Comment la saga « Harry Potter » a changé vos vies

Vingt ans d’existence, sept livres, huit films, des centaines de millions d’exemplaires vendus et probablement plus de fans encore… Il est évident que la saga du petit sorcier à la cicatrice à changé le paysage littéraire – et cinématographique – à tout jamais… Et ce qui est également sûr, c’est que Harry Potter et ses amis ont également contribué à changer la vie de beaucoup d’entre nous, et j’en ai pour preuves quelques témoignages que je vous propose de découvrir aujourd’hui !

.

« J’ai commencé à apprendre l’anglais grâce à J.K. Rowling. Forcément, il fallait que je sache écrire une lettre à mon auteure préférée. »

J’ai commencé à lire de manière intense grâce à Harry Potter. Je me souviens très bien : pour Noël, mes parents m’ont acheté le coffret des cinq premiers romans en grand format. Je n’étais même pas encore, à ce moment-là, une grande fan. J’ai mis mon nez dans le premier roman le 25 décembre, j’ai enchaîné et j’ai avalé les quatre tomes suivants en quelques semaines (à douze ans, je ne lisais pas si vite que maintenant). À partir de là, j’ai commencé à acheter tous les magazines, on ne voyait plus mon papier peint. Bien entendu, l’incontournable blog est apparu et a tenu pendant quelques années.

J’ai grandi, les posters se sont décrochés de mes murs, ma passion s’est moins faite sentir physiquement mais jamais je n’ai cessé d’aimer cette saga.

J.K. Rowling m’a ouvert les yeux sur la littérature fantastique. J’ai été émerveillée par les décors, les personnages, l’intrigue. Je garde d’excellents souvenirs de toutes mes lectures et écoutes. Ce sont les seuls livres que je peux relire en découvrant encore des détails. Sa plume a un effet incroyable sur moi. Elle me replonge dans un univers dont je ne me lasserai jamais. C’est mon refuge. Lorsque quelque chose ne va pas, je lis, je regarde ou j’écoute un tome et ça va mieux.

J’ai commencé à apprendre l’anglais grâce à J.K. Rowling. Forcément, il fallait que je sache écrire une lettre à mon auteure préférée. J’ai appris, lu, écouté et visionné tout ce qui me tombait sous la main. Aujourd’hui, je suis bilingue et je ne regrette absolument pas d’avoir persévéré et d’avoir buté sur tous les mots de ma saga préférée.

Ma lettre est précieusement cachée dans ma boite à souvenirs.

– Pauline, du blog Satine’s books

.Q

.

« C’est dans la grande salle qu’il m’a demandé de l’épouser. »

Quand les premiers livres et le premier film sont sortis en France, mon côté « c’est populaire donc j’ai pas l’intention de m’y intéresser » a pris le dessus, et je faisais tout mon possible pour éviter les sujets qui parlaient du binoclard et sa fichue baguette magique…
Un jour une copine est venue dormir à la maison, et elle avait apporté le DVD de « l’École des Sorciers » parce qu’elle était à fond dedans. Comme je suis une personne gentille, j’ai eu envie de lui faire plaisir et donc nous avons regardé le film, même si au départ l’idée me branchait vraiment moyen…
Non seulement j’ai adoré le film, mais je suis tombée dedans de manière irréversible ce jour-là. J’ai foncé à la bibliothèque du collège emprunter les trois premiers tomes qui étaient déjà sortis, et j’ai piaffé d’impatience pour la suite !

Les livres sortaient au fur et à mesure que mes amis et moi grandissions, on avait le même âge que Harry à chaque nouveau tome, ça aidait énormément à s’identifier et à s’attacher encore plus aux personnages. Je les ai lus et relus, découvrant de nouvelles choses à chaque fois. Même encore aujourd’hui je me surprends parfois à relever des détails qui m’avaient échappés jusque-là. (C’est assez hallucinant la façon dont l’histoire a été ficelée pour qu’une simple phrase du premier tome te conduise au dénouement du septième quand tu y fais bien attention !)

