfaisante, on n’a pas vu ça depuis… Je sais pas moi, Vendredi 13 / Evil Dead / Massacre à la tronçonneuse / Détour mortel / Zombeavers / Cabin Fever / Sleepaway Camp
Pourtant, le film ne se contente pas de nous montrer des jeunes crétins se faire poursuivre par un monstre aussi lent que bête, et trucider de manière aussi originale que douloureuse, loin de là, et vous n’avez sûrement jamais rien vu qui ressemble à La Cabane dans les bois.

A la fois parodie et hommage du cinéma horrifique (d’où le pitch de base plus que banal), le film emprunte ses codes et clichés à de nombreux classiques du genre (en particulier à Evil Dead) et les détourne / explique à sa manière.
Mais si, vous savez, quand vous gueulez parce que le couple d’idiots en chaleur part faire l’amour dans les bois en pleine nuit, ou quand le groupe de crétins boutonneux (bon ça c’est faux, ils ont toujours une peau parfaite et dix ans de trop pour leurs rôles) décide de se SÉPARER comme les crétins boutonneux qu’ils sont ?
Ici, c’est montré, c’est expliqué, et c’est dénoncé d’une manière aussi originale que drôle… Et ça fait vraiment du bien.

Parce qu’honnêtement, La Cabane dans les bois est un vrai régal pour les fans du genre : à la fois divertissant et profond (si tant est que vous creusiez un peu), c’est un cocktail d’humour, de références et d’hémoglobine signé Drew Goddard et Joss Whedon, une véritable déclaration d’amour et de haine envers ce cinéma d’horreur qui nous pond souvent les mêmes scénarios aux personnages et monstres interchangeables – mais aussi une pique envers les spectateurs qui, eux, ne réclament aucun changement dans ce genre surcodifié.
(Oh et, je n’aime pas faire ça, mais si ça peut vous inciter à regarder, sachez que Chris Hemsworth et ses pectoraux font partie du casting. Et il y a une licorne aussi.)

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Le Secret des Marrowbone : le plus triste

Bah oui, parce que finir un article sans perdre un peu de dignité en vous avouant que j’ai pleuré à la fin, c’est pas drôle. Alors c’est parti.

Fuyant leur passé, Jack, ses frères, sa sœur et leur mère se réfugient à Marrowbone, une ferme isolée abandonnée depuis des années et dont ils reprennent le nom. Déjà affaiblie par une longue maladie que leur périple aura aggravée, la mère décède peu de temps après leur arrivée, laissant le sort de la famille entre les mains de Jack, pas encore majeur.
Pour ne pas être séparés, les enfants décident donc de cacher au monde la mort de leur mère, du moins jusqu’à l’anniversaire de Jack, date à laquelle il pourra devenir le tuteur légal de ses frères et sœur.
Si la vie à la ferme est plutôt douce, notamment grâce à leur rencontre avec la jeune Allie, les choses vont vite dégénérer quand le passé des Marrowbone va resurgir de la manière la plus terrible qui soit…

A la fois film d’horreur, drame familial et romance tragique, Le Secret des Marrowbone est un excellent film auquel je ne trouve, en toute honnêteté, aucun défaut. (Et qui m’a fait pleurer, oui.) (Surtout au second visionnage.)
Déjà, côté technique, il n’y a rien à dire : les images sont superbes, douces ou inquiétantes, parfois les deux selon le ton du film, et l’intrigue vous balance des rebondissements dans la tronche toutes les vingt minutes sans que ça ne nuise pour autant à la cohérence du récit. Bref, à ce niveau là, tout est parfaitement maîtrisé – et ce n’est même pas ce que le film a à offrir de meilleur.

