Ma déclaration d’amour à « Harry Potter »

Je m’appelle Marie, j’ai – à l’heure où j’écris ces lignes – vingt-et-un ans, et je suis fan de Harry Potter. Quelle originalité hein ?
Oui, comme des milliers d’autres, je me suis créée un compte sur Pottermore (pour perdre le mot de passe quelques jours plus tard), j’ai fait le test pour connaître ma maison, celui pour connaître mon Patronus, j’ai mon écharpe rouge à rayures jaunes, mon collier des Reliques de la Mort, mes livres sont jaunis et usés à force d’être lus et relus, et j’ai patiemment attendu la lettre qui m’enverrait à Poudlard. En vain, bien évidemment.
Harry Potter – la saga, pas le petit sorcier lunetteux que je ne peux imaginer autrement qu’avec le faciès de Daniel Radcliffe – a été pour moi une source d’émerveillement et de réconfort infinie, et c’est pour ça que je lui dédie cet article.

Je crois que j’avais sept ans quand j’ai découvert l’histoire du sorcier qui vit sous l’escalier. J’avais emprunté (sans intention de rendre) Harry Potter à l’école des sorciers à mon grand-frère, et ça a été le coup de foudre. Enfin je crois. C’était il y a plus de dix ans quand même. Mais ce que je sais, c’est que j’adorais ce livre, outrepassant même le règlement familial du « Dodo à 21h00 » pour pouvoir poursuivre ces aventures qui me passionnaient tant.
Les livres Harry Potter n’ont pas été les premiers que j’ai lus, évidemment, mais ils ont été mes premiers romans « de grands ». Je n’avais jamais connu ça auparavant. Je ne savais pas que des livres pouvaient autant me faire rire, pleurer, que je pouvais autant m’attacher à des personnages fictifs…
Aussi, la notion de « plot-twist » m’était totalement inconnue, alors je peux vous dire qu’à la fin de chaque livre, j’étais comme ça :

(« Keuwa, c’était le rat depuis le début ?! » – Marie, sept ans.)

Bref, quand j’ai découvert Harry Potter, ça a été… Magique. Sans mauvais jeu de mots.
La première rencontre avec le monde des Sorciers, sur le Chemin de Traverse, m’a juste émerveillée avec ses boutiques de balais volants, de baguettes magiques, de grimoires, d’animaux… Me dire que Londres recelait une partie secrète, pleine de sorciers, de créatures et d’objets magiques, cachée mais pourtant juste sous notre nez… C’était extraordinaire.
Et puis j’ai découvert Poudlard. Et j’ai rêvé d’étudier à Poudlard.

Certes, le risque de se faire pétrifier/manger l’âme/torturer/tuer (ou pire, renvoyer !) est un peu plus grand chaque année, mais outre ce détail insignifiant, Poudlard, ça pète la classe.

Enfin je veux dire… Apprendre des sorts géniaux, s’occuper d’un hippogriffe, participer assister aux matchs de Quidditch, passer des heures à la Bibliothèque ou dans la Salle Commune, avoir un hibou, ALLER A PRÉ-AU-LARD, FÊTER HALLOWEEN AVEC DES FANTÔMES !
Excusez-moi, mes vieux rêves d’enfance remontent, je m’emballe. Mais Poudlard, ça pète la classe.
Jamais aucun autre univers ne m’a autant donné envie de plonger dans les pages d’un livre… Je veux dire, LITTÉRALEMENT plonger dedans, et atterrir dans un autre monde. Et pourtant, ce n’est même pas ce que je préfère dans les romans de J.K. Rowling.
En effet, si j’ai eu envie de visiter le monde des Sorciers avec ses hiboux facteurs, son école magique et ses créatures, ce sont ses personnages qui m’ont donnée envie d’y vivre.

Comme je vous le disais juste ici, « personnages fictifs > personnes de la vie réelle ». Et ça n’a jamais été aussi vrai que dans Harry Potter.
La petite moi de sept ans (et celle de vingt-et-un ans) aurait rêvé aller en cours avec Harry, Ron et Hermione, les sécher avec Fred, George et Lee, rejoindre l’Armée de Dumbledore pour faire un pied de nez à Ombrage pour ensuite intégrer l’Ordre du Phénix aux côtés des plus grands sorciers tels que Sirius Black, Remus Lupin ou Nymphadora Tonks… Et tout ça, je l’ai en partie réalisé, grâce aux livres.
J’ai haï Voldemort, pardonné Rogue, pleuré la mort de Dobby, gagné la coupe des Quatre Maisons (chaque année) avec les Gryffondor…

Je n’ai jamais eu de problèmes dans mon enfance, mais quand il le fallait, Harry, Ron, Hermione et les autres étaient là pour moi. Et ils le sont toujours, d’une certaine manière, puisque je suis sûre que sans eux, je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui. (Eh oui, certains livres ont ce pouvoir.)

J.K. Rowling a un don pour créer des êtres réalistes, terriblement attachants, avec leurs qualités et leurs défauts, voire même leur part sombre, des personnages que l’on aimerait réels…
Mais d’ailleurs, le terme « personnages » leur convient-il encore ? Est-ce qu’ils ne deviennent pas, au fil des lectures et relectures, des amis, une famille, et même des ennemis faits autrement que d’encre et de papier ? 
Peu importe le nombre de romans que je lis, je ne me sens jamais aussi bien que quand je les retrouve, prête à repartir pour une aventure que je connais par cœur et que j’appréhende pourtant avec la même excitation que si c’était la première fois.
Poudlard est ma deuxième maison, et n’ai pas les mots pour exprimer à quel point ceux qui y vivent me sont précieux.