A la fin de mes études j’ai fait une année de cours en alternance sur Paris, alors que je suis originaire de Dijon. Le fait de partir de chez moi a été assez difficile à vivre au début, j’ai alors relu tous les livres. J’avais hâte de rentrer de cours pour me replonger dans cet univers, et je pense sincèrement que ça m’a aidée à tenir, entre l’éloignement, la solitude éprouvée de ne pas rentrer « à la maison » le soir, la charge de travail et le stress.

J’ai fini mes études en 2013 et je suis entrée dans la « vie active », délaissant un peu mes passions pour essayer de me construire un début de carrière. J’ai replongé en 2015, lorsque j’ai appris qu’une équipe de Muggle Quidditch était en train de se monter dans ma ville. Je les ai rejoints immédiatement, malgré mes très très faibles compétences sportives. L’avantage avec une structure associative, c’est que tout le monde peut y trouver sa place : je me suis donc investie non pas sur la pratique elle-même, mais sur toute la logistique autour. J’ai géré l’administratif, les déplacements en tournois, organisé le premier tournois dijonnais… J’y ai vraiment consacré beaucoup de temps ces trois dernières années.

Trois semaines après mon arrivée dans l’équipe de Quidditch, nous avions recruté pas mal de nouveaux joueurs. Un en particulier, pas spécialement sportif mais grand fan de Harry Potter aussi, m’a quelque peu tapé dans l’œil (au sens propre comme au figuré, c’est un sport violent).
Bref, de fil en aiguille nous nous sommes beaucoup rapprochés. Aujourd’hui nous sommes ensemble depuis 3 ans, pacsés, fiancés (d’ailleurs il risque fort d’y avoir quelques touches de Harry Potter dans la déco du mariage) et on attend un bébé pour juin.
Pour l’anecdote, j’ai changé de travail fin 2017, et mes anciens collègues connaissant bien ma passion pour Harry Potter m’ont offert d’aller visiter les Studios Harry Potter en amoureux en guise de cadeau de départ. Ce que nous avons fait l’année dernière. Mon homme y était déjà allé avec des amis plusieurs années auparavant, alors que pour moi ce fut une découverte totale. C’est dans la grande salle qu’il m’a demandé de l’épouser.

Je suis assez portée sur l’idée du karma et des âmes sœurs, et je ne suis pas certaine qu’on se serait rencontrés si un petit binoclard n’avait pas eu de baguette magique pour combattre le vilain sans nez !

– Elvina (aka Molly dans son équipe de Quidditch !)

.

.

« La couverture m’avait immédiatement plu, et j’avais envie de la redessiner. 10 ans plus tard, d’ailleurs, je peindrai d’ailleurs un Saule Cogneur dans mon œuvre pour l’admission au CAPES d’arts plastiques ! »

Comme beaucoup, j’ai littéralement grandi avec Harry Potter. Quand le premier ouvrage est sorti, j’avais 11 ans comme le héros de J.K. Rowling, et c’est drôle, je me rappelle précisément ce moment où, errant dans les rayons de France Loisirs, j’ai montré ce livre à ma grand-mère pour l’acquérir. La couverture m’avait immédiatement plu, et j’avais envie de la redessiner. 10 ans plus tard, d’ailleurs, je peindrai d’ailleurs un Saule Cogneur dans mon œuvre pour l’admission au CAPES d’arts plastiques !

Chaque année, acheter le tome suivant était un moment d’excitation incroyable, une case cochée sur le calendrier, une attente jamais déçue. Bien sûr, certains tomes étaient moins bons que d’autres, mais dans l’ensemble, j’ai toujours été ravie de retourner dans le monde des sorciers.
Humble Moldue, j’étais et suis fascinée par cet univers si complet, si sombre aussi et d’autant plus crédible.
Si j’ai détesté de manière absolue le trio de héros, le monde crée par Rowling et les personnages secondaires si merveilleux (Luna, Tonks, Lupin, Fred et Georges…) m’ont irrémédiablement séduite.

Les films sortis, l’intérêt ne s’est pas démenti, les décors étant juste sublimes. Lors de mes vacances en Ecosse, j’ai eu la joie de voir en vrai le Loch Shiel, alias le lac du château de Poudlard, et le viaduc de Glenfinnan sur lequel passe le Jacobite Train, c’est-à-dire le Poudlard Express !

