« 54 minutes » de Marieke Nijkamp

10h00. C’est le début du semestre au lycée d’Opportunity dans l’Alabama. Chacun vaque à ses occupations et a ses propres inquiétudes.
Claire, sportive de haut niveau, s’entraîne sur la piste gelée en pensant à sa future carrière militaire.
Tomàs et son meilleur ami Fareed ratent le discours d’encouragement de la principale pour se faufiler dans son bureau.
Autumn, elle, ne rêve que de fuir la ville, son père et son frère, violents, pour aller en école de danse.
Sylvia, sa copine, n’est pas encore prête à la voir partir.
Quant à Tyler… Tyler ne souhaite qu’une chose : qu’on l’écoute. Et pour ça, il est prêt à tout, surtout à tuer
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Vous l’aurez peut-être compris en lisant mon résumé, d’autres avis, ou même en voyant la couverture du roman qui est plutôt explicite : ce livre nous plonge en pleine fusillade dans un lycée des États-Unis.
Et le verbe « plonger » n’est pas choisi au hasard ; on est en apnée durant certains passages tant la tension et le suspens sont énormes ! Et comme on ne connaît pas les pensées de (ce CONNARD de) Tyler, on ne sait jamais qui va vivre et qui va mourir, au niveau des personnages secondaires comme des principaux.

Et d’ailleurs, parlons-en des personnages : 54 minutes est un roman choral et, durant les 54 terribles minutes que vont durer la tuerie, on connaît les moindres pensées, faits et gestes des quatre protagonistes Claire, Tomàs, Autumn et Sylvia. Si le roman choral peut en dérouter ou décourager certains, pour moi c’est totalement l’inverse, d’autant plus que les personnages sont le gros point fort de ce roman.
Ils sont tous variés et très attachants, de par leur histoire difficile, leur courage, et surtout l’amour qu’ils se portent les uns aux autres.
Et je ne parle pas que des personnages principaux ! La même remarque est valable pour certains personnages secondaires comme Fareed, le meilleur ami de Tomàs donc, ou Matt, le jeune frère de Claire.

Les quatre voix principales ne sont d’ailleurs pas les seules à nous raconter la tuerie puisqu’entre chaque chapitre, quelques pages nous montrent les messages envoyés sur les réseaux sociaux : des tweets, des SMS, ou encore des articles de blogs permettent de poser un autre regard – souvent plus extérieur – sur la situation.
Il y a les tweets d’avant la fusillade, banals, où les élèves s’ennuient. Puis, les premiers coups de feu retentissent, certains demandent de l’aide au monde extérieur, pendant que le monde extérieur pense tout d’abord à un canular. Ensuite, certains veulent savoir ce qu’il se passe dans le lycée, d’autres implorent des nouvelles de leurs proches, puis arrive la presse, à l’affût du moindre scoop, toujours plus insistante…
La situation dégénère, et le lecteur est témoin, impuissant, de tous ces proches dont la tristesse et l’inquiétude augmentent peu à peu jusqu’à devenir insoutenable. 

Arrive enfin l’épilogue, il y a beaucoup moins de voix, certaines se sont définitivement tues.
C’est le moment du bilan, c’est émouvant, mais c’est aussi le moment où les survivants se rassemblent, c’est la vie qui continue… C’est beau putain. Mais qu’est-ce que c’est triste.
Parce que oui, au cas ou vous en douteriez, l’histoire de gosses qui se font fusiller un à un par un malade, c’est vraiment triste.
Et, même si, honnêtement, j’ai vu les ficelles de l’auteure, je sais évidemment que les personnages, les témoignages, le moindre mot est choisi – entre autre – pour faire vibrer la corde sensible chez le lecteur… Bah oui bon, j’ai versé une larme (et même DES larmeS) à la fin. Voilà, c’est dit. (Ne me jugez pas.) (Je dis que je pleure dès ma première critique, bravo la belle image qu’on va se faire de moi.)