Jack, Jane, Billy et Sam – interprétés respectivement par George MacKay, Mia Goth, Charlie Heaton et Matthew Stagg – forment une petite fratrie si adorable, si attachante qu’on ne peut que les aimer et souhaiter les voir réussir – sentiments d’autant plus renforcés par les terribles épreuves qu’ils ont subi et qui les rattrapent toujours. Ils sont incroyablement humains, touchants, réalistes, et c’est ce qui fait toute la force du film.
Et puis, il y a Allie. (musique divine)
Allie est une jeune bibliothécaire, la seule et unique amie que vont se faire les Marrowbone, et elle est géniale ; aussi douce et gentille que forte et courageuse, c’est pour moi la véritable héroïne du film. (Et non, je ne dis pas du tout ça parce qu’elle est interprétée par la superbe et fantastique et merveilleuse Anya Taylor-Joy, qu’est-ce que vous allez encore chercher comme bêtise…)
Vous l’aurez compris, j’ai absolument adoré les personnages du Secret des Marrowbone que je trouve tous très attachants… Même ce petit con de Tom – le comptable qui vous donne une urgente envie de le baffer pendant les trois quarts de l’histoire – n’est qu’un doux petit écureuil comparé au vrai méchant du film.

Parce que vous pouvez oublier la Chose d’It Follows, la sorcière de la forêt, et même ce BG de Mr Boogie : le vrai monstre est ici. Et il est abominable. Et aussi fort que j’aimerais vous en parler, pouvoir déverser toute la haine que ressens envers lui… Je ne peux pas. Parce qu’on entre sur le terrain du spoiler, et que Le Secret des Marrowbone est le genre de film qu’il ne faut pas se faire spoiler.

Pour résumer, Le Secret des Marrowbone est une magnifique histoire d’amour fraternel aussi sombre que touchante, un film inclassable qui peut aussi bien vous faire trembler que sourire ou pleurer. (Mais surtout pleurer, si vous êtes un(e) fragile comme moi.)

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Beaucoup d’autres films auraient pu atterrir dans cette liste, comme Scream, Paranormal Activity (les trois premiers) ou encore Insidious, mais par manque de temps, de place ou encore de choses intéressantes à dire dessus, j’ai décidé de ne pas les inclure… (Mais qui sait, peut-être qu’une autre petite sélection de films d’horreur verra le jour ? #suspens)
Il est donc temps pour moi de vous laisser vaquer à vos occupations, mais avant ça, je me dois vous poser une question, LA question, celle-là même posée par le fameux tueur pas très doué au masque blanc inspiré du Cri de Munch :

« Le Signal » : entre hommage et plagiat

Je veux bien l’admettre : Maxime Chattam est doué pour écrire des thrillers. Personnellement, pour le peu que j’ai pu lire de lui (c’est à dire Léviatemps et In Tenebris), je dois bien avouer que ce n’est pas ma came, je n’accroche pas du tout… Mais ses nombreux fans et son immense succès ne doivent pas venir de nulle part, alors soit, disons que je suis à côté de la plaque et que Maxime Chattam est doué pour écrire des thrillers.
Pour les histoires d’horreur, c’est autre chose.

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En s’installant à Mahingan Falls, Olivia et Tom Spencer s’attendaient à faire prendre un nouveau départ à leur famille, loin de la ville et de l’éprouvante carrière de présentatrice d’Olivia.
Évidemment, rien ne va se passer comme prévu.
Des disparitions inexpliquées, un enchaînement de meurtres abominables, des voix d’outre-tombe qui parasitent les signaux radiophoniques, et cette chose qui se met à poursuivre les enfants Spencer et leurs amis…
La famille, mais aussi Gemma, leur baby-sitter, et Ethan Cobb, le lieutenant dépassé de la ville, vont tout faire pour comprendre et déjouer la terrifiante menace qui s’abat sur cette petite commune au passé trouble.

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« Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un livre ? » nous demande, non sans prétention, la quatrième de couverture du Signal… Eh bien oui, cher bouquin, j’ai déjà eu peur en lisant un livre, c’est même généralement ce que je recherche dans mes lectures. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas avec toi que j’ai trouvé satisfaction.
Pour vous expliquer pourquoi, voici une citation de Stephen King (cœur cœur) tirée son essai Anatomie de l’horreurDanse Macabre en version originale :

« Je reconnais que la terreur est la plus raffinée de ces trois émotions […] et je m’efforce donc de terrifier le lecteur. Mais si je me rends compte que je n’arrive pas à le terrifier, j’essaie alors de l’horrifier ; et si ça ne marche pas non plus, je suis bien décidé à le faire vomir. Je n’ai aucune fierté. »

Et voilà le premier problème que j’ai rencontré dans ma lecture : Maxime Chattam ne terrifie pas le lecteur, il le dégoûte avec des mises en scène sordides… Tellement sordides qu’elles en deviennent parfois grotesques. (Je pense notamment au passage où une femme est lacérée à mort dans sa baignoire par ses rasoirs ; rasoirs qui sont, soit dit-en passant, comparés à des spermatozoïdes roses.)