Bref, Harry Potter est pour moi une vraie histoire d’amour jamais démentie, au point que j’en parle même à mes élèves en classe !

– Elodie, du blog Au Baz’art des Mots

Les Défis de Morrigane Crow – Jessica Townsend

Morrigane Crow est maudite.
Née le jour du Merveillon, elle est accusée de tous les maux, des tempêtes de grêle aux crises cardiaques. Pire encore, elle est condamnée à mourir le jour de son onzième anniversaire.
Alors que tout le monde semble se réjouir de sa mort prochaine, elle est secourue in extremis par un mystérieux étranger, Jupiter Nord, qui l’emmène à « Nevermoor », un royaume dont elle n’a jamais entendu parler…
Là-bas, les meubles changent d’aspect en fonction de l’humeur, les chats parlent et, surtout, la malédiction de Morrigane n’a plus lieu d’être.
Cependant, pour pouvoir rester à Nevermoor de manière permanente, elle devra intégrer la prestigieuse Société Wundrous, et pour cela passer trois épreuves face à des centaines d’autres concurrents de son âge.

.

Bon, j’ai beau avoir adoré « Une fille comme les autres », après une lecture aussi dure, il me fallait quelque chose de plus… « Léger », et sympa.
Heureusement pour moi, j’avais le premier tome de « Nevermoor » en vue depuis un petit moment, et c’est exactement ce qu’il me fallait : un livre jeunesse avec des personnages super cools et qui permet de s’évader un peu.
MAIS…

… Autant être franche, j’ai mis un peu de temps à apprécier… Non, tout simplement à rentrer dans le roman.
Plébiscité par des tas de gens, dont la géniale Lemon June (qui est l’une des seules Booktubeuses que je regarde) (et d’ailleurs je n’aime pas beaucoup ce mot), je m’attendais à ce que ce livre soit un coup de cœur, ou du moins à directement l’aimer… Et ça n’a pas été le cas.
Sans pouvoir me l’expliquer (est-ce que c’était la faute du livre ? la mienne ? je n’étais pas dans une période de grande lecture ?) je lisais une petite cinquantaine de pages par jour et il ne m’en fallait pas plus, je n’étais bizarrement pas motivée à continuer… Bref, j’aimais bien, mais sans plus. J’étais un peu en panique, ne trouvant pas en ce livre la joie qu’il avait apporté à des tas d’autres, et je n’avais vraiment pas envie d’être déçue par cette lecture…
Et puis est arrivé le moment des épreuves – c’est-à-dire à peu près la moitié du roman… Et là, oublié le petit blocage du début : j’ai tout dévoré en une après-midi.
Maintenant, je peux le dire haut et fort : j’ai vraiment ADORÉ « Les Défis de Morrigane Crow ». Et je vais vous dire pourquoi. Parce que c’est à ça que sert ce blog en fait.

Déjà, les personnages sont géniaux.
Morrigane d’abord : c’est une petite fille drôle (parfois involontairement), plutôt renfermée mais courageuse et qui ne se résigne pas facilement, malgré tout ce qu’elle a traversé (on lui a quand même mis tous les malheurs du monde sur le dos ET dit qu’elle allait mourir le jour de ses onze ans), ce qui l’a même rendue plutôt mature pour son âge. C’est vraiment un personnage auquel il est facile de s’attacher et que l’on souhaite sincèrement voir réussir.
Mais surtout, il y a Jupiter Nord.
Jupiter est celui qui emmènera Morrigane à Nevermoor, qui lui fera découvrir ce nouveau monde merveilleux, qui sera son mécène lors des épreuves… Bref, Jupiter Nord est celui qui deviendra son mentor. Et il est génial. Roux, excentrique, mystérieux, capitaine de la Ligue des explorateurs, propriétaire de l’hôtel Deucalion… Il est un mélange entre Dumbledore, Willy Wonka et le Chapelier Fou. Ouais rien que ça. Et je l’aime de tout mon petit cœur.