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Bref, vous l’aurez compris, pour moi, 54 minutes est un énorme coup de cœur, c’est un très bon premier roman de Marieke Nikjamp, qui est une auteure que je vais suivre de plus près.
Alors si le roman à plusieurs voix ne vous fait pas peur, si vous êtes prêts à plonger en enfer durant 54 minutes, je vous conseille énormément ce livre qui traite d’un sujet tragique mais qui sera malheureusement TOUJOURS d’actualité. (Mais munissez-vous d’un mouchoir. Ou pas, bande d’insensibles.)

Pourquoi c’est cool de lire

Alors oui, si vous êtes sur mon blog (de littérature majoritairement), vous n’êtes sûrement pas de ceux qu’il faut convaincre que lire, c’est trop cool.
Néanmoins, c’est un sujet que j’avais envie de traiter, en plus ça peut être sympa comme premier article, et c’est mon blog, je publie ce que je veux, nameho. (Et puis j’ai secrètement l’espoir de convaincre mon petit frère, s’il passe par ici, de se mettre enfin à lire les Harry Potter ; pour l’instant la méthode du harcèlement n’a pas fonctionné, mais je ne perds pas espoir.)
Alors sans plus tarder, voici sept bonnes raisons de vous mettre – ou de vous remettre – à lire ! (Et de ne jamais vous arrêter.)

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Parce que le monde, c’est de la merde. (Commençons dans la joie et la bonne humeur.)

Est-ce que, parmi ceux qui ont lu la saga Harry Potter, certains n’ont jamais souhaité se rendre à Poudlard ? Et pour les lecteurs de Tolkien, la Terre du Milieu ne vous a jamais fait rêver ?
Un livre, c’est un portail vers un autre monde, parfois réaliste, parfois merveilleux, parfois sombre, mais où le dépaysement est assuré.
Un livre, c’est également un portail dans le temps, qui vous emmène aussi bien résoudre des meurtres aux côtés de moines du douzième siècle que dans le futur où la planète Mars a été colonisée et où les androïdes se mélangent aux humains.
Bref, lire, c’est voyager où on veut, quand on veut, et sans jamais avoir de problèmes avec la SNCF.

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Parce que plein d’études scientifiques l’ont prouvé : lire, c’est bon pour la santé.

Vous vous en doutez sûrement déjà, et vous en avez peut-être même fait l’expérience à l’école : lire accroit considérablement le vocabulaire et les connaissances. C’est tout bête : plus vous lisez, plus vous apprenez de nouvelles choses et de nouveaux mots.
Mais est-ce que vous saviez que la lecture est également un excellent antistress ? Quelques minutes plongé dans un livre et votre tension musculaire baisse, pareil pour votre rythme cardiaque, et vous vous sentez bien. Vous perdre dans un livre est le meilleur moyen de vous détendre, encore plus qu’écouter de la musique ou marcher.
La lecture améliore également la mémoire, la concentration, la capacité d’analyse, mais aussi l’empathie, en aidant les lecteurs – qui lisent surtout de la fiction – à plus facilement comprendre les autres, leurs émotions, et à se mettre à leur place.
Enfin, plus vous lisez de livres, et plus vous développez votre imagination et devenez créatifs.
Donc en gros, les livres vous rendent plus intelligents. (Et au pire, ils vous donnent l’impression de l’être.)

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Parce que c’est un loisir très pratique.

