Parlons de « The Cursed Child »…

Bon.
La première fois que j’en ai entendu parler, je me suis dit « Oh pourquoi pas, une nouvelle aventure de Harry Potter, si c’est bien fait, ça se tente ! », mais je n’étais pas plus intéressée que ça. Malheureusement, mon côté Potterhead s’en est mêlé, et la hype a commencé à me gagner, de plus en plus, jusqu’à ce qu’il me faille absolument ce livre.
Quand je l’ai acheté, (et bien sûr je n’ai pas attendu la traduction française) j’étais tellement contente… Ô la naïveté, ô l’innocence… (Ô… Revoir les 18 balles que ça m’a coûté…)
J’étais donc là, à commencer cette nouvelle aventure tant attendue… Et déjà dès le début, j’ai senti que quelque chose clochait : je n’aimais pas beaucoup. Bon, fan comme je suis, j’étais dans le déni et je me disais « Mais naaan, c’est sûrement bien, ça doit être parce que je lis en version originale, au pire ça sera mieux après… »
Quelques heures plus tard, je me suis rendue compte que non, ce n’était pas « mieux après », et que certains passages étaient même clairement du foutage de gueule… Et maintenant, le mot « déception » ne décrit même pas ce que je ressens pour ce livre, parce qu’il m’a mise en COLÈRE. Oui, carrément. EN COLÈRE DIS-JE.

Alors aujourd’hui, je vais faire ma critique (comprenez « déverser toute ma rage ») sur Harry Potter and the Cursed Child, et je préviens, ça va spoiler à FOND.

Alors pour moi, Harry Potter and the Cursed Child, c’est…

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… un format qui ne colle pas du tout avec un univers aussi gigantesque que celui de Harry Potter.

Déjà, le fait que ce soit une pièce de théâtre, ça me tentait moyen, même quand je l’ai acheté, et mon ressenti a été le même à la fin de ma lecture.
Le plus gros problème, c’est qu’il n’y a du coup aucune description, ce qui est dommage pour un univers aussi magique (oui) que celui de Harry Potter. Il y a tellement de choses à voir, à découvrir dans le monde des sorciers… Et le livre nous prive de ces choses.
En plus, on passe parfois plusieurs jours voire plusieurs années en quelques lignes, et personnellement, ça me sort totalement de l’intrigue.
Du coup (mais là je sais que c’est la colère qui parle et que c’est peut-être totalement faux) le format de la pièce de théâtre me semble choisie pour sa « facilité » (comprenez moins de descriptions donc moins de pages), pour être écrite plus vite et donc vendue plus vite.

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… une intrigue d’une facilité décevante.

Aaah cette histoire où les héros, un peu naïfs, font un voyage dans le passé pour changer quelque chose, mais que ça se retourne contre eux quand ils reviennent dans le présent parce qu’ils ont créé une timeline alternative où rien ne va… C’est tellement original… Ça n’a jamais été fait avant… Et ça ne va pas à l’encontre des propres règles de l’univers de Harry Potter
D’ailleurs, honnêtement, quand on sait que le voyage dans le temps est quelque chose de très difficile à maîtriser dans une histoire, et que beaucoup de reproches sont faits à J.K. Rowling sur les Retourneurs de Temps et leurs « incohérences » dans le troisième tome… POURQUOI en faire l’intrigue principale ? C’était risqué, et le résultat n’est franchement pas intéressant !
Par rapport à toutes les intrigues que Rowling a pu créer dans la saga, celle-ci est une insulte tellement elle est simpliste. (Bon, en réalité j’ai une idée de pourquoi ils ont choisi ce genre de scénario, j’en parlerai un peu plus bas.)

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… un gâchis des personnages déjà existants.

Je ne comprends pas comment J.K. Rowling a pu laisser faire ça. Ce livre est une trahison envers les personnages de Harry Potter (et leurs fans).
Leur caractère, leur psychologie ne sont absolument pas respectés, leurs choix sont parfois incompréhensibles avec ce que l’on connait d’eux, et ils sont pour certains complétement caricaturaux.

