Critiques

Peste – Chuck Palahniuk

Dans un futur ou les « Diurnes » et les « Nocturnes » sont séparés par un strict couvre-feu, certains l’ont choisi comme héro, d’autres comme responsable de tous leurs maux… Ce qui est sûr, c’est que Buster Casey, dit « Rant », est devenu un véritable mythe après sa mort… Et même avant d’ailleurs. Et il y a de quoi.
Ce personnage mystérieux, capable de savoir ce que vous avez mangé la veille en vous reniflant, friand de morsures animales en tout genre et propagateur terrible du virus de la rage – à cause desdites morsures – a tout eu sauf une vie normale.
« Peste » est sa biographie orale, composée par les gens qui l’ont côtoyé de près ou de loin, de sa naissance à sa mort, ils sont les témoins de l’héritage laissé par ce personnage hors-norme dans une société où rien ne va plus.


Là c’est le moment où je raconte ma vie.
J’ai eu de la chance, au mois de mai de l’année dernière (2018 pour les gens du turfu), puisque que mon grand-frère a déménagé et qu’il a laissé ses cartons de livres chez mes parents. Où je vivais encore. Niark niark niark.
Résultat, ça a été une dizaine de livres GRATOS à lire, de H.P. Lovecraft à Philip K. Dick en passant par Stephen King (OH YEAH).
« Peste », qui m’avait été très très (TRÈS) chaudement recommandé par ledit frère, faisait parti de ces livres… Et tant mieux. Parce que, même si j’avoue que je ne sais toujours pas vraiment quoi penser de ce roman et que je suis assez mitigée quant à l’histoire, je suis vraiment contente d’avoir lu un tel OVNI littéraire !

Et une fois n’est pas coutume, on va commencer par la forme !
Comme je l’ai dit dans le résumé, « Peste » est une biographie orale (fictive), c’est à dire un recueil de témoignages portant sur la vie de Rant. On retrouve dans les « personnes interrogées » des gens de sa famille, de ses amis, de simple connaissances, des gens qui ne l’aimaient pas…
Et je trouve que c’est du génie.
Déjà, il fallait y penser, et ça a du être un boulot monstre de créer cette pléthore de personnages délirants qui nous racontent toute la vie de Rant à travers leurs yeux, leurs ressentis, sans que l’on n’ait jamais le point de vue de Rant lui-même.
Ensuite, et c’est ce que je préfère, comme c’est un recueil concernant de très nombreux personnages, un problème se crée forcément : on ne sait pas toujours qui dit la vérité et parfois, certains témoignages se contredisent. Ajouté au fait que ce qui est dit est totalement délirant… On ne sait jamais vraiment ce qui est vrai ou non… Et l’on voit tout simplement comment se forme un mythe.
Parce que « Peste », c’est ça, c’est la création d’un mythe, de l’histoire d’un martyr en la personne délirante de Rant Casey.

Et délirant, c’est le mot pour qualifier cette histoire !
On se demande constamment où l’auteur est allé chercher ses idées de DINGUE ! (Bon, ça peut ne pas être étonnant venant du cerveau qui a pondu « Fight Club », mais tout de même.)
Vous voulez des preuves ? Entre le reniflage de serviettes usagées, une propagation de virus de la rage, un trafic de dents de lait, des concours d’accidents de voitures, le tout dans une dystopie où l’on peut littéralement louer et  revivre des souvenirs grâce à une prise plantée dans la nuque, ça vous va, ou vous en voulez plus ? Parce qu’il y a encore TELLEMENT d’autres choses… Ce roman est juste un gros délire. Je sais que je me répète, mais c’est vraiment compliqué d’en parler autrement !

Donc oui, j’ai été très surprise par l’histoire, mais est-ce que j’ai aimé du coup ? (Parce que normalement, c’est mon avis que vous attendez non ?)
Comme je l’ai dit au début de cette chronique, je suis plutôt mitigée.

J’ai vraiment adoré le début du roman qui nous raconte l’enfance de Rant dans une famille elle aussi un peu tarée, (et dont beaucoup de membres décèdent BIZARREMENT à cause d’accidents impliquant des insectes) le début de sa passion pour les morsures animales et les infections qui en résultent, ses différentes magouilles pour sécher les cours ou se faire du fric… Jusqu’à ce que qu’il quitte le COCON familiale. (Insectes. Cocon. LOL.)

En revanche, quand il s’installe en ville et rencontre ceux qui deviendront ses amis… J’ai un peu plus décrochée.
Ici, l’aspect dystopie – que l’on ne remarque pas auparavant – est bien plus présent, et c’est sûrement l’aspect qui m’a le moins intéressée.
Entre les prises dans la nuque, les souvenirs à revivre et les « Nuit de Crashing », je me suis un peu lassée…
Malgré tout, la fin est un bon gros WHAT THE FUCK qu’on se prend en pleine tête et à laquelle on ne s’attend absolument pas, malgré quelques indices discrètement semés ici et là… Et c’est bien cool !

Bref, si je garde un bon souvenir de ma lecture de « Peste », c’est en grande partie parce qu’il a bousculé mes habitudes de lectrice en me proposant une histoire à laquelle je n’aurais jamais songé, même si l’histoire en elle même ne m’a pas toujours plu.
Par contre, je ne peux pas recommander ce roman à tout le monde, certains pourront être choqués, d’autres ne pas comprendre, d’autres laisser tomber… Et ne comptez pas le lire si vous êtes hypocondriaque. Je ne le suis pas, et pourtant, de nombreux passages m’ont donnée l’impression de ressentir des fourmillements sous la peau… Et parfois c’est un peu crade.
Donc « Peste », ce n’est pas pour ceux qui ont peur du sale, des morsures, des bestioles, et surtout des histoires compliquées, dingues, et qui ne se révèlent pas tout de suite. Les autres, laissez-vous tenter, vous n’en ressortirez pas indemnes !

 

2 commentaires

  • Wolkaiw

    En effet, il ne semble pas bon de mettre ce livre dans les mains de tout le monde !
    C’est à chaque fois un plaisir de lire tes retours, toujours croustillants et bien construits :3
    Encore une fois tu piques ma curiosité avec ce livre, tu le sais déjà je pense, mais j’aime ce qui n’est pas normal, ce qui est bizarre, trash, violent… alors forcément, ça me parle ! Merci pour la découverte !

    • Moonlight-Reads

      Merci beaucoup pour ce commentaire ! 😀
      Effectivement je commence à connaître tes goûts, donc si tu veux te laisser tenter, fonce !
      D’ailleurs je n’ai lu que celui-là de Chuck Palahniuk, et s’il est très bizarre et « sale » durant certains passages, je ne l’ai pas trouvé hyper choquant ou vraiment dégueulasse… Mais c’est ce genre de choses qui fait la réputation de Palahniuk, donc je suppose qu’il a écrit des trucs plutôt hard, si ça te tente ! (Mais je ne peux pas t’en dire plus !)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.