D’ailleurs, en parlant de Dumbledore (vous avez vu cette belle transition ?), les romans de jeunesse fantasy n’échappent maintenant plus à la comparaison avec « Harry Potter », et, avec beaucoup de préjugés, on peut d’ailleurs se dire que « Nevermoor » n’est qu’une pâle copie du quatrième tome en lisant dans le résumé que Morrigane devra passer « trois épreuves face à des jeunes de son âge »… Mais détrompez-vous, ici, vous découvrirez un univers totalement unique en son genre !
Évidemment Nevermoor est génial, plein de mythes, lieux et personnages magiques (je vous ai parlé de Jupiter et Morrigane, mais d’autres personnages comme Hawthorne, le premier ami de Morrigane, et Jack, le neveu de Jupiter, valent aussi clairement le détour), mais l’intrigue est également super originale, des premières pages aux révélations de fin, en passant par des épreuves totalement inattendues.
Bref, le premier tome de la saga nous offre sa propre histoire, et ne souffre pas – du moins pour moi – de la comparaison avec ses prédécesseurs.

Enfin, point toujours appréciable, ce roman jeunesse essaye de faire passer quelques messages à nos chères petites têtes blondes (et brunes et rousses). Si je vous dit, par exemple, que Morrigane a traversé la frontière illégalement, certes accompagnée par Jupiter, mais sans aucun papiers ? Si je rajoutais qu’en plus, en la faisant traverser, Jupiter lui a sauvé la vie, et si elle retournait dans son ancien monde elle se ferait irrémédiablement tuer ? Et enfin, si je concluais en vous disant aussi que la police tient absolument à la renvoyer chez elle, et que certains habitants se moquent d’elle parce qu’elle n’est pas originaire de Nevermoor ?
Bon, je pense que vous avez capté le message, vous voyez que ça fait écho à des tas de problèmes contemporains, et même si ça ne passe pas toujours de manière très subtile à mes yeux d’adulte, je pense que c’est pile ce qu’il faut pour le faire comprendre aux enfants, et je trouve ça très honorable de la part de l’auteure de sensibiliser les plus jeunes à ce genre de choses.

Pour résumer, même s’il m’a fallu quelques jours pour rentrer dans l’univers de Nevermoor, j’ai au final totalement été conquise par cette histoire et ses personnages, et à peine la dernière page du roman fermé, Morrigane, Jupiter, Hawthorne et les autres ont déjà commencé à me manquer terriblement… Vivement le tome 2 !

Eleanor Oliphant va très bien – Gail Honeyman

Eleanor va bien. Elle va très bien même.
Sa vie est réglée comme du papier à musique.
Du lundi au vendredi, elle va au boulot à 08h30, prend une heure de pause pour déjeuner et faire ses mots-croisés, et retourne travailler jusque 17h30.
Elle ne parle à personne.
Le mercredi soir, c’est conversation avec maman. Tous les mercredis. Sans exception.
Le vendredi, avant de rentrer chez elle, elle achète une pizza, une bouteille de vin, et deux de vodka.
Les week-ends, toujours trop longs, sont passés dans un état entre la sobriété et l’ivresse.
Elle ne reçoit jamais personne.
Le lundi, tout recommence, et il en est ainsi depuis neuf ans.
Pourtant, du jour au lendemain, les rencontres vont s’enchaîner dans la vie d’Eleanor, et tout va changer.

.

« All the lonely people
Where do they all come from?
All the lonely people
Where do they all belong? »
chantaient les Beatles sur le titre « Eleanor Rigby », dont je suis sûre que le personnage a inspiré (ou donné son nom à) celui du roman dont on va parler aujourd’hui, cette petite pépite littéraire dont j’ai hâte de vous parler !
(Et cette intro n’a pas vraiment de conclusion, ni de lien avec le reste de la chronique, mais si j’ai l’occasion de parler de Beatles, je la saisis toujours.)