Si j’ai choisi une citation de Stephen King pour illustrer mes propos, ce n’est pas (seulement) pour le plaisir de citer mon auteur préféré et de vous parler de lui dès que j’en ai l’occasion, c’est également parce qu’il est, d’une certaine manière, omniprésent dans Le Signal. Lui, mais aussi apparemment d’autres grands noms de l’horreur comme H.P. Lovecraft ou Graham Masterton… Je ne m’y connais pas assez pour avoir remarqué les « clins d’œil » faits à ces auteurs (sauf évidemment pour l’asile psychiatrique d’Arkham, qui porte le même nom que la ville imaginaire créée par Lovecraft), par contre, on peut dire que je m’y connais plutôt bien en Stephen King… Et combien de fois je me suis retrouvée à lever les yeux au ciel tant les références à ses œuvres sont visibles et pas subtiles pour un sou.
Je ne vais pas compter le groupe de gosses qui vivent des aventures estivales et se battent contre des forces qui les dépassent comme étant des références à la nouvelle Le Corps ou au Club des Ratés de Ça, sinon, tous les enfants présents dans les romans d’horreur seraient des plagiats du King… Par contre, quand lesdits gosses se mettent à combattre lesdites forces dans les égouts… Là ça devient un peu limite. Et la limite est carrément dépassée quand un des personnages du Signal dit qu’il vient de Derry, la ville fictionnelle créée par Stephen King dans laquelle se déroulent plusieurs de ses histoires, notamment Ça et Insomnie. (Il me semble qu’il est également fait référence à un « clown avec des ballons », mais si vous croyez que je vais retrouver ce roman à la bibliothèque et le relire juste pour vous le confirmer… Alors vous n’avez pas compris à quel point je n’ai pas aimé ce livre.)
Je vous passe rapidement les ̶p̶l̶a̶g̶i̶a̶t̶s̶ « clins d’œil » faits à Shining et à Simetierre (le père dramaturge en panne d’inspiration qui emménage dans une maison hantée et dont la découverte de vieux documents va encourager l’écriture de la prochaine pièce ; la famille qui prend un nouveau départ et rencontre un vieux et charmant voisin à l’accent prononcé et qui en sait bien plus que ce qu’il ne laisse paraître) et aux nombreux autres romans du King, sinon cet article serait bien trop long, et il faut passer à la suite !

Alors OK, soit, faisons-nous l’avocat du Diable : Maxime Chattam veut faire du Stephen King ? Je le comprends, il a bien raison : quitte à ressembler à quelqu’un, autant viser le haut du panier. Maintenant, pour faire une bonne histoire d’horreur, il ne suffit pas d’éparpiller des dizaines de références à d’autres romans à succès ici et là : il faut aussi que les personnages, l’histoire et l’atmosphère aient leur propre identité… On a déjà dit que pour l’ambiance, c’était raté, l’auteur préférant le gore à l’horreur, mais pour le reste, le Padawan est-il à la hauteur du maître ?

Le point fort de Stephen King est, selon moi, ses personnages : il réussit toujours à les rendre attachants ou intéressants, qu’il soient jeunes, vieux, gentils, exécrables, médecins , écrivains, collégiens… (Mais surtout écrivains, on ne va pas se mentir.)
Il est capable à la fois de se mettre dans la peau d’un retraité insomniaque, d’une collégienne mal dans sa peau, d’un gardien de prison dépassé par les évènements… Et de décrire leurs pensées et leur sentiments avec réalisme, justesse et complexité.
Ici, les personnages du Signal sont trop peu développés, unidimensionnels : la baby-sitter est sympa et mignonne ; le flic est un peu paumé et a un passif compliqué ; la mère est une sorte de Superwoman qui s’occupe de sa famille, de son travail et sauve les demoiselles en détresse des grands méchants violeurs dans la même journée… Et ils ne sont rien de plus. Rien de très original ni de complexe là-dedans.
Même les gosses (J’A-DORE les gosses dans les romans d’horreur, au cas où vous ne le sauriez pas encore) n’ont rien d’attachant et n’ont pas réussi à sauver le roman pour moi…