Commençons par le Golden Trio : Hermione et Ron font partis de ces personnages caricaturaux.
Hermione, en petite je-sais-tout qui souhaite absolument respecter les règles était parfois énervante, mais elle faisait tout pour aider ses amis (en leur sauvant les fesses à peu près trois fois dans chaque roman), ce qui pardonnait ses défauts. Ici, son côté froid et respectueuse des règles est poussé à l’extrême, et elle en devient juste INSUPPORTABLE.
Ron, quant à lui, était le meilleur ami sympa, drôle, et parfois un peu à la ramasse ; ici, c’est un parfais crétin.
Quant à Harry… Oh Harry… Il tellement inintéressant, et a parfois des réactions insensés, comme quand il dit qu’il aurait préféré ne jamais avoir Albus comme fils. Qu’est-ce qu’il s’est passé pour qu’il évolue comme ça ? C’est triste de ne même plus reconnaître le héros que l’on a suivi et dont on a connu les moindres pensées durant toute une aventure s’est tout de même étalée sur sept romans, et avec qui certains ont grandi…

Mais parlons des autres personnages.
Déjà, pour la sorcière à chariot, celle qui vend des friandises dans le Poudlard Express… Juste… What the fuck ? (Ceux qui ont lu la pièce savent de quoi je parle, pour les autres, sachez qu’elle transforme ses mains en pointes tranchantes (???) et qu’elle balance des Patacitrouilles explosives.) What. The. Fuck.

Il y a aussi Amos Diggory, pour qui j’avais beaucoup d’empathie, et dont je gardais l’image d’un père effondré mais qui n’en a jamais voulu à Harry pour la mort de son fils. Dans ce livre, c’est un vieux aigri qui se dit que, AU FINAL, Harry a TOUT à voir avec la mort de Cédric, et il va jusque chez lui pour lui gueuler dessus. Okétrèbien.

Cédric, justement, devient un Mangemort dans un présent alternatif parce qu’il s’est fait humilier lors de la seconde tâche du Tournoi des Trois Sorciers… Est-ce que les auteurs se sont rendus compte que c’est l’exact opposé de sa personnalité et que ça ne pourrait jamais avoir lieu ? (Du moins dans une suite qui respecte son univers et ce qui a été fait précédemment.)

Pareil pour Rogue qui, dans ce présent parallèle, est un rebelle luttant contre Voldemort avec un groupe de résistants. Il a une relation plutôt bonne avec Ron et Hermione, et va presque nous lâcher une petite larme quand il apprend qu’Albus Severus a été nommé d’après lui… Juste NON. C’était tout de même un méchant à la base, et même parfois un sale type. Ici, seul le côté héroïque, niais et gentil – tout au plus un peu cynique – est gardé.

Mais la pire déception, la chose inadmissible, LE moment où tout a basculé et où j’ai su que l’on avait atteint le point de trahison ultime c’est…

Accrochez-vous bien…

En fait la pièce est sortie depuis des années donc tout le monde doit déjà être au courant mais tant pis…

Voldemort et Bellatrix Lestrange ont eu un enfant.
Honnêtement je n’ai pas besoin d’en rajouter, cette simple phrase suffit à faire comprendre toute l’idiotie de l’idée. Voldemort. Bellatrix. Un enfant. Et vous savez comment on fait les enfants. Je n’ai pas besoin de souligner qu’il est impossible que Bellatrix ait été enceinte dans le dernier tome, tout comme le fait que Voldemort ne peut qu’être répugné par la simple idée d’avoir un contact physique avec de simples êtres humains… Je ne comprends pas. Je ne comprends pas cette idée. Et je ne la comprendrai jamais. 