Ce roman est… Original, peut-être en partie parce qu’il s’éloigne de mes lectures habituelles, mais surtout grâce à son personnage principal.
Eleanor, jeune trentenaire, est plutôt « spéciale ».
Elle est intelligente, dotée d’une culture générale supérieure à la moyenne, et possède un vocabulaire très riche et développé… Mais tout cela ne lui sert vraiment qu’à une chose : faire ses mots croisés.
En effet, Eleanor est seule. Terriblement seule. Non pas qu’elle soit méchante (malgré sa nette tendance à juger les gens) elle est plutôt gentille, mais socialement inadaptée. Ses collègues la détestent certainement, en tout cas ils la trouvent bizarre et ne se gênent pas pour se moquer d’elle, et les seules conversations qu’elle tient sont avec maman. Maman qui la rabaisse sans arrêt.
S’il y a une autre chose à savoir sur Eleanor, c’est qu’elle n’a pas eu une vie facile… En fait, elle a même eu une enfance horrible. (Dont je ne peux malheureusement pas vous parler ici vu que c’est un énorme SPOIL, mais ce qui lui est arrivé est vraiment affreux, tragique, voire même déchirant. Oui j’essaye de vous intriguer pour que vous lisiez le livre.)

Mais si la solitude et la tristitude font partie du roman, il est loin d’être pessimiste pour autant, et il est même au final plutôt léger, et parfois drôle !
C’est généralement dû au personnage décalé d’Eleanor, qui voit la vie à sa manière, est beaucoup trop franche pour son propre bien : elle nous offre beaucoup de situations comiques malgré elle.
D’autres personnages comme le sympathique mais maladroit Raymond donnent du rythme et de la légèreté à l’histoire, et « l’intrigue sentimentale » du livre (qui consiste en Eleanor qui a un coup de cœur envers un chanteur de rock et qui tente maladroitement de le rencontrer parce qu’elle est sûre que c’est l’homme de sa vie) est vraiment géniale ! (Moi qui n’aime pas particulièrement la romance, on a ici presque droit à une parodie !)

Un autre bon point du roman est sa manière de distiller petit à petit les indices concernant Eleanor, son enfance tragique, sa relation avec sa mère etc.
Par exemple, on comprend qu’il s’est passé quelque chose de terrible quand elle était enfant, puis plusieurs chapitres plus tard on connaît la nature exacte de l’incident, puis encore plus tard on sait qui en est responsable, et ainsi de suite jusqu’à enfin savoir ce qu’il s’est passé en détails, mais seulement à la fin du roman.
J’aime aussi la manière dont l’auteure a écrit la solitude et la dépression : tout n’est pas blanc ou noir, Eleanor est terriblement seule mais ne s’apitoie pas pour autant sur elle-même, elle n’est pas montrée comme un petit être fragile et a elle aussi ses défauts…

Je n’ai en fait qu’un bémol à signaler, et il ne vient pas de l’histoire en elle-même, ni même de l’auteure, mais de la maison d’édition et/ou de la traductrice : c’est cette manie de mettre des notes en bas de page pour expliquer au lecteur chaque petite référence (souvent anglophone). J’ai l’impression de n’en avoir jamais eu autant que dans ce livre.
Déjà que c’est insultant de penser qu’on ne peut pas aller chercher par nous-même la signification d’un mot ou d’une expression si ça nous intéresse, en plus ça nous sort de l’intrigue, mais surtout, le mettre dans un roman où l’héroïne a la particularité d’être extrêmement cultivée, je trouve ça carrément idiot.

Bref, si vous omettez cette dernière remarque pas très importante, « Eleanor Oliphant va très bien » a été un excellent moment de lecture passé en compagnie d’une héroïne vraiment originale et attachante, et je pense que ce livre peut (un petit peu) faire changer notre regard sur le monde et les personnes qui nous entourent, notamment celles qui ne disent pas grand-chose et semblent particulièrement solitaires !

Mes meilleures lectures de 2018

Allez, il est temps de terminer l’année en beauté avec le top du top, la crème de la crème : mes plus gros coups de cœur de 2018 !
Si vous comparez ce classement avec celui de mes pires lectures de 2018, vous pourrez constater que l’année a plutôt été positive, et ça c’est cool  ! (Et encore, je ne mets ici que les livres que j’ai lu pour la première fois cette année, parce que j’ai (rererere)relu les Harry Potter, et on sait tous que les sept tomes se seraient retrouvés ici…)
Il n’y a pas d’ordre de préférence pour ce classement, juste l’ordre dans lequel j’ai lu les livres, et s’il y en a certains que j’ai déjà chroniqué, il y a aussi quelques petits nouveaux !
Enjoy !