Déjà, ça ne coûte pas cher. (Sauf si vous comptez absolument avoir l’un des sept exemplaires des Contes de Beedle le Barde écrit et illustré à la main par J.K. Rowling, mais là vous abusez.)
Un livre de poche coûte généralement moins de dix euros, mais vous pouvez trouver des livres encore moins chers dans les brocantes, en emprunter à votre famille, à vos amis, et la bibliothèque est un endroit magique pour les lecteurs r̶a̶d̶i̶n̶s̶ qui ont besoin de faire des économies.
Autre avantage : vous n’avez besoin que d’un livre. (Ou d’une liseuse.) Pas besoin que la météo soit bonne, qu’Internet fonctionne ou même que vous soyez en bonne condition physique pour lire. Juste. Un. Livre.
Enfin, la lecture, c’est où et quand vous le voulez. Vous vous ennuyez vingt minutes dans la salle d’attente de votre médecin ? Vous pouvez lire. Vous avez un trajet de deux heures à passer dans un train ? Vous pouvez lire. Eh, même si vous voulez vous plonger corps et âmes pendant des heures et des heures dans la lecture, vous le pouvez, ce n’est pas l’activité la plus fatigante au monde…
Et vous en connaissez beaucoup, vous, des loisirs que vous pouvez pratiquer où vous voulez, quand vous voulez, et pour pas cher ?

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Parce que plus vous lisez, plus vous avez de chances de connaître les livres que je chronique.

Et plus vous avez de chances de me laisser un commentaire. CQFD.

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Parce que les livres vous offrent des sujets de conversations hyper intéressants.

Avis, genres, auteurs, messages, styles, sagas, personnages, adaptations… Il y a des TONNES de choses à dire sur un seul livre, et des tonnes de personnes qui adorent en parler. (Moi la première.)
Avec Internet, il y a forcément moyen de trouver des gens avec qui discuter, que ce soit sur les blogs, les pages et groupes Facebook, #bookstagram, YouTube, les forums… En plus, ces gens étant des lecteurs, ils seront forcément géniaux, puisque cultivés, intelligents et sensibles. (Se référer à mon deuxième point.)

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Parce que les personnages fictifs sont tellement mieux que les personnes réelles.

Comme j’aurais aimé passer mon année scolaire avec Harry, Ron et Hermione (et Fred et George), pour ensuite passer mes vacances à la colonie des Sang-Mêlés avec Percy, Annabeth et Grover. J’aurais adoré casser du monstre avec le Bourbon Kid, discuter avec Holden Caulfield ou faire un gros câlin à John Coffey…
Et encore, je ne parle ici que des désirs futiles d’une fille pour qui tout va bien, mais combien de personnes n’ont eu jamais eu d’autres amis que ceux qui habitent les pages de leurs romans ? Combien d’enfants et adolescents se sont enfin sentis « normaux » après avoir découvert Charlie Kelmeckis, Aristote Mendoza ou Dante Quintana ? Combien se sont identifiés aux membres du Club des Losers ?
Dans la vie, la « vraie » vie, les gens sont à peu près tous les mêmes : ils sont mariés, ont deux enfants, un chien, une maison, et leurs journées se résument au classique « métro/boulot/dodo ». Ce n’est donc pas toujours facile d’avoir des modèles à qui s’identifier quand on se sent un tant soit peu différent, encore moins dans nos connaissances proches, et les personnages fictifs sont parfois les seuls à pouvoir jouer ce rôle. Qu’ils soient banals, discrets, différents, populaires ou mis à l’écart, ils réussissent souvent à vaincre l’adversité, à surmonter les obstacles les plus difficiles, et peuvent servir de modèle à tous, aux plus jeunes comme aux plus vieux.
Et pour ça, je les remercie d’exister.

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Parce que vous pouvez faire du chantage au spoil sur des tas de films et de séries.

Alors je sais, c’est pas sympa, mais la vie est dure, les gens sont parfois des cons, et le recours au spoil est toujours moins grave qu’un meurtre… N’est-ce pas ?
(Attention, Moonlight Reads se dédouane de la perte de vos amis après l’application de ce conseil.)

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Bref, lire c’est trop cool, et je n’ai pas vraiment de conclusion, alors je terminerai avec cette citation : « Les livres sont des instruments de magie portables qui n’ont pas leur pareil… Un livre est un rêve que l’on tient entre ses mains, c’est aussi à boire et à manger : l’esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas. Un lecteur vit un millier de vies avant de mourir, et celui qui n’aime pas lire n’a pas trouvé le bon livre. » – Stephen King Gaiman Hugo R. R. Martin Rowling.
Zou-bis !