Je rajoute d’ailleurs que les nouveaux personnages sont eux aussi très mauvais : Albus, le fils de Harry, est chiant et se plaint tout le temps, Rose, la fille de Ron et Hermione, est franchement méchante (elle est froide et refuse de s’asseoir dans le même compartiment que Scorpius parce qu’elle n’aime pas sa famille… Tiens, ça me rappelle le comportement de certains Sang- Purs envers les familles d’origine Moldue.) et Delphi, l’enfant qui n’aurait jamais du exister, est juste ridicule.
Le seul bon personnage de toute la pièce est Scorpius, le fils de Drago Malefoy : il est gentil, il est malin (il est à l’opposé de son père quoi), franchement je n’ai rien à redire sur lui.

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… une mauvaise fanfiction.

Du coup, comme je vous le disais un peu plus haut, j’ai une idée sur ce qui a pu motiver les auteurs à choisir une intrigue portant sur le retour dans le temps : c’est parce qu’ils ont voulu que leur livre fasse plaisir aux fans de Harry Potter (et par conséquent, se vende bien) en foutant du fan service PARTOUT. Arg ça m’horripile.
Pour faire du fan service, il n’y a rien de mieux que de remettre des personnages que les gens ont adoré. Mais comment faire quand la moitié de ces personnages sont morts ? BIM, un petit retour dans le temps. Easy peasy money money.

Un autre aspect du fan service présent dans le livre concerne les relations entre les personnages : pour contenter un maximum de monde, J.K. Rowling et les deux monstres co-auteurs de la pièce n’ont pas oublié les shippers, ceux qui imaginent leurs couples fictionnels rêvés. Il existe de nombreux couples fictionnels dans l’univers de Harry Potter, surtout utilisés dans les fanfictions. Parmi les plus célèbres, il y a le couple Drago et Hermione (ou Dramione), le couple Drago et Harry (ou Drarry), le couple Sirius et Remus, (ou Wolfstar)… Dans The Cursed Child, les auteurs se servent de la progéniture des personnages pour assouvir les fantasmes des shippers. Le fils de Drago est amoureux de la fille de Hermione (coucou Dramione), les enfants de Harry et Drago ont une amitié très forte que certains voient comme de l’amour (coucou Drarry) et Voldemort et Bellatrix on carrément eu un ENFANT ENSEMBLE.
(Excusez moi je fais un peu un hors-sujet, mais me devais de vous partager ceci : en faisant mes recherches, j’ai appris qu’il existe des gens qui ont imaginé un couple entre Drago Malefoy et une pomme verte. Une POMME VERTE. J’en peux plus. Je n’ai pas relu « The Cursed Child » depuis longtemps mais si à un moment Drago mange une pomme, par pitié dites-le moi.)

Le tout cumulé (le fan service, la simplicité de l’histoire, les couples INSENSÉS qui sont dans ce livre) fait – pour moi – de The Cursed Child une fanfiction. Une mauvaise fanfiction. Qui coûte 18 euros.

Bon, je pourrais continuer longtemps, mais ce serait aller chercher dans les petits détails, et donc devoir relire la pièce (oh HELL NO).
Et puis, j’ai beau donner l’impression que ce livre annonce pour moi la fin du monde, ce n’est pas du tout le cas ; je sais que ce n’est pas quelque chose de grave – loin de là – mais ça me fait juste un peu mal aux fesses qu’un univers que j’aime autant soit massacré à ce point (oups, je ne peux pas m’empêcher d’hyperboliser, désolée).
De toute façon, je fais ce que je fais toujours quand une suite ne me plaît pas : comme si elle n’avait jamais existé. (He he le pouvoir du déni.)
Évidemment, si vous avez apprécié Harry Potter and the Cursed Child je ne vous en aime pas moins (sauf si je ne vous aime pas de base), chacun a son avis et c’est très bien comme ça ! Si vous voulez me donner votre point de vue, même si c’est pour me montrer à quel point je me suis fourvoyée, je suis ouverte à tout débat, et avec grand plaisir !
En attendant, merci d’avoir lu cet énorme article, zou-bis !

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