Alors oui, les romans, l’univers et les personnages m’ont émerveillée… Et ils m’ont brisé le cœur.
Quand je disais plus haut que je ne savais pas que des livres pouvaient autant me faire pleurer, je ne mentais pas : c’est devant Harry Potter que j’ai versé mes premières larmes de lectrices. Et que j’ai appris que mes personnages préférés pouvaient mourir. (Eh, de mes cinq personnages préférés, quatre trouvent la mort, et le dernier perd son oreille. Et son jumeau. Du coup je peux vous dire que j’ai retenu la leçon.)
Aussi, jamais quitter un livre ne m’a laissée avec un tel vide en moi, une telle tristesse de devoir quitter un monde et des personnages – de devoir quitter un foyer et des amis.
Quand je repose le dernier tome, je ne sais pas quoi faire. Je ne peux pas lire autre chose, pas après ça. Pas après avoir vu Harry, Ron Hermione et les autres grandir, combattre, aimer, perdre et gagner. J’ai grandi avec eux, je grandis un peu plus à chaque fois que je les retrouve, je ris et je pleure à leurs côtés, et même si pour certains tout ça n’est qu’une histoire, pour moi, c’est bien plus.
Et pour ça, je n’ai qu’un mot à dire : merci.

« 54 minutes » de Marieke Nijkamp

10h00. C’est le début du semestre au lycée d’Opportunity dans l’Alabama. Chacun vaque à ses occupations et a ses propres inquiétudes.
Claire, sportive de haut niveau, s’entraîne sur la piste gelée en pensant à sa future carrière militaire.
Tomàs et son meilleur ami Fareed ratent le discours d’encouragement de la principale pour se faufiler dans son bureau.
Autumn, elle, ne rêve que de fuir la ville, son père et son frère, violents, pour aller en école de danse.
Sylvia, sa copine, n’est pas encore prête à la voir partir.
Quant à Tyler… Tyler ne souhaite qu’une chose : qu’on l’écoute. Et pour ça, il est prêt à tout, surtout à tuer
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Vous l’aurez peut-être compris en lisant mon résumé, d’autres avis, ou même en voyant la couverture du roman qui est plutôt explicite : ce livre nous plonge en pleine fusillade dans un lycée des États-Unis.
Et le verbe « plonger » n’est pas choisi au hasard ; on est en apnée durant certains passages tant la tension et le suspens sont énormes ! Et comme on ne connaît pas les pensées de (ce CONNARD de) Tyler, on ne sait jamais qui va vivre et qui va mourir, au niveau des personnages secondaires comme des principaux.

Et d’ailleurs, parlons-en des personnages : 54 minutes est un roman choral et, durant les 54 terribles minutes que vont durer la tuerie, on connaît les moindres pensées, faits et gestes des quatre protagonistes Claire, Tomàs, Autumn et Sylvia. Si le roman choral peut en dérouter ou décourager certains, pour moi c’est totalement l’inverse, d’autant plus que les personnages sont le gros point fort de ce roman.
Ils sont tous variés et très attachants, de par leur histoire difficile, leur courage, et surtout l’amour qu’ils se portent les uns aux autres.
Et je ne parle pas que des personnages principaux ! La même remarque est valable pour certains personnages secondaires comme Fareed, le meilleur ami de Tomàs donc, ou Matt, le jeune frère de Claire.

Les quatre voix principales ne sont d’ailleurs pas les seules à nous raconter la tuerie puisqu’entre chaque chapitre, quelques pages nous montrent les messages envoyés sur les réseaux sociaux : des tweets, des SMS, ou encore des articles de blogs permettent de poser un autre regard – souvent plus extérieur – sur la situation.
Il y a les tweets d’avant la fusillade, banals, où les élèves s’ennuient. Puis, les premiers coups de feu retentissent, certains demandent de l’aide au monde extérieur, pendant que le monde extérieur pense tout d’abord à un canular. Ensuite, certains veulent savoir ce qu’il se passe dans le lycée, d’autres implorent des nouvelles de leurs proches, puis arrive la presse, à l’affût du moindre scoop, toujours plus insistante…
La situation dégénère, et le lecteur est témoin, impuissant, de tous ces proches dont la tristesse et l’inquiétude augmentent peu à peu jusqu’à devenir insoutenable. 

Arrive enfin l’épilogue, il y a beaucoup moins de voix, certaines se sont définitivement tues.
C’est le moment du bilan, c’est émouvant, mais c’est aussi le moment où les survivants se rassemblent, c’est la vie qui continue… C’est beau putain. Mais qu’est-ce que c’est triste.
Parce que oui, au cas ou vous en douteriez, l’histoire de gosses qui se font fusiller un à un par un malade, c’est vraiment triste.
Et, même si, honnêtement, j’ai vu les ficelles de l’auteure, je sais évidemment que les personnages, les témoignages, le moindre mot est choisi – entre autre – pour faire vibrer la corde sensible chez le lecteur… Bah oui bon, j’ai versé une larme (et même DES larmeS) à la fin. Voilà, c’est dit. (Ne me jugez pas.) (Je dis que je pleure dès ma première critique, bravo la belle image qu’on va se faire de moi.)

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Bref, vous l’aurez compris, pour moi, 54 minutes est un énorme coup de cœur, c’est un très bon premier roman de Marieke Nikjamp, qui est une auteure que je vais suivre de plus près.
Alors si le roman à plusieurs voix ne vous fait pas peur, si vous êtes prêts à plonger en enfer durant 54 minutes, je vous conseille énormément ce livre qui traite d’un sujet tragique mais qui sera malheureusement TOUJOURS d’actualité. (Mais munissez-vous d’un mouchoir. Ou pas, bande d’insensibles.)