Critiques

Le Manuscrit inachevé – Franck Thilliez

Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. À la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule.
Léane Morgan, institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, « L’Inspirante », villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées.



J’A-DORE Franck Thilliez !
J’aime beaucoup ses livres, bien évidemment (même si je les trouve parfois inégaux), mais j’aime aussi la personne qu’il est, simple, gentil, alors chaque année, j’achète son dernier livre. (Bon pour être franche chaque année je l’achète pour l’anniversaire de ma mère, mais je finis toujours par le lire avant elle.)
L’année 2018 n’a pas fait exception à la règle, et je me suis jetée sur « Le Manuscrit inachevé » dès sa sortie.
Et au début, tout se passait bien.
Au début.

Déjà, ce livre change un peu des polars classiques de Franck Thilliez. Les habituels Sharko et Hennebelle ne font pas partie des personnages, mais surtout, le livre n’est pas écrit par Franck Thilliez.
Enfin, si, mais laissez-moi vous expliquer.
Le livre s’ouvre sur une préface plutôt mystérieuse, écrite par un certain « J.-L. Traskman », qui nous explique qu’il y a quelques mois, il a trouvé le manuscrit du dernier roman – alors inachevé – de son père, Caleb Traskman, célèbre auteur de thrillers.
Afin de pouvoir le publier, c’est lui, J.-L., qui a trouvé une fin et un titre au manuscrit de son défunt père, et c’est ce que nous nous apprêtons à lire.
De plus, J.-L. nous prévient que le livre renfermerait quelques secrets, quelques codes à déchiffrer, notamment avec la forte présence de chiffres et de palindromes.
(Bon, je résume pour ceux du fond qui n’ont pas suivi : quatre-vingt dix-neuf pour-cent de ce que nous allons lire a été écrit par Caleb Traskman, sauf la fin, imaginée par son fils.)
A part ça, le reste du roman est plutôt typique de ce que l’on retrouve chez Franck Thilliez, à savoir une enquête policière, deux histoires qui se chevauchent et se croisent, et des meurtres bien glauques.

Ici, les deux protagonistes principaux sont Léane Morgan, une auteure de thriller dont la vie a basculé après la disparition de sa fille, et Vic Altran, un policier de la Criminelle hypermnésique et qui enquête sur un cadavre retrouvé dans le coffre d’une voiture.
Les deux histoires de ces personnages ne sont bien évidemment pas choisies au hasard, et se rejoindront forcément à un moment ou à un autre… Et comme d’habitude, Franck Thilliez (ou faut-il dire « Caleb Traskman » ?) nous montre qu’il est très doué pour le suspens, en rendant les deux intrigues extrêmement intéressantes et en nous faisant passer d’une histoire à l’autre au moment où la tension est la plus insoutenable !

Je n’ai pas grand-chose de positif de plus à dire, les personnages sont plutôt attachants, surtout Vic et ses problèmes de famille, et il arrive tellement de malheurs dans la vie de Léane qu’on aimerait vraiment la voir réussir à tout mettre au clair.
Côté histoire, je vous l’ai déjà dit, c’est sombre, c’est morbide, c’est intelligent, et c’est impossible à lâcher, bref, c’est tout ce que j’attends d’un bon Thilliez !


Enfin, ça, c’est ce que je me suis dit pendant quatre-vingt dix-neuf pour-cent du livre.
Et puis est arrivée la fin.

Mais si, vous savez, la fameuse partie écrite par « J.-L. Ttraskman ».
Eh bien, si le livre nous a montré que « Caleb Traskman » était un très bon écrivain, je crois pouvoir dire que c’est carrément l’inverse pour son fils.
C’est mauvais, il n’y a pas d’autres mots. Pas inspirée, c’est une fin qui devrait désormais être interdite tant elle a été utilisée, parodiée même.
Et encore, si tout cela avait du sens… Mais non, ici ça semble forcé, bâclé, facile, et c’est triste. (Sans oublier le fait que certaines sous-intrigues sont purement et simplement abandonnées.)
Le soufflet n’est pas seulement retombé, il a carrément moisi d’un coup.
Et c’est dommage, parce que si j’avais beaucoup aimé « Le Manuscrit inachevé » dans sa grande majorité, c’est sa fin extrêmement facile et décevante que je retiendrais le plus de ce roman.
(Mais bon, j’A-DORE Franck Thilliez, alors je serai au rendez-vous pour ses prochains romans !

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