Et il en va de même pour l’histoire.
Non, en fait c’est encore pire pour l’histoire, parce que si je n’ai pas spécialement apprécié les protagonistes, l’intrigue m’a donné envie de m’arracher les cheveux : d’abord parce qu’il ne se passait rien, ensuite parce qu’il se passait trop de choses… Mais surtout parce que dans tous les cas, je m’ennuyais à mourir.
L’auteur a beau recourir aux scènes choquantes, à différents points de vue et aux enquêtes multiples et croisées… J’ai trouvé ça terriblement long et ennuyeux. Et quand l’ouvrage fait 750 pages, et que, comme moi, vous n’aimez pas abandonner une lecture en cours de route, ça fait mal aux fesses.
Tout ça pour un final qui ne m’a pas convaincue, qui tombe rapidement dans la surenchère et que je trouve peu crédible.
Bref, n’est pas Stephen King qui veut.

Bon, avec cette chronique plutôt salée, je n’ai pas été très tendre avec ce pauvre Maxime Chattam, voire même un peu vache… Pourtant en réalité, je n’ai rien contre le bonhomme ! Je suis sûre qu’il est très sympa (non en fait j’en sais rien) et je pense qu’il n’a plus grand-chose à prouver dans le paysage littéraire français, alors je vois au final ce roman comme un hommage très maladroit aux auteurs qu’il aime plus que comme un plagiat honteux… Mais au-delà de ça, Le Signal reste un roman qui m’aura profondément ennuyée, avec des personnages qui ne m’ont pas plu et une histoire trop longue ET tirée par les cheveux. Pour autant, je ne perds pas l’espoir de découvrir un roman de Maxime Chattam qui me plaira un jour, et j’ai même hâte de me plonger dans sa saga de l’Autre-Monde dont on ne cesse de me chanter les louanges…
Et qui sait, peut-être qu’un jour, je me trouverais moi aussi du côté des fans de celui que l’on surnomme le « Stephen King français » !

(À tort selon moi. He he.)

Flop pour « The Grip of It » de Jac Jemc

#bookstagram a encore frappé : après des semaines passées sur Instagram à voir ce livre dont les éloges tombaient par dizaines, et dans le mood pour lire une histoire de maison hantée, j’ai finalement acheté The Grip of It sur un coup de tête – mais avec une furieuse envie de le lire. C’est pour ça que, dès que je l’ai reçu, je me suis jetée dessus et l’ai fini en à peine une journée.  (Non en fait il a traîné des mois sur ma bibliothèque et j’ai mis DEUX SEMAINES à lire ce minuscule roman.)
Pourquoi avoir mis autant de temps ? Parce que je l’ai trouvé nul.
Pour tout vous dire, la seule chose que j’ai aimé dans ce livre, c’est sa couverture, que j’ai trouvé super belle. C’est tout.

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Un ennuyeux jeune couple, Julie et James, s’installe dans une nouvelle maison afin de s’éloigner des problèmes de jeu de James, mais aussi pour prendre un nouveau départ. 
Seulement, assez rapidement, il se passe des choses plutôt étranges : le couple trouve des espaces entre les murs de la maison, des tâches apparaissent un peu partout, dans la maison comme sur le corps de Julie, qui se couvre peu à peu d’ecchymoses.
Ensemble, ils vont tenter de trouver une réponse à ces événements, peut-être liés leur très étrange – et antipathique – voisin, mais ils vont également essayer de préserver leur couple et leur santé mentale.