.

54 minutes – Marieke Nijkamp

Aaah, 2018 commençait bien avec « 54 minutes » ! Premier coup de cœur de l’année, première chronique, ça me rendrait presque nostalgique si le blog n’avait pas seulement deux mois… (Non je déconne, ÉVIDEMMENT que ça me rend quand même nostalgique.)
Mon avis complet est ici !

.

Aristote et Dante découvrent les Secrets de l’Univers – Benjamin Alire Sáenz

Pour vous le résumer rapidement, Aristote – dit « Ari » – est un garçon de quinze ans, il a une vie de famille compliquée, il est en colère. Un jour, à la piscine, il va rencontrer Dante, un garçon joyeux, drôle, sympa, avec des parents adorables avec qui il s’entend à merveille… Bref, à première vue, Ari et Dante n’ont pas grand-chose en commun, et pourtant, ils vont nouer une profonde amitié, une amitié qui va changer leurs vies à jamais…

J’en avais beaucoup entendu parler, mais je ne m’attendais pas à aimer à ce point : c’est un énooorme coup de cœur pour ce superbe roman, ce roman « gentil » comme je l’appelle : il est beau, il est drôle, et malgré quelques passages émouvants, il vous fait surtout passer un bon moment et vous laisse avec le sourire aux lèvres longtemps après l’avoir refermé. (Je crois que c’est ce que les gens normaux appellent un roman « feel-good » en fait.)

Ici, si l’intrigue est très bonne, les personnages sont LE point positif majeur du livre. Attendez, entre Aristote, le petit rebelle à la vie de famille compliqué mais qui reste sympa, drôle et courageux, et Dante, le mec sensible, mignon, cultivé, proche de sa famille et FAN DES BEATLES, mon cœur balance !
Ces deux garçons sont GÉNIAUX, ils font partie des personnages les plus attachants que j’ai pu… Lire ? et ensemble ils forment un duo absolument adorable qui ne tombe jamais dans la niaiserie.
Comme je le disais, l’intrigue aussi est très bonne et pourtant très simple. Ici, pas de tueurs en série, de sorciers ou de dragons, on va juste suivre la vie des deux garçons – surtout celle d’Ari – dans leur petite ville, une vie avec ses hauts et ses bas, ses petits moments tragiques ou joyeux… Mais ne vous attendez pas non plus à vous ennuyer, loin de là ! Il y a tout de même quelques rebondissements, et de toute façon, les personnages sont tellement attachants, on pourrait lire une histoire où il ne font que la vaisselle pendant deux heures qu’on ne s’ennuierait pas.
Bref, c’est une petite tranche de vie sympa que vous propose de découvrir Benjamin Alire Sáenz.

D’ailleurs, bien qu’étant un livre de la littérature jeunesse, le roman aborde plusieurs thèmes forts comme celui de la famille ou de la recherche d’identité (sexuelle comme culturelle, les deux garçons étant américains avec des origines mexicaines), le tout avec justesse et subtilité.
Bien qu’importants, ce ne sont pas des sujets faciles à aborder avec les enfants, et ici, je pense que c’est une mission réussie, grâce à l’histoire et aux personnages, mais aussi à la plume simple mais fluide de l’auteur.
C’est un livre qui apprend l’ouverture d’esprit de manière simple et divertissante aux plus jeunes, sans jamais être moralisateur, et je pense qu’il faudrait plus de romans comme « Aristote et Dante » dans ce monde.
(En plus la couverture est trop belle. Ce livre est parfait j’vous dis.)

.

Running Man – Richard Bachman (aka Stephen King)

Pour sauver sa fille, gravement malade, Ben Richards va tenter le tout pour le tout : il va participer à « La Grande Traque », une émission de télé-réalité suivie par des millions de téléspectateurs et qui promet au vainqueur une énorme somme d’argent.
Le but est très simple : pendant trente jours, Ben va devenir l’ennemi public numéro 1. Il sera traqué par de redoutables « chasseurs », et la moindre personne donnant une information permettant son élimination sera récompensée.
Pendant ces trente jours, tout sera permis pour le tuer et divertir les foules.