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Mon premier problème avec ce roman, c’est que les personnages sont inintéressants au possible : ils nous sont, je trouve, mal présentés, et ont très peu de personnalité – surtout Julie.
Leur couple n’est pas attachant, ensemble ils ne sont ni drôles, ni mignons, on les sent à peine amoureux… C’est simple, si j’ai continué ma lecture, c’est avec l’espoir qu’ils allaient finir par se séparer, ou MIEUX, s’entre-tuer avant la fin du roman. Bon, je ne vais pas vous dire s’ils restent ensemble ou pas, mais niveau tuerie, je suis plutôt déçue. (En même temps, il se passe tellement peu de choses dans cette maison qu’avoir espéré un massacre me semble maintenant bien trop optimiste.)

Parce que c’est bien ça mon plus gros problème avec The Grip of It : c’est carrément ennuyeux. Les manifestations surnaturelles ne sont vraiment
pas intéressantes, on en attend plus et surtout… Ça ne fait pas peur. Et pour un roman d’horreur, c’est tout de même BALLOT. (Bon, d’accord, j’ai lu Shining, et peut-être que ça place la barre un peu haut pour les futures histoires de maisons hantées, mais quand même…)

La forme du roman ne m’a pas non plus convaincue, elle m’a même perdue parfois : les chapitres sont extrêmement courts et, au lieu de donner du rythme à la lecture, ne font que la couper dans son élan. En plus, ils sont écrits à la première personne, et on ne sait pas tout de suite de quel personnage on suit le point de vue : il faut attendre – parfois au bout de plusieurs lignes – un « James a fait ceci » ou « Julie m’a répondu » pour savoir qui est le narrateur, et ça empêche de s’immerger totalement dans le récit.

Vous l’aurez compris, je n’ai vraiment pas aimé ce roman, mais, dans un souci d’objectivité, je dois quand même dire que je l’ai lu en version originale – en anglais donc – puisqu’il n’est pas encore sorti en français, et que ça a pu jouer dans ma compréhension de certains passages…
Mais malgré ça, je pense que The Grip of It n’était pas du tout un roman pour moi – comme je l’avais cru au départ.

Patrick Baud et les « Histoires de Nuit »

Est-ce que vous connaissez Patrick Baud ? Mais si, l’homme à la voix d’or, celui qui vous fait découvrir des personnages extraordinaires, des lieux étranges, des histoires insolites (ou des personnages étranges, des lieux insolites et des histoires extraordinaires, ça marche aussi) sur sa chaîne YouTube « Axolot » (que je vous recommande plus que vivement) !
Eh bien, amateurs de littérature, de science-fiction, d’horreur et de voix apaisantes, bonne nouvelle pour vous ! Patrick Baud a un SoundCloud où il vous lit des histoires parfois étonnantes, parfois inquiétantes de grands noms de la littérature comme Jorge Luis Borges, Isaac Asimov ou Arthur C. Clarke ! C’est gratuit, c’est rapide – entre vingt et tente-cinq minutes par nouvelle – c’est varié et prenant, et surtout, c’est LU PAR PATRICK FUCKING BAUD  (jesuisfandecemecvousaviezremarqué?) !
Je l’ai découvert il y a quelques mois grâce à un ami – coucou Mimic si tu passes par là – et j’ai été conquise ! Ça m’a en plus permis de connaître mes premières histoires de Ray Bradbury et de Dan Simmons, deux grands noms de la science-fiction et de l’horreur que j’avais terriblement envie de découvrir !
C’est donc un gros coup de cœur qu’il fallait absolument que je vous partage, j’espère que vous y trouverez votre compte !
Je vous ai mis en dessous le nom, le résumé, et mon avis sur chacune des nouvelles proposées ! (Et bien sûr le lien vers le SoundCloud s’y trouve également !)

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La Bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borges

La fin de sa vie approchant, le narrateur nous conte l’histoire de cette Bibliothèque apparemment infinie. Elle contiendrait tous les livres de 410 pages, ceux écrits, ceux à venir, dans toutes les langues possibles et imaginables, et dont certains ont voulu percer les secrets…

Cette histoire est… Compliquée, et de toutes les nouvelles lues par Patrick Baud, j’avoue c’est celle où j’ai le moins accroché. (Revenez, je vous jure que j’ai adoré le reste !)
Il y a des termes compliqués, beaucoup de chiffres et de figures géométriques… C’est un vrai challenge pour l’imagination auquel je ne m’attendais pas la première fois que je l’ai écoutée. (On peut dire que je me suis… Perdue dans la Bibliothèque ?  *ba dum tss*)
Cette métaphore de la littérature est vraiment intéressante, tout comme son rapport avec l’Homme (qui ne fait que des conneries encore une fois), c’est juste qu’il faut vraiment se concentrer, et les pauses musicales entre certains passages sont vraiment les bienvenues.
Donc ne vous laissez pas décourager par cette première nouvelle, c’est vraiment la plus complexe, et si vous aimez les histoires plus simples et qui font frissonner, les autres sont là pour vous ! 

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Les Neuf Milliards de noms de Dieu d’Arthur C. Clarke

Dieu a un nom. Il en a même plusieurs en fait, composés de neuf caractères maximums, et des moines bouddhistes ont entrepris de les découvrir selon un système de codage qu’ils ont mis au point.
Le problème, c’est que l’opération prend du temps, et ils sont déjà au travail depuis plus de trois cents ans…  C’est pour cela qu’ils vont faire l’acquisition d’un supercalculateur qui, en cent jours, pourra imprimer l’ensemble des combinaisons possibles.
Nos deux protagonistes, des informaticiens plutôt sceptiques, les accompagnent au Tibet pour installer et programmer la machine, sans se douter de ce qu’il risque de se produire si les moines parviennent à accomplir leur mission…

J’ai BEAUCOUP aimé celle-ci. Bien que le postulat de départ soit pour le moins… Étrange, et puisse sembler de prime abord plutôt compliqué, on suit le personnage de Wagner, un occidental qui n’y connaît pas grand-chose à la mission des moines – et qui ne cherche pas non plus à en savoir plus.
La grande réussite de cette nouvelle est – pour moi – sa phrase de fin, belle et terrible à la fois… Et c’est frustrant, mais je ne peux évidemment pas en dire plus. (Allez écouter ça et on en reparlera, he he.)
L’écriture d’une nouvelle est loin d’être une mince affaire, mais je pense que c’est totalement réussi pour Arthur C. Clarke : ses personnages sont établis, son histoire compréhensible et sa chute surprenante !
(Par contre… Le « lama » dont il est question dans l’histoire… C’est le Dalaï-lama. N’allez pas vous imaginer une histoire surréaliste avec un camélidé parlant pendant la moitié du récit avant de finalement comprendre et de vous sentir idiot(e)… Oui comme moi oui…)

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La Trappe de Ray Bradbury

C’est étrange… Alors qu’elle habite cette maison depuis plus de dix ans, Clara Peck ne la remarque qu’aujourd’hui… La trappe, dans le plafond. Ce qui est encore plus étrange, c’est que cette nuit-là, elle entend des bruits qui viennent du plafond, des bruits faibles d’abord, mais qui deviennent avec le temps de plus en plus forts. Des souris ? Des rats ? Ou quelque chose d’autre, de plus gros et de plus effrayant ?

Cette nouvelle est bien trop cooool ! Elle est prenante pendant tout le récit et sa fin ne déçoit pas !
Les personnages sont – étonnamment – plutôt développés pour une histoire aussi courte : on arrive à cerner leur caractère, une partie de leur physique et de leur vie sans que ce ne soit trop pour autant.
Contrairement à La Bibliothèque de Babel, il n’y a pas un énorme travail d’imagination à fournir, tout est très bien décrit, ça aide à s’immerger encore plus dans le récit, et puis c’est TROP BIEN que ce soit le genre d’histoires où, quand une personne extérieure arrive, les événements surnaturels ne cessent pas d’un coup pour faire penser que le protagoniste est fou…
Voilà, je n’ai pas grand-chose d’autre à dire, j’ai adoré cette histoire ! Ray Bradbury est définitivement un auteur que je lirai dans un futur proche !

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La Dernière Question d’Isaac Asimov

Six périodes différentes, durant lesquelles l’Homme évolue, conquiert l’espace, se multiplie à une vitesse effarante, se libère de son enveloppe charnelle pour ne devenir d’un esprit flottant dans l’Univers… Six périodes, et pourtant, toujours la même question posée à l’ordinateur Multivac sur l’avenir de l’Humanité. Une question qui reste sans réponse… Ou presque.