Quelle claque ce roman.
Quand Bachman/King se lance dans la dystopie, il fait ça bien. Très bien même.
Dans ce roman plutôt court sont abordés de nombreux thèmes, et ce, toujours avec justesse. Il y a tout d’abord la dictature (forcément) qui utilise la télévision pour abrutir la population et se la mettre dans la poche (« Panem et circenses » comme dirait l’autre). Dans cette Amérique dystopique, il est carrément illégal de ne pas posséder de télévision (enfin, de « Libertel »), et la société des Jeux règne en maître.
Alors oui, la téléréalité, c’est pas bien, c’est abrutissant, c’est bête, on connaît la chanson… Sauf que ce roman est sorti en 1982, bien avant l’explosion du genre, dans les années 2000. Alors en plus d’être talentueux, King est carrément visionnaire. (Il avait d’ailleurs, toujours sous le nom de Bachman, publié un autre roman dystopique traitant de la téléréalité en 1979 : « Marche ou crève ».)
A cela s’ajoute la question de la manipulation de l’image : tout est fait pour rendre Ben détestable. On modifie ses photos pour le rendre plus menaçant, le moindre de ses faits et gestes est détourné et quand il essaye de dire la vérité à la population à travers une vidéo envoyée à l’émission, oups, il y a un problème de son, et personne ne peut entendre ses paroles. C’est ballot tiens.
Un autre thème dénoncé est celui de la différence entre les plus riches, qui se pavanent dans le luxe, et les plus pauvres, qui ont à peine de quoi vivre (Ben est au chômage et sa femme est obligée de se prostituer) et qui, dans certains ghettos, meurent de maladies dues à la pollution extrême de l’air.
Et dire que certains critiques considèrent Stephen King comme un auteur populaire (donc minable pour eux) qui ne sait pas faire autre chose que des histoires de monstres.

Vous comprendrez que je ne peux pas faire une critique aussi longue que je le voudrais, je ne peux pas vous parler du personnage de Ben qui peut paraître plutôt antipathique au début du roman mais à qui on s’attache irrémédiablement, je ne peux pas non plus vous parler de la fin, choquante, presque cruellement ironique, qui m’a totalement laissé sur le cul…
Bref, je ne peux pas en dire autant que je le voudrais, mais sachez que « Running Man » est encore un merveilleux roman du King, et que je recommande à tous, même aux plus néophytes de l’auteur !

.

Misery – Stephen King

Oui, encore un Stephen King, et ce n’est pas le dernier du classement ! #désopasdéso
Ici, le King nous prouve qu’il n’a pas forcément besoin d’aliens, de vampires ou de fantômes pour vous glacer le sang, et signe un de ses meilleurs romans ! (Bon OK, il a genre une vingtaine de « meilleurs romans », mais quand même.)
Cliquez ici pour un avis plus détaillé !

.

A Monster Calls – Patrick Ness

(Traduit en français par « Quelques minutes après minuit ».)
Probablement l’un de mes livres préférés de toute l’année !
Ce roman jeunesse est touchant, bouleversant et traite de thèmes très forts, le tout sans prendre les enfants pour des idiots… Un must-read selon moi, pour les plus jeunes comme les plus vieux !
Pour un article un peu plus long (non carrément plus long en fait) c’est  !

.

La Couleur des sentiments – Kathryn Stockett

Le Mississipi, dans les années soixante. Les lois raciales font autorité, la lutte pour les droits civiques n’en est qu’à ses prémisses et le Ku Klux Klan fait régner la terreur.
C’est dans ce contexte que nous allons suivre les histoires croisées d’Aibileen, une bonne noire chargée d’élever les bébés des familles blanches, de sa meilleure amie Minny, une autre domestique noire, rebelle mais soumise à la violence de son mari ivrogne, et d’Eugenia « Skeeter » Phelan, une jeune femme blanche qui vient de terminer ses études.
Dans le but d’écrire un livre, cette dernière va alors demander aux domestiques noires qu’elle connait de raconter leurs vies, les humiliations et insultes qu’elles subissent, mais aussi l’amour qu’elles portent envers les enfants dont elles s’occupent et qui ne sont pas les leurs.
La tâche est loin d’être aisée, puisqu’à cette époque, les relations entre blancs et noirs sont punies par la loi, et les bonnes risquent de payer très cher leurs témoignages…

Ne vous laissez pas effrayer par ce pavé de six cent pages : « La Couleur des sentiments » est un très beau roman, drôle et touchant à la fois, et s’il est plutôt long à lire, à aucun moment il ne vous ennuiera.
Les trois protagonistes, Aibileen, Minny et Skeeter sont toutes très différentes, mais toutes terriblement attachantes à leur manière ! (Je les aime très fort.) Si Aibileen est plus dans la retenue, la gentillesse et la douceur, Minny est drôle, extravertie, et n’a pas la langue dans sa poche ! Quant à Skeeter, cette jeune femme trop grande aux cheveux impossibles à coiffer, elle est timide, maladroite, mais bien déterminée à devenir écrivaine et surtout, à dénoncer le quotidien des domestiques.
Bref, ces femmes sont géniales, et l’alternance entre leurs points de vue donne du rythme au récit et permet de ne jamais se lasser.
(Et si je parle des personnages principaux, il faut aussi mentionner cette peste de Hilly, ou encore l’extravagante mais gentille Celia… Qu’ils soient détestables ou attachants, les personnages sont tous hauts en couleurs, et difficilement oubliables.)

Comme vous pouvez vous en douter, les témoignages des bonnes sont émouvants, forts et, bien que le roman ait été écrit en 2009, tout semble très honnête, très « vrai ». C’est d’ailleurs accentué par le fait que certains évènements réels comme l’assassinat de Megar Evers, la guerre du Vietnam et la marche de Martin Luther King sont abordés tout au long de l’histoire.
Bref, « La Couleur des Sentiments » est un très bon livre sur les différences et la vie des Noirs dans l’Amérique des années 60 ! Si vous ne l’avez pas déjà lu, je vous le conseille à 100% !
(Et puis BON, d’accord, si vous n’avez vraiment pas envie de lire le roman ou que vous n’avez aucun moyen de vous le procurer, vous pouvez toujours vous rabattre sur la très bonne adaptation du même nom, elle est de très bonne qualité et fidèle à l’histoire.) (Mais franchement, lisez le livre, il est quand même meilleur.)

.

Carrie – Stephen King

Eh oui, Stephen King a beau être l’un de mes auteurs préférés, j’aurais attendu 21 ans avant de lire son tout premier roman… (SHAME, SHAME, SHAME !)
Eh bah, quel premier roman ! Ce mec a du talent, c’est clair, et voici encore un de ses meilleurs livres !
Comme d’habitude, pour une critique détaillée, c’est iciii !

.

Le Voyage gelé – Philip K. Dick

Eh oui, mon tout premier livre par l’un des maître de la science-fiction aura été un recueil de nouvelles, pas le plus connu en plus… Et pourtant !
Bon, je ne peux pas parler de chaque nouvelle individuellement, donc ça va être une critique très rapide…
Déjà, ce livre a beau figurer dans mes coups de cœur de l’année, je dois avouer que toutes les histoires ne sont pas de même qualité : certaines sont excellentes, d’autres, sans être mauvaises, sont un peu plus… Spéciales. Mais je pense que si j’ai autant aimé ce recueil, c’est parce que certaines nouvelles étaient légèrement horrifiques, en plus d’être de la science-fiction.
D’ailleurs, mes nouvelles préférées sont « Le retour des explorateurs », « Une belle prise » et « L’Autremental », qui sont des récits plutôt courts avec une chute surprenante et parfois cruellement ironique (oui je me répète avec la critique de « Running Man »). J’ai eu un peu plus de mal avec les récits plus longs (assez pour nous faire découvrir un nouveau monde, trop peu pour qu’on ait vraiment le temps de s’y plonger).
Bref, avec ce recueil, Philip K. Dick aura réussi à me faire aimer… Non, à me faire adorer la science-fiction (en dehors des romans dystopiques) ! « Blade Runner », « La Horde du Contrevent » et « Dune », me voilà !

C.

Alors pour vous, 2018 aura été une bonne ou une mauvaise année de lecture ? Quels ont été vos coups de cœur ?