Attention, on revient dans quelque chose d’un peu plus complexe !
(Entre autre parce que la fin de l’histoire se déroule dans un futur si lointain que le temps, la matière et l’espace n’existent plus, et ça, c’est pas facile de se le représenter.)
Asimov aborde ici des thématiques chères à la science-fiction avec notamment la conquête de l’espace, l’expansion toujours plus rapide et problématique de l’espèce humaine, le rapport aux technologies, qui prennent de plus en plus de place dans la vie des Hommes… Tout ça, c’est très intéressant, mais d’une certaine manière très flippant aussi.
La nouvelle est longue, elle semble parfois trop longue tant on a envie de savoir la fin, de connaître la réponse à cette fameuse question, de voir comment l’auteur va se débrouiller pour finir cette histoire qui semble impossible à conclure de manière satisfaisante… Et…
Et encore une fois, c’est une très bonne fin selon moi ! Une fin qui vous nique abîme un peu le cerveau, certes, mais qui m’a personnellement convaincue ! Le papa de la science-fiction a frappé fort avec cette nouvelle !

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Le Styx coule à l’envers de Dan Simmons

En cette belle journée de juin, un jeune garçon attend avec son père, son frère et d’autres grandes personnes. Sa mère est morte il y a peu de temps, et aujourd’hui, c’était l’enterrement. Alors il attend. Parce que quand les médecins en auront fini avec elle, elle reviendra à la maison. Vivante… Mais pas tout à fait comme avant…

Le meilleur pour la fin ? Je ne sais pas pour d’autres, mais pour moi, cette nouvelle a été LE coup de cœur !
Cette histoire a tout ce que j’aime : un protagoniste enfant et des créatures pas tout à fait humaines, juste assez différentes pour que ça en devienne de plus en plus inquiétant et malsain… Le tout dans un univers très réaliste où le fantastique et l’horreur prennent peu à peu leur place, de manière subtile. Et puis, dans un sens (un sens un peu tordu certes), on peut voir ça comme l’histoire émouvante d’un petit garçon qui aime juste beaucoup sa maman. Même si elle est différente. (En plus ça m’a rappelé Simetierre qui est tout de même mon roman préféré de Stephen King, donc ça a bien évidemment aidé à conquérir mon petit cœur de lectrice de trucs horribles.)
Je n’ai vraiment pas grand-chose d’autre à rajouter : c’est un sans-faute, et ça me prouve que Dan Simmons a tout à fait sa place dans les grands noms de la littérature horrifique.

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Voilà pour les cinq nouvelles !
Je vous laisse le lien du SoundCloud juste ici : 
https://soundcloud.com/patrick-baud/sets/histoires-de-nuit pour que vous vous fassiez votre propre opinion, et je vous souhaite une bonne écoute ! (Et encore merci à Patrick Baud – qui ne lira jamais cet article – de mettre sa voix au service de la littérature. Ce mec est en or, moi je vous le dis.)

« Carrie », le premier roman de Stephen King

Carrie White a dix-sept ans, elle n’est pas jolie, n’a pas d’amis, et elle est loin d’avoir une vie heureuse. Entre sa mère fanatique qui la punit régulièrement et les moqueries incessantes de ses camarades de classe, chaque jour est une torture à laquelle elle ne peut échapper.
Mais ce qu’il faut aussi savoir sur Carrie White, c’est qu’elle a depuis toujours un « don » enfoui en elle, celui de pouvoir déplacer les objets par la pensée, qui se réveille soudainement le jour où elle a ses premières règles.
D’abord effrayée par ce pouvoir, elle va peu à peu tenter de le contrôler, sans se rendre compte de la force destructrice qu’elle possède en elle…

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Je connaissais le début, je connaissais la fin, et je connaissais en partie ce qu’il y avait entre les deux. Et pourtant, qu’est-ce que j’ai adoré ! Pour un premier livre c’est excellent, et je comprends comment Stephen King a réussi à devenir l’un des auteurs les plus incontournables de sa génération !

La forme du roman, qui alterne entre passages narratifs, témoignages, extraits de livres scientifiques… est excellente !
En plus de nuancer l’histoire en nous offrant plusieurs points de vue, elle nous la rend aussi terriblement crédible, le tout en nous donnant des informations qu’il aurait été impossible de connaitre autrement (ou de manière peu convaincante si l’oeuvre avait été sous forme de roman « classique »).
Quant à l’intrigue, vous la connaissez sûrement – au moins en partie – elle est très bonne, touchante et tragique, originale malgré sa simplicité.
Entre pouvoirs psychiques, scènes de chaos (jouissives comme King sait les écrire), fanatisme religieux, dénonciation du harcèlement scolaire et de la maltraitance faite aux enfants… Il n’y a que du bon là-dedans ! (Enfin, pas dans le sens où le fanatisme ou la maltraitance sont de « bonnes choses » hein, ce sont juste des thèmes que j’aime voir être abordés et/ou dénoncés dans les romans. Peut-être pour ça que j’aime tant les romans de King tiens.)

Bon, je dois avouer que je ne me suis pas totalement attachée au personnage de Carrie (qui se laisse un peu trop faire à mon goût, du moins au début de l’histoire), mais il est impossible de se la représenter comme un monstre, ce que tout le monde pense d’elle à la fin du roman. Elle respire une sorte de candeur, de naïveté, et malgré tout ce qu’elle peut faire d’atroce (ne me regardez pas comme ça, vous savez tous comment ça se termine) on ne peut même pas lui en vouloir… Eh, on est même parfois un peu de son côté !
Et puis, il faut rendre à King ce qui appartient à King : pour un homme de vingt-six ans, il a réussi à écrire un personnage féminin adolescent avec une grande justesse !
Certains qualifient ce roman de « féministe », et ils n’ont peut-être pas tort !

Si Carrie ne m’a pas autant attendrie, c’est peut-être parce que deux autres personnages m’ont bien plus intéressée : Sue Snell et Tommy Ross. (Pauvre Carrie, même dans ton propre roman tu te fais voler la vedette par des élèves plus populaires…)
La première est très touchante dans sa tentative de se faire pardonner par Carrie après lui avoir fait une – très – mauvaise « blague ». Cette lycéenne populaire, qu’on voit tout d’abord comme une petite peste s’en prenant avec ses amies à une jeune fille sans défense, se révèle être simple, mature, profondément gentille (au final), bien plus complexe que ce que l’on imagine d’elle au premier abord.
Quant à Tommy, il est juste gentil.
Quoi, c’est tout ?
Oui, il est juste gentil, mais de manière totalement désintéressée, comme seulement peu de gens le sont, et ça fait du bien de voir l’un des élèves les plus populaires loin du cliché « populaire = superficiel = méchant ».
Donc Sue et Tommy sont pour moi les meilleurs personnages du livre, à l’opposé des clichés et des personnalités unidimensionnelles que l’on retrouve généralement avec ce genre de personnages « stars » du lycée. (Et le couple qu’ils forment est tout de même adorable tout plein.)

Mais si l’auteur a réussi à capter toute la gentillesse et la candeur dont peuvent être capables les adolescents, il nous montre encore plus à quel point ils peuvent être cruels, en la personne de Chris Hargensen et de Billy Nolan, son petit ami. (Là c’est même plus des claques qui se perdent, c’est carrément des internements en prison.)
Mais bon, King est aussi très bon pour créer des humains absolument abjects, et ce à n’importe quel âge, donc ce n’est pas une surprise. (Ceux qui ont lu Ça savent de quoi je parle.) 
Et en parlant d’humains abjects, Margaret White, la mère de Carrie, est assez terrifiante elle aussi, de par son fanatisme religieux et son ultra-puritanisme écœurant. J’aurais juste aimé qu’elle soit un petit peu plus développée.

Parce qu’en fait, le seul petit bémol de ce livre, c’est qu’il est trop court.
J’aurais aimé détester la mère de Carrie encore plus, j’aurais aimé d’autres témoignages sur l’enfance de Carrie pour mieux la comprendre et m’y attacher, j’aurais aimé connaître un peu plus les élèves du lycée de Chamberlain avant d’assister à leur fin tragique… Mais bon, est-ce que c’est réellement un reproche que je fais au livre, de dire que je l’ai tellement aimé que j’en veux plus ?